lundi 22 décembre 2008

Retour en France

Ca y est, nous sommes rentres en France depuis samedi.
C'est donc notre dernier message et la fin de ces trois magnifiques mois en Amerique du Sud.
C'est une drole de sensation de se retrouver projete dans notre univers habituel apres tant de changements et de decouvertes.
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Depuis notre dernier message, nous avons encore passe quelques jours calmes a Punta Arenas, entre devoirs pour les enfants, ballades en ville ou sur les hauteurs et visites de musees, ou nous avons appris qu'a 20 km au nord existait la plus grande usine de methanol au monde (3 000 000 de tonnes produites par an).
Nous sommes revenus sur Santiago le 17 par avion, avec Sky Airline (3 fois moins cher que la LAN) et avons profite du 18 pour recuperer nos billets d'avion cher les Le Calvez (que nous n'avons malheureusement pas pu croiser), faire quelques achats et profiter une derniere fois de l'ambiance et des resto chiliens.
Nous avons quitte le Chili le 19 midi pour arriver a Paris le 20 a 15h. Les enfants ont bien supporte le voyage (une routine maintenant), d'autant que les avions sont maintenant equipes de tres nombreux films et jeux video...
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Pour ceux que nous n'aurons pas le plaisir de retrouver ces jours ci, nous leur souhaitons un tres joyeux Noel !
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Allez quand meme jetter un coup d'oeil sur notre blog en janvier, une selection de photos retouchees sera peut être disponible.
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On vous embrasse et encore merci de nous avoir suivi.
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Les Roudni

mardi 16 décembre 2008

A la rencontre des baleines dans le Detroit de Magellan

Nous ne savions pas bien quoi faire autour de Punta Arenas avant notre retour a Santiago le 17. Pendant une bonne partie de la journee du 11, nous nous sommes renseignes sur les possibilites d'aller a Ushuaia en bus ou en avion, de visiter la Terre de Feu en voiture de location, d'aller voir une colonie de pingouins sur une petite ile voisine... mais apres une longue reflexion et pas mal de scrupules, nous avons finalement craques pour une oportunite deraisonnable mais qui nous faisait vraiment rever et dont nous nous souviendrons toute notre vie je pense. Une heure avant la fin des inscriptions et la veille du depart, nous nous sommes donc joints a une liste de 3 touristes, 3 chercheurs en biologie marine et 3 membres d'equipage pour un voyage de 3 jours a bord d'un petit bateau, a la rencontre des baleines dans le detroit de Magellan! Ce fut comme dans les reportages televises style Ushuaia ou Thalassa. Une aventure extraordinaire partagee avec des scientifiques passionnes et disponibles, dans un dedale de fjords quasi inaccessibles au public.
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Whalesound est une societe de Punta Arenas creee par un biologiste qui a obtenu le droit d'installer des ecolodges sur l'ile Carlos III, dans la partie la plus etroite du detroit de Magellan, en plein coeur d'une reserve marine qui compte environ 150 baleines a bosse l'ete. C'est le principal lieu d'observation des baleines de la cote Pacifique entre la Colombie et l'Antartique. Ce campement sert a la fois de base d'observation scientifique pour les chercheurs chiliens et de lieu d'accueil pour environ 80 touristes par an. Les scientifiques profitent gratuitement du bateau, des lodges et de la logistique de Whalesound, en echange de quoi ils font participer les visiteurs a leurs suivis des baleines et autres dauphins. C'est apparemment le seul exemple d'infrastructure scientifico touristique au Chili, et cela fonctionne tres bien.
Nous faisions partie de la premiere rotation de l'annee, les baleines arrivant habituellement en decembre pour repartir en avril.
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12/12/08 > la voiture de Whalesound vient nous chercher a 7h a notre logement et nous emmene au terminus de la route, environ 70 km au sud de Punta Arenas, d'ou nous partons en bateau pour une courte escale au phare San Isidro.
Nous faisons la connaissance de Gorge, chercheur de l'Institut de la Patagonie specialise dans les cetaces et fidele observateur des baleines de l'ile Carlos III depuis 10 ans. C'est lui qui va principalement nous guider et nous expliquer le fonctionnement des baleines a bosse. Nous prenons a notre bord egalement Andrea, une jeune biologiste commencant une these sur l'influence des rejets d'eau usees des villes du nord Chili sur les populations de cetaces, et Claudio, egalement biologiste et logisticien pour Whalesound. Carlos, le fondateur de la societe, fera le voyage aller avec nous.
L'equipage est compose de Xavier, jeune et souriant capitain de 23 ans, Ramon et ..., tous trois anciens pecheurs et marins tres efficaces.
Nous avons plaisir aussi a faire connaissance avec Michel et Isabelle, un couple de francais vivant a Pau et ayant longtemps habites et travailles en Amerique du sud, ainsi que de Niki, une jeune allemande de Munich.
Apres une halte au phare construit en 1908 pour guider les navires reliant l'Europe a la Californie dans le detroit de Magellan, nous passons le cap Froward sur le 54eme parallele (extremite sud du continent, la Terre de Feu etant une ile...).
Passe le cap, nous prenons ensuite le vent de NW et les vagues de face, avec des creux de plus de 2 m. L'ecume recouvre souvent completement le bateau qui avance comme un dauphin.
Apres plus de 8h de mer, nous arrivons sous un beau soleil de fin de journee a l'ile San Carlos III, dans un environnement splendide et totalement sauvage. Nous retrouvons la vegetation de Caleta Tortel, avec en prime une eau beaucoup plus bleue et une noria d'oiseaux qui survolent notre bateau. Nous debarquons au campement de Whalesound fait d'une dizaine de tentes domes et d'une salle commune ou nous prendrons nos repas avec toute l'equipe. Pour l'heure nous montons a l'observatoire des baleines, dominant les deux baies ou sejournent le plus souvent ces cetaces, et Gorge nous expliquent pas mal de choses sur le fonctionnement du lieu et sur ses recherches. Il tient un calendrier interannuel des arrivees et departs de toutes les baleines observees ici, chacune identifiee par photo et souvent par analyse genetique d'un prelevement de peau.
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13/12/08 > apres un petit dej royal, nous partons en bateau a la recherche des baleines, avec l'avantage d'une mer d'huile qui permet de bonnes observations, et l'inconvenient d'une pluie froide. Gorge vient de s'equiper dun Nikon D300 avec un objectif 400 mm mais a oublie d'acheter une carte memoire... Je me debrouille plutot bien puisque je recupere leur objectif parfaitement adapte a mon D200 et devient le photographe prepose de cette mission d'observation a caractere aussi scientifique. Et nous avons encore une fois beaucoup de chance, avec l'apparition de colonies de pingouins en train de s'alimenter en mer puis la venue de deux baleines que je parviens facilement a photographier et que nous identifions rapidement grace aux empruntes sur la queue. Cela devient un jeu tres motivant.
Sur le chemin du retour, nous longeons une petite ile ou sejourne une petite colonie de pingouins et remarquons un jeune chien aux aguets sur les rochers. Ramon part en barque le recuperer et le chien, adorable, devient aussitot la mascotte du groupe. Il sera ramene le lendemain a Punta Arenas et rendu a ses proprietaires, des pecheurs qui l'avaient perdu 10 jours avant...
Apres un succulent repas prepare par les biologistes tres polyvalents de la base (dont des crabes araignees peches sur l'ile), nous repartons l'apres midi en bateau, pour remonter le fjord Seno Baleina jusqu'a un magnifique et imposant glacier forme a moins de 1300 m d'altitude, sur l'ile Santa Ines. Il se termine par une barre de seracs de plus de 100 m d'epaisseur plongeant directement dans la mer. Dans le brouillard et sous la pluie, son apparition est encore plus magique et inquietante. Nous sentons alors toute la force des canaux patagons.
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14/12/08 > Apres une soiree tres conviviale au campement et une nuit a nouveau bien humide, nous embarquons vers 9h pour le retour a Punta Arenas. Passionne, Gorge ne se prive pas de refaire un crochet dans la baie des baleines ou nous en observons cette fois quatre, probablement toutes differentes de celles de la veille. La pluie s'intensifie, les baleines s'eloignent et nous remettons le cap vers l'est 2h plus tard.
Nous dejeunons a bord, debarquons une petite heure au cap Holland pour nous degourdir les jambes et arrivons finalement au point de desembarquement vers 20h. A 22h, nous terminons par la route ce long voyage a Punta Arenas, fatigues mais heureux des moments partages avec cette super equipe.
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15/12/08 > Nous souhaitons passer les trois derniers jours qu'il nous reste a Punta Arenas sans activite particuliere, histoire de calmer un peu le jeu avant le depart et de se remettre a jour dans les devoirs des enfants. Pour recuperer mes photos, Gorge nous propose de nous inviter un moment chez lui puis de nous faire visiter l'Institut de la Patagonie ou il travaille. C'est aussi l'occasion pour Noa et Mathis de jouer avec ses trois enfants qui ont a peu pres le meme age.

jeudi 11 décembre 2008

Les incontournables de la Patagonie, le Perito Moreno et les Torres del Paine

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03/12/08 > Ce matin a Calafate, c'est grasse mat royale jusqu'a 8h30 (ce qui est deja pas mal dans une tente). Je m'accorde la matinee pour feuilleter quelques bouquins en ville et tenter de mettre mes photos en ligne. Helas, le bas debit ne me permet que d'en telecharger un tiers en plus de 2h. Ce n'est pas comme cela que je vais pouvoir resorber mon retard...
Apres un dejeuner dans le jardin de notre hote, sous un grand soleil encore bien chaud (25 degres), c'est au tour de Marion de prendre sa demi journee tandis que je m'occupe des enfants (volley, devoirs, gouter...).
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04/12/08 > Nous partons des 8h en taxi au Perito Moreno (c'est moins cher que le bus qui est une vrai arnaque) et ne restons que 2h sur place, le chauffeur n'attendant jamais plus. En fait, c'est suffisant pour parcourir toutes les passerelles, voir et entendre quelques blocs de glace s'effondrer dans le le lac, et prendre la (de)mesure de ce glacier que l'on a l'impression de deja connaitre en arrivant, tant il existe de photos dans le monde entier.
A noter que c'est l'un des rares glaciers au monde a avoir sensiblement avance au debut du XXeme siecle (+ 800m en 50 ans) et a rester stable depuis 20 ans. Il vient encore se bloquer contre une peninsule de l'autre cote du lac, faisant monter le niveau du bras sud (jusqu'a + 30m en 1966). L'eau exerce alors une pression sur la glace, jusqu'au creusement naturel d'un tunnel par lequel les niveaux se reequilibrent. Ce phenomene a lieu quasiement tous les 4 ans et se termine par l'effondrement spectaculaire du tunnel, devant les yeux ebahis des touristes venus en masse photographier l'immense gerbe d'eau. Le dernier s'est produit il y a 8 mois (rate !)
Nous sommes rentres a Calafate pour 13h, dejeunons rapidement et faisons courses et bagages pour prendre le bus de Puerto Natales a 16h, et ainsi pouvoir repartir des demain matin pour le Parc des Torres del Paine. Petit detail auquel nous n'avons pas pense, Puerto Natales est au Chili et les douaniers ne tolerent aucune entree de produits d'origine animale ou vegetale. Dommage, nous venons d'acheter 5 jours de vivres... Apres moulte discussion et pour rassurer Noa, nous decidons de declarer nos produits a la frontiere (de toutes facons la fouille des sacs ne nous laissait aucune chance). Nous nous en sortons finalement assez bien avec seulement une confiscation des fruits et legumes et d'une pochette de jambon cru. Du coup, il nous faudra rester a Puerto Natales jusqu'au bus de 14h, le temps de refaire des courses. L'abandon du depart matinal nous soulage en definitive, vue l'heure tardive d'arrivee en ville (22h).
Ici, la saison touristique est bien lancee et peu d'hotels ont encore de la place. Nous en trouvons finalement chez un sympathique eleveur de moutons recycle en hotelier, avec une bouille emblematique du gaucho patagon.
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05/12/08 > La matinee ne sera pas de trop finalement pour regler tous les derniers details de notre trek dans les Torres del Paine.
Le vent s'est enfin leve et nous decouvrons les fameuses Cuernos du Parc dans l'ombre de gros nuages. Nous entamons le classique circuit du W d'ouest en est, contrairement a la plupart, avec pour commencer une traversee du lac Pehoe en catamaran. Quelques rayons de soleil permettent d'aprecier les eaux si turquoises de ce lac, avec en toile de fond les tres esthetiques Cuernos, taillees dans un beau granite blanc et coiffees de gneiss bruns.
Nous debarquons au campement de Paine Grande, impressionnant pour ses infrastructures et le nombre de tentes en place.
Apres diner, nous allons faire un tour sur une colline dominant le lac et assistons a un crepuscule de toute beaute, grace aux nuages lenticulaires si typiques de la region.
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06/12/08 > Premiere etape du W, la montee au glacier Grey le long du lac du meme nom. Nous nous mettons en marche a 9h, apres avoir laisse nos gros sacs dans un local securise du camping, et montons tranquillement en nous racontant nos films preferes. Apres 2h30 de marche, nous arrivons a un belvedere ou le vent est si fort que l'on ne tient plus debout. Je m'installe avec les enfants dans un abri pour picniquer, pendant que Marion part courir en direction du glacier. A son retour, je prends le relais et cours pres de 3h jusqu'a rattraper la famille sur le chemin du retour. J'arrive au camping un peu cuit et les 3h de marche supplementaires jusqu'au camping suivant, avec nos sacs enormes, m'achevent.
Le soleil est bien present et les lacs environnants toujours aussi beaux, notamment lorsque de violentes bourrasques y soulevent des panaches d'ecumes.
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07/12/08 > Ce matin il fait bien froid, toujours avec du vent de NW. Le sommet de Paine Grande (3050 m) qui domine notre campement est deja pris dans les nuages ou des averses de neige sont possibles des 1300 m. Les nuages restent toutefois bloques contre les versants au vent des plus hauts sommets, laissant les versants abrites au soleil. Le Campo de Hielo Sur est ainsi presque toujours pris dans la crasse, ce qui le protege des chaleurs estivales.
Comme la veille, nous laissons nos affaires au campement et montons dans la Valle Frances pendant quelques heures, le long d'un petit glacier et sous d'impressionnantes barres de seracs qui lachent quelques blocs de glace de temps a autres. Cela me donne l'occasion de faire un petit cours de glaciologie aux enfants (il etait temps !)
Le pic nic est inconfortable, blottis derriere un rocher avec toutes nos couches pour nous proteger du vent. En redescendant, nous croisons une famille que nous avions rencontre il y a plus de 2 mois, a 4000 km de la. On s'en souvient bien, vu qu'elles sont extremement rares. Ce n'est pas le cas en revanche des randonneurs du monde entier qui se pressent sur les sentiers et dans les refuges du Parc.
Apres un bon cafe et une petite sieste dans notre tente, nous repartons cette fois encore avec tout notre barda pour 3h de marche jusqu'au campement suivant. Pour motiver les enfants, nous avons recourt a des jeux (chercher l'intrus dans une liste de 4 mots par exemple), evitons de les laisser derriere nous, leur lancons de petits defis et leur garantissons un bonbon apres chaque etape reussie. Et ca marche...
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08/12/08 > Je quitte la tente a 5h30 pour photographier le lever de soleil sur les Cuernos au pied desquelles nous dormons. L'embrasement dure quelques minutes puis la scene s'obscurcit rapidement avec l'arrivee de nuages. Tout le monde petit dejeune dans la tente des 7h car aujourd'hui la plus grosse etape du trek nous attend. 9h de marche prevues !
Le sentier en traversee est un peu monotone mais les enfants marchent bien. Ce serait presque nous qui peinons le plus avec nos gros sacs et nos muscles endoloris. A voir nos deux petits bout'choux gambader sur ces sentiers eloignes, la plupart des randonneurs tire de grands yeux admiratifs suivis d'un large sourire a leur attention. Arrives au camp des Torres avec 1h d'avance sur l'horaire et apres 22 km de sentiers de montagne parcourus dans la journee, nous sommes aussi assez fiers de nos enfants... D'ici demain, ils auront marches 65 km en 3,5 jours, comme la majorite des adultes qui realisent le W.
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09/12/08 > Encore un lever tres matinal, cette fois pour le lever de soleil sur les Torres del Paine, l'une des images emblematiques du Parc. Je quitte la tente a 4h30 et arrive au belvedere vers 5h. La, une trentaine de personnes est deja en train de s'installer, duvet et appareil photo en main, comme pour assister a un concert en plein air. Comme a notre habitude maintenant, je passe le relais a Marion vers 6h30 qui monte a son tour et decouvre les tours inondees de soleil.
A son retour, nous redescendons directement au parking de fin de circuit. Sans doute grace a l'entrainement, les enfants devalent la montagne et nous explosons l'horaire. Mathis se prend meme a courir comme un fou dans les grandes descentes (je me demande bien de qui il tient ca) et crane un peu a l'arrivee.
Le ciel est d'une limpidite parfaite, comme dans le Fitz Roy, mais nous ne pouvons terminer par le plus beau point de vue du Parc, faute de navette. Finalement, nous en avons peut etre assez vu comme ca, et nous attendons patiemment jusqu'a 14h30 le bus du retour sur Puerto Natales.
L'arrivee en ville, la douche, le resto, un vrai lit pour une longue nuit, tout nous parait si delicieux apres ces 4 jours d'inconfort.
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10/12/08 > Nous passons une matinee tranquille en ville et a notre hotel ou Mathis se decouvre une vocation, guitariste. Il passe en effet de longs moments a gratouiller les guitares exposees dans le hall. Du coup, le patron lui joue un morceau traditionnel, en chantant magnifiquement bien.
Nous prenons le bus de 15h pour Punta Arenas ou nous arrivons a 18h. Nous nous gardons la journee de demain pour savoir ce que nous voulons faire de notre derniere semaine de voyage (Terre de Feu, Ushuaia, oui, non, comment), avant notre retour en avion sur Santiago puis Paris. Le retour est maintenant bien present a notre esprit.
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Merci pour votre courage d'avoir (presque) tout lu. On vous embrasse.

mercredi 10 décembre 2008

Sur les sentiers tres battus du sud de la Patagonie

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Bonjour a tous.
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Avant de lire ce message, n'oubliez pas de lire d'abord la suite du message precedent (ci dessous), complete ce 10 decembre.
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30/11/2008 : A la difference des villages patagons de la region de Aysen, en Patagonie nord, Chalten et El Calafate, au sud, cote argentin, se sont uniquement developpes par et pour le tourisme et comptent de bien meilleurs acces et services, au detriment d'une certaine authenticite, il est vrai. Chalten a d'ailleurs un petit air de Chamonix du Nouveau Monde, au pied d'une fameuse aiguille de granite rose qui n'est pas sans rappeler les Drus.
Apres une bonne nuit reparatrice et un bon lit, nous nous sentons d'attaque pour de nouvelles aventures dans le massif du Fitz Roy. Le temps de trier nos affaires de treking, d'acheter nos vivres pour 3 jours et de recolter les dernieres infos sur le Parc et les sentiers, et nous voila repartis des 11h avec deux gros sacs gonfles a bloc, charges comme des mules. Une sensation que nous avions presque oubliee ces dernieres annees avec le trail...
Les enfants trainent un peu des pieds au debut mais a partir du premier point de vue sur le Cerro Torre et les glaciers etincelants du Hielo Sur, sur fond de ciel devenu bleu fonce, la rando devient un enchantement. "Precioso, precioso, precioso" comme disent les chiliens !
Apres 4h de marche, nous atteignons le camp de base du Cerro Torre (bivouac gratuit) d'ou nous accedons en 10 minutes au lac Torre, splendide avec ses petits icebergs. Le temps est exceptionnel et il ferait presque chaud. Les enfants se lancent donc dans le commerce de blocs de glace pendant que nous lezardons au bord de l'eau.
La popotte devant la tente et les dernieres lumieres du soir sur les glaciers environnants concluent cette magnifique journee.
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01/12/2008 : Chauffe a blanc par tant de beautes et une meteo si parfaite, je me leve a 2h du mat pour photographier la voie lactee sans aucune pollution lumineuse a des centaines de kilometres a la ronde, puis me releve a 6h pour assister a l'embrasement du Cerro Torre au soleil levant. Je suis un peu en retard, le soleil apparaissant en fait des 5h30, mais le spectacle qui m'attend va combler toutes mes esperances.
Apres le petit dej, Marion part a son tour observer le front du glacier, les enfants preferant jouer dans leur cabane a cote de la tente.
Nous partons ensuite vers le Fitz Roy par un sentier de jonction en sous-bois. Aujourd'hui le ciel est toujours aussi bleu et le vent, pourtant si frequent en Patagonie, est completement tombe. Du coup, la chaleur s'installe et devient accablante des le matin sous nos gros sacs. A 14h, la temperature a l'ombre culmine a environ 28 degres vers 700 m d'altitude, soit 2000 m dans nos Alpes, autrement dit la canicule d'aout 2003 des le printemps... Les coulees de neige se generalisent jusqu'au sommet des glaciers et les moustiques fondent sur nous. Pour la pause dejeuner, nous sommes obliges de monter notre tente a la hate et de nous y jeter en refermant aussitot la moustiquaire. Une 20aine de moustiques s'agglomerent alors en quelques secondes a la fenetre et se sont finalement les enfants que nous envoyons chercher les sacs a l'exterieur...
Le bon cote des choses, c'est que nous pouvons nous baigner (du moins partiellement) dans l'un des nombreux lacs limpides qui entourent le Fitz Roy. On est bien loin de l'image d'une montagne constamment fouettee de neige ou de brouillards givrants...
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02/12/2008 : Le beau temps chaud est encore annonce pour aujourd'hui et je ne peux m'empecher d'assiter cette fois au lever de soleil sur le Fitz Roy. Un peu plus organise, je me retrouve des 5h30 du mat sur l'un des meilleurs belvederes qui soit, 1000 m au dessus du campement, avec une vue imprenable sur toutes les aiguilles et glaciers du massif, et le cirque du lac Sucio au fond.
Je retrouve Marion et les enfants vers 8h sur le sentier du lac mais des nuages bas occultent maintenant les sommets. Nous preferons donc rentrer au plus vite a Chalten pour decaller notre depart en bus de 18h a 13h, et ainsi arriver a une heure raisonnable a El Calafate. Nous avons du mal a motiver les enfants a marcher encore 3h (alors qu'ils courraient dans tous les sens au campement...) mais parvenons a temps au village que nous quittons aussitot, non sans avoir complete notre picnic de quelques empanadas bien chauds. Il faut dire que nous finissons ce premier trek un peu affames (les repas etaient assez light).
Apres 3h30 de bus au milieu de la pampa et le long des plus grands lacs d'Argentine, nous arrivons a El Calafate, petite ville qui a litteralement explose demographiquement depuis quelques annees, avec le goudronnage de la route d'acces au glacier Perito Moreno, situe a seulement 78 km. Tout ici est voue au tourisme : casino, hotels de luxe, magasins d'artisanat et d'equipement de montagne, vendeurs d'expeditions, cybercafes... Des gens du monde entier viennent monter leur affaire dans ce qui est devenu le point de depart de l'un des sites naturels les plus visites d'Amerique du sud. Nous ne derogerons pas a la regle en programmant aussi une visite au Perito Moreno, mais dans 2 jours seulement, histoire de se poser un peu apres 4 jours assez fatiguants.
Meme si nous optons encore pour du camping (dans un jardin prive), nous nous offrons ce soir un bon steack, du vin et des glaces artisanales.
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La suite bientot, probablement de Punta Arenas.

mercredi 3 décembre 2008

Sur les sentiers non battus de la Patagonie nord (Aysen - Chili) Suite

Bonjour !
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Reprenons le fil de notre periple apres plus de 3 semaines d'absence ou de mauvaise connexion.
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19/11/2008 : nous quittons Castro et l'ile de Chiloe par le bus de 8h, armes psychologiquement pour un voyage de 26h sur des routes pas toujours goudronnes, avec deux passages de frontieres. Nous remontons 200 km au nord jusqu'au Parc National de Puehue, ou nous basculons en Argentine dans la region de Bariloche, superbe avec ses nombreux et immenses lacs glaciaires. Nous repartons ensuite pour le sud par la route 40. Nous apprecions la pause diner, les enfants etant de plus en plus difficiles a calmer.
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20/11/2008 : nous sommes reveilles par le jour vers 6h du matin, sur une piste caillouteuse, perdus au milieu de nul part, en pleine pampa patagonne... Nous croisons quelques troupeaux de moutons et flamands roses a la lumiere du soleil levant. Rien que pour cela, cela valait le coup de prendre le bus, alors que l'avion couvrait la meme distance pour le meme prix... Un peu retardes a la frontiere par une greve des douaniers argentins, nous arrivons a Coyaique, principale ville de la Patagonie chilienne nord (region de Aysen) vers 10h du matin. Nous trouvons une chambre chez l'habitant pour le moins spartiate mais pas cher. La famille est tres sympa, avec une jeune maman aux commandes, deux jeunes enfants que Noa et Mathis ne lacherons qu'a notre depart, un homme en recherche d'emploi et des oncles et tantes souvent de passage. Comme a Castro, nous nous faisons a manger dans leur cuisine, en essayant d'etre le plus discret, et en se faisant goutter nos plats.
En visitant la ville, nous passons dans le QG des opposants au projet de barrages hydroelectriques prevus sur le cours du Rio Baker et de quelques uns de ses affluents. C'est la grosse actualite de la region d'Aysen en ce moment. L'Etat a privatise l'eau et l'electricite et l'entreprise Hydroaysen, qui possede 98 pourcents du Rio Baker, la plus grosse riviere du pays, veux exploiter cette energie dite propre, en pretextant que l'electricite sera moins chere et plus fiable pour les patagons. En realite l'essentiel sera vendu a l'Argentine et au nord Chili, avec des lignes a haute tension traversant les vallees parmis les plus belles et les plus preservees du Chili. Les patagons sont pour l'essentiel farouchement opposes au projet, souhaitant preserver leur mode de vie et leur environnement, meme si la construction de la dizaine de barrages peut apporter une certaine croissance (temporaire ?) a cette region un peu oubliee. Des manifestations sont regulierement organisees par les eleveurs et protecteurs de la nature, les etudes preliminaires sont en cours, rien n'est joue mais c'est un peu David contre Goliat, sachant que le gouvernement y est favorable (il investit beaucoup pour favoriser la vie et les emplois des patagons, et ainsi les motiver a rester dans ces vallees reculees, si proches de l'Argentine (...), et souhaite maintenant un retour d'ascenseur, c'est a dire une possibilite d'exploiter la seule grande ressource du sud du pays, que n'a pas le nord, a savoir l'eau.)
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21/11/2008 : en parlant d'eau, nous nous reveillons sous la pluie qui va durer toute la journee, particulierement sur la cote Pacifique ou nous allons faire un tour (Puerto Aysen). Il tombe ici de 3500 a 5000 mm d'eau par an, avec un effet tres marque du relief, puisque 100 km a l'interieur des terres, a la frontiere argentine, il ne tombe plus que 300 mm (pampa). La journee est un peu morne, nous ne decouvrons rien de bien interessant et nous refugions dans un resto glacial et cher en attendant le bus du retour...
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22/11/2008 : nous sommes enfin au point pour nos multiples correspondances de bus sur la carretera australe et partons pour Puerto Bertrand, un minuscule village situe au bord d'un lac au bleu profond, a la source du Rio Baker et au pied des glaciers du Hielo norte. La route est tres longue, avec un ciel couvert et des averses de neige jusqu'a 800 m (courant en fin de printemps parait-il) et exceptes 2 ou 3 petits villages de pionniers, il n'y a aucune presence humaine (densite de 0,08 habitant au km2 dans cette region!). En revanche, l'homme a laisse une trace omnipresente en brulant quasi systematiquement toutes les forets primitives pour se frayer des acces et pour permettre le paturage. C'etait dans les annees 50 mais avec le froid et le paturage, la foret ne parvient pas a se reconstituer. Ainsi, on traverse des versants entiers nus, avec les troncs au sol.
A Puerto Bertrand, nous avons la chance de retomber sur une famille d'accueil adorable, avec la mamie qui nous fait la cuisine (repas tres copieux et pas chers servis dans son salon, avec le lecteur de DVD allume pour les enfants) et 3 generations qui gravitent autour, dans une paisible ambiance familiale. Dehors il pleut fort et il fait froid.
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23/11/2008 : ce matin une heureuse surprise nous attend : le ciel se degage rapidement et il a abondamment neige vers 1000 m, rendant les paysages glaciaires encore plus beaux. Sur les conseils d'un gars du coin, nous partons sur le seul sentier des environs, qui se transforme rapidement en sente a sangliers au milieu des epineux. Nos courageux enfants nous suivent sans broncher jusqu'a un point de vue sur le lac Bertrand. Nous sommes vraiment perdus dans la nature, sans un seul touriste a la ronde, avec le sentiment d'etre de petits explorateurs. Nous rentrons en chantant (ce qui explique que la pluie soit revenue le soir) et retrouvons un repas tout pret servi par notre mamie d'adoption (cf la photo).
L'apres midi, nous attendons le seul bus de la journee sur le bord de la route australe, mais le bus est plein et ne veut pas nous prendre... Nous tentons le stop, cela marche au bout d'une demi heure mais seulement pour 6 km. Nous voila encore en train d'attendre, a 17h, un dimanche apres-midi, avec quasiement plus de vehicules sur cette piste. Le proprietaire de la ferme en face s'inquiete et nous propose de nous emmener a Cochrane pour 50 euros. Nous preferons nous mettre en chemin en tirant nos valises et, oh miracle, un minibus imprevu nous prend pour 13 euros jusqu'a Cochrane.
Cochrane fait vraiment village de pionniers agriculeurs, avec ses petites baraques en bois au milieu de nul part, et ses 1 ou 2 petits restos ou viennent se rechauffer les travailleurs du coin. Ici on ne sent vraiment pas la pression touristique.
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24/11/2008 : nous prenons un nouveau bus a 10h pour Caleta Tortel, un village d'une cinquantaine d'annees, classe au patrimoine mondiale de l'architecture pour ses 10km de passerelles en bois reliant les differents groupes de maisons sur les rives d'un fjord du Pacifique, et les maisons entre elles, le sol etant gorge d'eau (immense zone humide entretenue par les 3500 mm d'eau annuels). Le voyage en minibus est superbe, avec le retour du soleil et une nouvelle couche de neige fraiche vers 1000 m. Nous sommes seuls avec le chauffeur que nous invitons a boire un coup dans le restaurant de Tortel, ou nous resterons finalement dormir 2 nuits. La encore, nous tombons sur un couple tres attentionne, avec qui nous discutons de la vie sur Tortel, qui n'etait accessible qu'en bateau ou petit avion avant l'ouverture de la route il y a 10 ans.
Nous prenons un magnifique sentier panoramique au dessus du village et de l'estuaire du Rio Baker, d'abord sur passerelles puis les pieds dans les marais sur la deuxieme moitie. La flore est remarquable.
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25/11/2008 : nous avions pense prendre un bateau pour approcher le glacier Montt qui descend du Hielo sud jusqu'au Pacifique mais il n'y a aucun touriste et la location du bateau coute 400 euros... Nous visitons donc Tortel au soleil, picniquons sur les pontons, faisons bosser les enfants et allons a une conference tres interessante sur la diversite de la faune sousmarine de Tortel, sur les effets nefastes de l'elevage du saumon dans les fjords patagons et sur l'interet de proposer une autre forme de developpement a Tortel, l'une des dernieres zone protegee. C'est l'association Oceania qui federe se projet.
Sur le chemin du retour, Mathis se transforme en loup et se met en chasse de tous les enfants de Tortel qui se sauvent en poussant de grands cris, le sourire aux levres. Avec nos enfants, nous reveillons tout le village qui voit passer cette procession sur les pontons.
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La suite de nos aventures des que possible...
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La suite seulement ce 10 decembre, apres 5 jours dans le Parc Torres del Paine...
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26/11/2008 : Faute de bus et de circulation entre Tortel et Villa O'Higgins, nous sommes obliges de louer la voiture d'Iris, notre charmante restauratrice. Il nous en coute tout de meme 30 euros pour les 20 km qui nous separent de la caretera australe, ou nous recuperons le bus reliant Cochrane a Villa O'Higgins. Apres 5 minutes de route, nous voila de nouveau a attendre sur le bord de la route que le bus refroidisse... Nous faisons la connaissance d'un jeune lyonnais, Alexandre, qui voyage en solo pendant 10 mois. La route est superbe, agrementee de nombreux glaciers et d'une traversee de lac en ferry. Nous atteignons VOH et le terminus de la route australe apres 5h de voyage (120 km seulement).
Un peu comme Cochrane, ce village de bout du monde parait sorti de nul part et semble bien fragile au milieu de ces immenses territoires faconnes par les glaciers. Parmis les baraques en bois, vieilles de quelques dizaines d'annees tout au plus, surgissent pourtant de beaux et recents batiments publiques : une grande ecole avec environ 80 eleves, une biblioteque avec internet gratuit (mais tres lent), un gymnase, une creche, des aires de jeux... Tout est fait pour favoriser le naintient de ces quelques centaines d'habitants qui travaillent pour la plupart dans l'Administration.
La plupart des backpackers du bus se rendent au camping du village, ou nous plantons pour la 1ere fois notre tente 4 places. Nous nous retrouvons dans une salle de vie pour se faire a manger et faire connaissance avec d'autres voyageurs au long court : un couple de suisses de Luzerne acheve par exemple une traversee des Ameriques en tendem, d'Anchorage (Alaska) a Ushuaia (Argentine), en pres de 2 ans, et toujours avec enthousiasme... Il y a aussi 2 chiliens solitaires, amoureux de la nature et des glaciers, qui viennent se ressourcer en Patagonie.
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27/11/2008 : Nous avons 2 jours a passer ici avant le depart hebdomadaire du bateau vers l'Argentine. Pour l'heure, il pleut et nous en profitons pour faire des courses dans l'une des deux petites epiceries du village, aller a la biblioteque et visiter l'ecole. Nous sommes tres gentillement accueillis par la maitresse des 4-6 ans, qui invite les eleves a poser des questions a Noa et Mathis, et qui leur fait chanter quelques belles chansons en espagnol, au son de sa guitare. Sur le depart, elle nous confie avoir de gros problemes de discipline, meme avec les petits qui reproduisent la violence de leurs parents. Nous aurons d'ailleurs l'occasion de nous en rendre compte le soir meme, avec deux petites filles qui s'amuserent a envoyer d'abord des champignons, puis de grosses pierres sur notre tente, de l'autre cote de la cloture, alors que je couchais les enfants... Je n'ai jamais saute une haie de barbeles aussi vite, pour les rattraper et leur passer un sacre savon (si, si, j'en suis capable qu'en on m'enerve...)
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28/11/2008 : J'avais prevu avec Alexandre de partir a 8h pour faire l'ascension d'un sommet a proximite mais la pluie, le vent et le froid (+2 degres) nous font changer de programme. Avec une relative amelioration, nous partons finalement en fin de matinee en famille, pour une randonnee de 6h. Nous suivons un sentier bien amenage cette fois, pour finalement partir a travers lande, en direction d'un belvedere rocheux (c'est plus fort que nous). De la haut, la vue est imprenable sur les nombreux lacs de la valle, les forets primitives, les glaciers et les couples de condors qui planent autour de nous. Le vent y est froid et tempetueux, comme souvent en Patagonie, mais Marion, en vrai trappeur, parvient a nous rechauffer avec un petit feu de camp.
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29/11/2008 : Une journee attendue, longue, epuisante mais une belle aventure partagee avec nos enfants.
Reveil a 6h30. Nous rangeons a la hate les affaires de camping et plions la tente pendant que Mathis boit son lait chocolate dans la salle commune. Noa s'est mal reveillee et reste prostree dans un coin en chouinant. A 8h nous partons en minibus jusqu'a l'embarcadere, a 7 km. La, un catamaran nous attend pour la traversee de l'un des nombreux bras de l'immense lac O'Higgins, jusqu'a Candelario Mancilla, le poste frontiere chilien. Sur le bateau nous avons le temps de prendre notre petit dej et de contempler l'eau turquoise du lac pendant 3h de navigation. Le temps est peu nuageux et nous pouvons apercevoir le Campo de Hielo Sur a l'autre bout du lac.
A quai, nous laissons nos sacs dans une remorque de tracteur (ils passeront ensuite sur les chevaux) et montons sur de beaux etalons selles par les rares vachers patagons a habiter de cette rive du lac. Noa monte avec le guide et je prends Mathis. Nous partons pour une randonnee equestre de 5h (20 km), avec des chevaux qu'il faut en permanence secouer pour les faire avancer. C'est assez physique. Les sous-bois sauvages, les franchissements de torrents et l'allure boueuse et chaotique du sentier cote argentin plaisent a tout le monde. Notre guide, peu locace, vient nous dire a l'arrivee que nous nous sommes tres bien debrouilles et qu'il est impressionne par nos enfants. C'est la premiere fois qu'il en voit d'aussi jeunes depuis la mise en place de cette nouvelle liaison transfrontaliere il y a quelques annees...
Nous montons ensuite dans un nouveau petit bateau qui traverse le Lago del Deserto en passant au pied de magnifiques glaciers puis rebasculons dans un bus argentin qui nous mene, en 2h de piste inconfortable, jusqu'au village de Chalten, au pied du fameux Fitz Roy (3405 m).
Les enfants, qui avaient remarquablement resiste jusque la, s'effondrent de sommeil dans le bus. Nous arrivons a 22h, apres 14h de voyage et seulement 130 km parcourus dans l'un des territoires les plus recules du Chili.
Ce n'est pas encore fini puisqu'il faut nous creuser la tete une fois arrives pour trouver des pesos argentins, les pesos chiliens etant curieusement refuses dans cette ville frontiere. Tout s'arrange avec la gentillesse des argentins et nous terminons cette longue journee par un bon steack dans un endroit chaleureux.

lundi 17 novembre 2008

Les animaux du bord Pacifique

Au bord de la plage, nous avons rencontre de nouveaux animaux (voir legendes album 3).
Le goeland dominicain, la sterne Inca, l'huitrier d'Amerique et le pelican brun.
Les pelicans bruns sont decrits comme des especes vivant sur des ilots isoles le long de la cote ou sur des etangs peu frequentes mais il doit y en avoir des plus malins que d'autres qui aiment bien la vie facile. Ils se regroupent au bord de la plage, pres des pecheurs, et attendent patiemment les restes de poissons.
De la meme maniere, il est facile de voir des lions de mer (otaries a criniere) qui attendent patiemment que quelques morceaux echappent aux pelicans.
Sur les memes rochers, nous avons pu voir deux especes de pingouins.
Le pingouin de Humboldt vient du nord, sur la côte chilienne. On le reconnait car il n'a qu'un collier noir sous le cou et, comme il ne se lave pas avec Mir laine, il a des couleurs un peu delavees. Le noir est un peu gris et le blanc est un peu jaunie. Par contre le pingouin de Magellan, qui vient du sud, a deux colliers sous le cou et la plume soyeuse.
Les deux especes se sont donnees rendez vous a Pinihuil pour se raconter les aventures de l'hiver. Il faut dire que le coin est tres sympa.
Toujours au meme endroit, il y avait trois especes de cormorans. Le cormoran de Gaimard, tres elegant avec ses pates rouges, le cormoran de magellan et le cormoran vigua, plus commun.
Les cormorans peuvent plonger a plus de 20 metres de profondeur. Ils ne possedent pas de glandes qui rendent leurs ailes impermeables et l'eau peut ainsi s'infiltrer dans le plumage et le rendre plus lourd. L'inconveniant c'est qu'ils doivent se secher apres, c'est pouquoi on les voit souvent poses avec les ailes deployees.
Le brassemer cendre est un canard qui a des ailes atrophiees, il ne peut donc plus voler.
Nous avons aussi rencontre une loutre marine qui degustait tranquillement son crabe entre ses patites pattes, tout en faisant la planche.

La douceur chilote

¡Hola!
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Vous allez dire qu'on en fait trop mais decidement, ce voyage est un enchantement! On a une chance folle avec la meteo et les bons plans se succedent. Ca m'inquiete un peu pour la suite d'ailleurs. A-t-on epuise notre quota?
Toujours est-il que nous avons debute notre sejour sur l'ile de Chiloe par un vrai petit coin de paradis, ou nous etions quasiement seuls avec quelques chilotes adorables.
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13/11/2008 : nous quittons la region des lacs (Araucanie) pour Puerto Montt, la grande ville du coin, sans grand interet visuel, ou nous essayons d'organiser le caneva de nos trajets en Patagonie chilienne. D'amblee, nous comprenons que cela va devenir plus difficile. Tout d'abord les ferrys sont tres chers et la plupart ne fonctionne qu'a partir de janvier. Par ailleurs, mais nous etions prevenus, la route australe est interdite a toute circulation autour de Chaiten qui a ete totalement evacuee puis devaste par une eruption volcanique cette annee. Enfin, nous n'obtenons que des infos contradictoires sur les lignes de bus dont certaines ne fonctionnent qu'une fois par semaine... Finalement, nous sommes obliges de passer par l'Argentine pour revenir ensuite au Chili au sud de Chaiten, apres un voyage de 26h, cette fois sans fauteuil lit. Notre depart est reserve pour le 19/11. La suite reste encore un peu aleatoire mais on compte sur notre bonne etoile.
Nous prenons ensuite un bus pour Ancud, premiere ville au nord de l'ile de Chiloe, d'ou nous attrapons au vol un car de ramassage scolaire, dans l'idee d'aller dormir a Pinihuil, un petit hameau de pecheurs d'ou nous pouvons aller voir des pingouins sur des ilots cotiers. Le bus nous pose a 2km du hameau et nous donne l'occasion de tester les roulettes de notre enorme valise sur les chemins pierreux qui ne font que monter et decendre... Nous ne savons pas bien ou nous allons atterrir, ni meme s'il y a reellement des logements dans ce petit bout du monde, et c'etait le dernier bus. Notre situation nous fait sourire (les enfants aussi...). Et puis tout s'enchaine tres vite : des pecheurs nous prennent en stop et nous deposent devant des "cabanas" ou nous accueille une dame tres gentille. Nous tombons tout de suite sous le charme de ces petits bungalows dominant deux plages sauvages et des ilots rocheux magnifiques. Nous nous retrouvons avec un appartement grand confort et une vue inouie pour seulement 35 euros (on est au Chili tout de meme). C'est decide, nous y resterons 2 nuits. Nous descendons ensuite par un chemin bucolique jusqu'a la plage quasi deserte ou nous observons des pecheurs en train de nettoyer leurs filets (en fracassant les crabes accroches a coup de batons, soit dit en passant...).
A Pinihuil, il n'a que quelques baraques et un resto mais aucun commerce. Ce sera donc le resto pour ce soir, ou nous degustons les poissons du coin. La remontee a la cabana au soleil couchant nous laisse reveur. Nous terminons comme souvent par une histoire inventee que je raconte aux enfants, faute de livre, avec pour seule trame la couleur, l'objet, le personnage et le lieu qu'ils me donnent a tour de role.
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14/11/2008 : il fait beau et le lever de soleil depuis la salle a manger nous met en appetit. Ca tombe bien, notre hote nous apporte lepetit dej et des pains maison. Nous faisons ensuite un peu d'ecole avant de redesendre a la plage pour retrouver des pecheurs qui vont nous emmener observer les fameux pingouins (seul endroit au Chili ou l'on peut observer a la fois ceux de Magellan et ceux de Humbolt). Nous avons la chance de voir aussi une loutre de mer et bien d'autres oiseaux que Marion vous decrira mieux que moi.
Pour le dejeuner, nous avons pu nous organiser et nos hotes nous preparent un poisson et une salade livres a la cabana. Le luxe... L'apres midi, nous partons a l'aventure avec les enfants, jusqu'a trouver une sente qui nous mene a une plage secrete et meme une grotte, tandis que Marion explore une autre plage en courant. La lumiere est magnifique, sans un nuage.
Pour couronner cette belle journee, le proprietaire des lieux, tout aussi adorable que sa femme, nous invite a aller chercher oursins et coquillages a maree basse avec lui. Nous en degustons avec un peu de citron sur les rochers, en guise d'aperitif (tres peu pour les enfants).
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15/11/2008 : nous partons presque a regret de ce lieu. Le retour s'annonce pourtant beaucoup plus simple, puisque le proprietaire nous ramene jusqu'a Ancud en voiture.
Nous repartons directement sur Castro, la ville principale de Chiloe, reputee pour ses Palafitos (cabanes de bois peints sur pilotis). Le temps est toujours magnifique, ce qui est assez rare a Chiloe, et nous decouvrons la ville avec nonchalance.
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16/11/2008 : apres un footing-photo du cote des Palafitos au soleil levant, nous nous retrouvons pour le petit dejeuner puis traversons l'ile en direction de la cote sauvage et du Parc National, ou nous attend une plage immense, deserte... et imbaignable biensur!
Ce soir, c'est cuisine a la maison et permission de tele jusqu'a 10h pour les enfants (ils l'ont dans leur chambre...).
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Le journal des parents risque de s'espacer davantage dans les prochaines semaines, avec l'entree dans les coins les plus recules d'Amerique du sud, a savoir la Patagonie chilienne jusqu'a Villa O'Higgins, au terminus de la route australe. Nous allons tenter de rejoindre la Patagonie argentine et le massif du Fitz Roy comme prevu, c'est a dire en bateaux et a cheval, avec tous nos bagages. On verra bien.
On vous embrasse.