lundi 22 décembre 2008

Retour en France

Ca y est, nous sommes rentres en France depuis samedi.
C'est donc notre dernier message et la fin de ces trois magnifiques mois en Amerique du Sud.
C'est une drole de sensation de se retrouver projete dans notre univers habituel apres tant de changements et de decouvertes.
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Depuis notre dernier message, nous avons encore passe quelques jours calmes a Punta Arenas, entre devoirs pour les enfants, ballades en ville ou sur les hauteurs et visites de musees, ou nous avons appris qu'a 20 km au nord existait la plus grande usine de methanol au monde (3 000 000 de tonnes produites par an).
Nous sommes revenus sur Santiago le 17 par avion, avec Sky Airline (3 fois moins cher que la LAN) et avons profite du 18 pour recuperer nos billets d'avion cher les Le Calvez (que nous n'avons malheureusement pas pu croiser), faire quelques achats et profiter une derniere fois de l'ambiance et des resto chiliens.
Nous avons quitte le Chili le 19 midi pour arriver a Paris le 20 a 15h. Les enfants ont bien supporte le voyage (une routine maintenant), d'autant que les avions sont maintenant equipes de tres nombreux films et jeux video...
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Pour ceux que nous n'aurons pas le plaisir de retrouver ces jours ci, nous leur souhaitons un tres joyeux Noel !
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Allez quand meme jetter un coup d'oeil sur notre blog en janvier, une selection de photos retouchees sera peut être disponible.
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On vous embrasse et encore merci de nous avoir suivi.
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Les Roudni

mardi 16 décembre 2008

A la rencontre des baleines dans le Detroit de Magellan

Nous ne savions pas bien quoi faire autour de Punta Arenas avant notre retour a Santiago le 17. Pendant une bonne partie de la journee du 11, nous nous sommes renseignes sur les possibilites d'aller a Ushuaia en bus ou en avion, de visiter la Terre de Feu en voiture de location, d'aller voir une colonie de pingouins sur une petite ile voisine... mais apres une longue reflexion et pas mal de scrupules, nous avons finalement craques pour une oportunite deraisonnable mais qui nous faisait vraiment rever et dont nous nous souviendrons toute notre vie je pense. Une heure avant la fin des inscriptions et la veille du depart, nous nous sommes donc joints a une liste de 3 touristes, 3 chercheurs en biologie marine et 3 membres d'equipage pour un voyage de 3 jours a bord d'un petit bateau, a la rencontre des baleines dans le detroit de Magellan! Ce fut comme dans les reportages televises style Ushuaia ou Thalassa. Une aventure extraordinaire partagee avec des scientifiques passionnes et disponibles, dans un dedale de fjords quasi inaccessibles au public.
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Whalesound est une societe de Punta Arenas creee par un biologiste qui a obtenu le droit d'installer des ecolodges sur l'ile Carlos III, dans la partie la plus etroite du detroit de Magellan, en plein coeur d'une reserve marine qui compte environ 150 baleines a bosse l'ete. C'est le principal lieu d'observation des baleines de la cote Pacifique entre la Colombie et l'Antartique. Ce campement sert a la fois de base d'observation scientifique pour les chercheurs chiliens et de lieu d'accueil pour environ 80 touristes par an. Les scientifiques profitent gratuitement du bateau, des lodges et de la logistique de Whalesound, en echange de quoi ils font participer les visiteurs a leurs suivis des baleines et autres dauphins. C'est apparemment le seul exemple d'infrastructure scientifico touristique au Chili, et cela fonctionne tres bien.
Nous faisions partie de la premiere rotation de l'annee, les baleines arrivant habituellement en decembre pour repartir en avril.
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12/12/08 > la voiture de Whalesound vient nous chercher a 7h a notre logement et nous emmene au terminus de la route, environ 70 km au sud de Punta Arenas, d'ou nous partons en bateau pour une courte escale au phare San Isidro.
Nous faisons la connaissance de Gorge, chercheur de l'Institut de la Patagonie specialise dans les cetaces et fidele observateur des baleines de l'ile Carlos III depuis 10 ans. C'est lui qui va principalement nous guider et nous expliquer le fonctionnement des baleines a bosse. Nous prenons a notre bord egalement Andrea, une jeune biologiste commencant une these sur l'influence des rejets d'eau usees des villes du nord Chili sur les populations de cetaces, et Claudio, egalement biologiste et logisticien pour Whalesound. Carlos, le fondateur de la societe, fera le voyage aller avec nous.
L'equipage est compose de Xavier, jeune et souriant capitain de 23 ans, Ramon et ..., tous trois anciens pecheurs et marins tres efficaces.
Nous avons plaisir aussi a faire connaissance avec Michel et Isabelle, un couple de francais vivant a Pau et ayant longtemps habites et travailles en Amerique du sud, ainsi que de Niki, une jeune allemande de Munich.
Apres une halte au phare construit en 1908 pour guider les navires reliant l'Europe a la Californie dans le detroit de Magellan, nous passons le cap Froward sur le 54eme parallele (extremite sud du continent, la Terre de Feu etant une ile...).
Passe le cap, nous prenons ensuite le vent de NW et les vagues de face, avec des creux de plus de 2 m. L'ecume recouvre souvent completement le bateau qui avance comme un dauphin.
Apres plus de 8h de mer, nous arrivons sous un beau soleil de fin de journee a l'ile San Carlos III, dans un environnement splendide et totalement sauvage. Nous retrouvons la vegetation de Caleta Tortel, avec en prime une eau beaucoup plus bleue et une noria d'oiseaux qui survolent notre bateau. Nous debarquons au campement de Whalesound fait d'une dizaine de tentes domes et d'une salle commune ou nous prendrons nos repas avec toute l'equipe. Pour l'heure nous montons a l'observatoire des baleines, dominant les deux baies ou sejournent le plus souvent ces cetaces, et Gorge nous expliquent pas mal de choses sur le fonctionnement du lieu et sur ses recherches. Il tient un calendrier interannuel des arrivees et departs de toutes les baleines observees ici, chacune identifiee par photo et souvent par analyse genetique d'un prelevement de peau.
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13/12/08 > apres un petit dej royal, nous partons en bateau a la recherche des baleines, avec l'avantage d'une mer d'huile qui permet de bonnes observations, et l'inconvenient d'une pluie froide. Gorge vient de s'equiper dun Nikon D300 avec un objectif 400 mm mais a oublie d'acheter une carte memoire... Je me debrouille plutot bien puisque je recupere leur objectif parfaitement adapte a mon D200 et devient le photographe prepose de cette mission d'observation a caractere aussi scientifique. Et nous avons encore une fois beaucoup de chance, avec l'apparition de colonies de pingouins en train de s'alimenter en mer puis la venue de deux baleines que je parviens facilement a photographier et que nous identifions rapidement grace aux empruntes sur la queue. Cela devient un jeu tres motivant.
Sur le chemin du retour, nous longeons une petite ile ou sejourne une petite colonie de pingouins et remarquons un jeune chien aux aguets sur les rochers. Ramon part en barque le recuperer et le chien, adorable, devient aussitot la mascotte du groupe. Il sera ramene le lendemain a Punta Arenas et rendu a ses proprietaires, des pecheurs qui l'avaient perdu 10 jours avant...
Apres un succulent repas prepare par les biologistes tres polyvalents de la base (dont des crabes araignees peches sur l'ile), nous repartons l'apres midi en bateau, pour remonter le fjord Seno Baleina jusqu'a un magnifique et imposant glacier forme a moins de 1300 m d'altitude, sur l'ile Santa Ines. Il se termine par une barre de seracs de plus de 100 m d'epaisseur plongeant directement dans la mer. Dans le brouillard et sous la pluie, son apparition est encore plus magique et inquietante. Nous sentons alors toute la force des canaux patagons.
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14/12/08 > Apres une soiree tres conviviale au campement et une nuit a nouveau bien humide, nous embarquons vers 9h pour le retour a Punta Arenas. Passionne, Gorge ne se prive pas de refaire un crochet dans la baie des baleines ou nous en observons cette fois quatre, probablement toutes differentes de celles de la veille. La pluie s'intensifie, les baleines s'eloignent et nous remettons le cap vers l'est 2h plus tard.
Nous dejeunons a bord, debarquons une petite heure au cap Holland pour nous degourdir les jambes et arrivons finalement au point de desembarquement vers 20h. A 22h, nous terminons par la route ce long voyage a Punta Arenas, fatigues mais heureux des moments partages avec cette super equipe.
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15/12/08 > Nous souhaitons passer les trois derniers jours qu'il nous reste a Punta Arenas sans activite particuliere, histoire de calmer un peu le jeu avant le depart et de se remettre a jour dans les devoirs des enfants. Pour recuperer mes photos, Gorge nous propose de nous inviter un moment chez lui puis de nous faire visiter l'Institut de la Patagonie ou il travaille. C'est aussi l'occasion pour Noa et Mathis de jouer avec ses trois enfants qui ont a peu pres le meme age.

jeudi 11 décembre 2008

Les incontournables de la Patagonie, le Perito Moreno et les Torres del Paine

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03/12/08 > Ce matin a Calafate, c'est grasse mat royale jusqu'a 8h30 (ce qui est deja pas mal dans une tente). Je m'accorde la matinee pour feuilleter quelques bouquins en ville et tenter de mettre mes photos en ligne. Helas, le bas debit ne me permet que d'en telecharger un tiers en plus de 2h. Ce n'est pas comme cela que je vais pouvoir resorber mon retard...
Apres un dejeuner dans le jardin de notre hote, sous un grand soleil encore bien chaud (25 degres), c'est au tour de Marion de prendre sa demi journee tandis que je m'occupe des enfants (volley, devoirs, gouter...).
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04/12/08 > Nous partons des 8h en taxi au Perito Moreno (c'est moins cher que le bus qui est une vrai arnaque) et ne restons que 2h sur place, le chauffeur n'attendant jamais plus. En fait, c'est suffisant pour parcourir toutes les passerelles, voir et entendre quelques blocs de glace s'effondrer dans le le lac, et prendre la (de)mesure de ce glacier que l'on a l'impression de deja connaitre en arrivant, tant il existe de photos dans le monde entier.
A noter que c'est l'un des rares glaciers au monde a avoir sensiblement avance au debut du XXeme siecle (+ 800m en 50 ans) et a rester stable depuis 20 ans. Il vient encore se bloquer contre une peninsule de l'autre cote du lac, faisant monter le niveau du bras sud (jusqu'a + 30m en 1966). L'eau exerce alors une pression sur la glace, jusqu'au creusement naturel d'un tunnel par lequel les niveaux se reequilibrent. Ce phenomene a lieu quasiement tous les 4 ans et se termine par l'effondrement spectaculaire du tunnel, devant les yeux ebahis des touristes venus en masse photographier l'immense gerbe d'eau. Le dernier s'est produit il y a 8 mois (rate !)
Nous sommes rentres a Calafate pour 13h, dejeunons rapidement et faisons courses et bagages pour prendre le bus de Puerto Natales a 16h, et ainsi pouvoir repartir des demain matin pour le Parc des Torres del Paine. Petit detail auquel nous n'avons pas pense, Puerto Natales est au Chili et les douaniers ne tolerent aucune entree de produits d'origine animale ou vegetale. Dommage, nous venons d'acheter 5 jours de vivres... Apres moulte discussion et pour rassurer Noa, nous decidons de declarer nos produits a la frontiere (de toutes facons la fouille des sacs ne nous laissait aucune chance). Nous nous en sortons finalement assez bien avec seulement une confiscation des fruits et legumes et d'une pochette de jambon cru. Du coup, il nous faudra rester a Puerto Natales jusqu'au bus de 14h, le temps de refaire des courses. L'abandon du depart matinal nous soulage en definitive, vue l'heure tardive d'arrivee en ville (22h).
Ici, la saison touristique est bien lancee et peu d'hotels ont encore de la place. Nous en trouvons finalement chez un sympathique eleveur de moutons recycle en hotelier, avec une bouille emblematique du gaucho patagon.
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05/12/08 > La matinee ne sera pas de trop finalement pour regler tous les derniers details de notre trek dans les Torres del Paine.
Le vent s'est enfin leve et nous decouvrons les fameuses Cuernos du Parc dans l'ombre de gros nuages. Nous entamons le classique circuit du W d'ouest en est, contrairement a la plupart, avec pour commencer une traversee du lac Pehoe en catamaran. Quelques rayons de soleil permettent d'aprecier les eaux si turquoises de ce lac, avec en toile de fond les tres esthetiques Cuernos, taillees dans un beau granite blanc et coiffees de gneiss bruns.
Nous debarquons au campement de Paine Grande, impressionnant pour ses infrastructures et le nombre de tentes en place.
Apres diner, nous allons faire un tour sur une colline dominant le lac et assistons a un crepuscule de toute beaute, grace aux nuages lenticulaires si typiques de la region.
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06/12/08 > Premiere etape du W, la montee au glacier Grey le long du lac du meme nom. Nous nous mettons en marche a 9h, apres avoir laisse nos gros sacs dans un local securise du camping, et montons tranquillement en nous racontant nos films preferes. Apres 2h30 de marche, nous arrivons a un belvedere ou le vent est si fort que l'on ne tient plus debout. Je m'installe avec les enfants dans un abri pour picniquer, pendant que Marion part courir en direction du glacier. A son retour, je prends le relais et cours pres de 3h jusqu'a rattraper la famille sur le chemin du retour. J'arrive au camping un peu cuit et les 3h de marche supplementaires jusqu'au camping suivant, avec nos sacs enormes, m'achevent.
Le soleil est bien present et les lacs environnants toujours aussi beaux, notamment lorsque de violentes bourrasques y soulevent des panaches d'ecumes.
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07/12/08 > Ce matin il fait bien froid, toujours avec du vent de NW. Le sommet de Paine Grande (3050 m) qui domine notre campement est deja pris dans les nuages ou des averses de neige sont possibles des 1300 m. Les nuages restent toutefois bloques contre les versants au vent des plus hauts sommets, laissant les versants abrites au soleil. Le Campo de Hielo Sur est ainsi presque toujours pris dans la crasse, ce qui le protege des chaleurs estivales.
Comme la veille, nous laissons nos affaires au campement et montons dans la Valle Frances pendant quelques heures, le long d'un petit glacier et sous d'impressionnantes barres de seracs qui lachent quelques blocs de glace de temps a autres. Cela me donne l'occasion de faire un petit cours de glaciologie aux enfants (il etait temps !)
Le pic nic est inconfortable, blottis derriere un rocher avec toutes nos couches pour nous proteger du vent. En redescendant, nous croisons une famille que nous avions rencontre il y a plus de 2 mois, a 4000 km de la. On s'en souvient bien, vu qu'elles sont extremement rares. Ce n'est pas le cas en revanche des randonneurs du monde entier qui se pressent sur les sentiers et dans les refuges du Parc.
Apres un bon cafe et une petite sieste dans notre tente, nous repartons cette fois encore avec tout notre barda pour 3h de marche jusqu'au campement suivant. Pour motiver les enfants, nous avons recourt a des jeux (chercher l'intrus dans une liste de 4 mots par exemple), evitons de les laisser derriere nous, leur lancons de petits defis et leur garantissons un bonbon apres chaque etape reussie. Et ca marche...
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08/12/08 > Je quitte la tente a 5h30 pour photographier le lever de soleil sur les Cuernos au pied desquelles nous dormons. L'embrasement dure quelques minutes puis la scene s'obscurcit rapidement avec l'arrivee de nuages. Tout le monde petit dejeune dans la tente des 7h car aujourd'hui la plus grosse etape du trek nous attend. 9h de marche prevues !
Le sentier en traversee est un peu monotone mais les enfants marchent bien. Ce serait presque nous qui peinons le plus avec nos gros sacs et nos muscles endoloris. A voir nos deux petits bout'choux gambader sur ces sentiers eloignes, la plupart des randonneurs tire de grands yeux admiratifs suivis d'un large sourire a leur attention. Arrives au camp des Torres avec 1h d'avance sur l'horaire et apres 22 km de sentiers de montagne parcourus dans la journee, nous sommes aussi assez fiers de nos enfants... D'ici demain, ils auront marches 65 km en 3,5 jours, comme la majorite des adultes qui realisent le W.
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09/12/08 > Encore un lever tres matinal, cette fois pour le lever de soleil sur les Torres del Paine, l'une des images emblematiques du Parc. Je quitte la tente a 4h30 et arrive au belvedere vers 5h. La, une trentaine de personnes est deja en train de s'installer, duvet et appareil photo en main, comme pour assister a un concert en plein air. Comme a notre habitude maintenant, je passe le relais a Marion vers 6h30 qui monte a son tour et decouvre les tours inondees de soleil.
A son retour, nous redescendons directement au parking de fin de circuit. Sans doute grace a l'entrainement, les enfants devalent la montagne et nous explosons l'horaire. Mathis se prend meme a courir comme un fou dans les grandes descentes (je me demande bien de qui il tient ca) et crane un peu a l'arrivee.
Le ciel est d'une limpidite parfaite, comme dans le Fitz Roy, mais nous ne pouvons terminer par le plus beau point de vue du Parc, faute de navette. Finalement, nous en avons peut etre assez vu comme ca, et nous attendons patiemment jusqu'a 14h30 le bus du retour sur Puerto Natales.
L'arrivee en ville, la douche, le resto, un vrai lit pour une longue nuit, tout nous parait si delicieux apres ces 4 jours d'inconfort.
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10/12/08 > Nous passons une matinee tranquille en ville et a notre hotel ou Mathis se decouvre une vocation, guitariste. Il passe en effet de longs moments a gratouiller les guitares exposees dans le hall. Du coup, le patron lui joue un morceau traditionnel, en chantant magnifiquement bien.
Nous prenons le bus de 15h pour Punta Arenas ou nous arrivons a 18h. Nous nous gardons la journee de demain pour savoir ce que nous voulons faire de notre derniere semaine de voyage (Terre de Feu, Ushuaia, oui, non, comment), avant notre retour en avion sur Santiago puis Paris. Le retour est maintenant bien present a notre esprit.
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Merci pour votre courage d'avoir (presque) tout lu. On vous embrasse.

mercredi 10 décembre 2008

Sur les sentiers tres battus du sud de la Patagonie

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Bonjour a tous.
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Avant de lire ce message, n'oubliez pas de lire d'abord la suite du message precedent (ci dessous), complete ce 10 decembre.
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30/11/2008 : A la difference des villages patagons de la region de Aysen, en Patagonie nord, Chalten et El Calafate, au sud, cote argentin, se sont uniquement developpes par et pour le tourisme et comptent de bien meilleurs acces et services, au detriment d'une certaine authenticite, il est vrai. Chalten a d'ailleurs un petit air de Chamonix du Nouveau Monde, au pied d'une fameuse aiguille de granite rose qui n'est pas sans rappeler les Drus.
Apres une bonne nuit reparatrice et un bon lit, nous nous sentons d'attaque pour de nouvelles aventures dans le massif du Fitz Roy. Le temps de trier nos affaires de treking, d'acheter nos vivres pour 3 jours et de recolter les dernieres infos sur le Parc et les sentiers, et nous voila repartis des 11h avec deux gros sacs gonfles a bloc, charges comme des mules. Une sensation que nous avions presque oubliee ces dernieres annees avec le trail...
Les enfants trainent un peu des pieds au debut mais a partir du premier point de vue sur le Cerro Torre et les glaciers etincelants du Hielo Sur, sur fond de ciel devenu bleu fonce, la rando devient un enchantement. "Precioso, precioso, precioso" comme disent les chiliens !
Apres 4h de marche, nous atteignons le camp de base du Cerro Torre (bivouac gratuit) d'ou nous accedons en 10 minutes au lac Torre, splendide avec ses petits icebergs. Le temps est exceptionnel et il ferait presque chaud. Les enfants se lancent donc dans le commerce de blocs de glace pendant que nous lezardons au bord de l'eau.
La popotte devant la tente et les dernieres lumieres du soir sur les glaciers environnants concluent cette magnifique journee.
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01/12/2008 : Chauffe a blanc par tant de beautes et une meteo si parfaite, je me leve a 2h du mat pour photographier la voie lactee sans aucune pollution lumineuse a des centaines de kilometres a la ronde, puis me releve a 6h pour assister a l'embrasement du Cerro Torre au soleil levant. Je suis un peu en retard, le soleil apparaissant en fait des 5h30, mais le spectacle qui m'attend va combler toutes mes esperances.
Apres le petit dej, Marion part a son tour observer le front du glacier, les enfants preferant jouer dans leur cabane a cote de la tente.
Nous partons ensuite vers le Fitz Roy par un sentier de jonction en sous-bois. Aujourd'hui le ciel est toujours aussi bleu et le vent, pourtant si frequent en Patagonie, est completement tombe. Du coup, la chaleur s'installe et devient accablante des le matin sous nos gros sacs. A 14h, la temperature a l'ombre culmine a environ 28 degres vers 700 m d'altitude, soit 2000 m dans nos Alpes, autrement dit la canicule d'aout 2003 des le printemps... Les coulees de neige se generalisent jusqu'au sommet des glaciers et les moustiques fondent sur nous. Pour la pause dejeuner, nous sommes obliges de monter notre tente a la hate et de nous y jeter en refermant aussitot la moustiquaire. Une 20aine de moustiques s'agglomerent alors en quelques secondes a la fenetre et se sont finalement les enfants que nous envoyons chercher les sacs a l'exterieur...
Le bon cote des choses, c'est que nous pouvons nous baigner (du moins partiellement) dans l'un des nombreux lacs limpides qui entourent le Fitz Roy. On est bien loin de l'image d'une montagne constamment fouettee de neige ou de brouillards givrants...
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02/12/2008 : Le beau temps chaud est encore annonce pour aujourd'hui et je ne peux m'empecher d'assiter cette fois au lever de soleil sur le Fitz Roy. Un peu plus organise, je me retrouve des 5h30 du mat sur l'un des meilleurs belvederes qui soit, 1000 m au dessus du campement, avec une vue imprenable sur toutes les aiguilles et glaciers du massif, et le cirque du lac Sucio au fond.
Je retrouve Marion et les enfants vers 8h sur le sentier du lac mais des nuages bas occultent maintenant les sommets. Nous preferons donc rentrer au plus vite a Chalten pour decaller notre depart en bus de 18h a 13h, et ainsi arriver a une heure raisonnable a El Calafate. Nous avons du mal a motiver les enfants a marcher encore 3h (alors qu'ils courraient dans tous les sens au campement...) mais parvenons a temps au village que nous quittons aussitot, non sans avoir complete notre picnic de quelques empanadas bien chauds. Il faut dire que nous finissons ce premier trek un peu affames (les repas etaient assez light).
Apres 3h30 de bus au milieu de la pampa et le long des plus grands lacs d'Argentine, nous arrivons a El Calafate, petite ville qui a litteralement explose demographiquement depuis quelques annees, avec le goudronnage de la route d'acces au glacier Perito Moreno, situe a seulement 78 km. Tout ici est voue au tourisme : casino, hotels de luxe, magasins d'artisanat et d'equipement de montagne, vendeurs d'expeditions, cybercafes... Des gens du monde entier viennent monter leur affaire dans ce qui est devenu le point de depart de l'un des sites naturels les plus visites d'Amerique du sud. Nous ne derogerons pas a la regle en programmant aussi une visite au Perito Moreno, mais dans 2 jours seulement, histoire de se poser un peu apres 4 jours assez fatiguants.
Meme si nous optons encore pour du camping (dans un jardin prive), nous nous offrons ce soir un bon steack, du vin et des glaces artisanales.
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La suite bientot, probablement de Punta Arenas.

mercredi 3 décembre 2008

Sur les sentiers non battus de la Patagonie nord (Aysen - Chili) Suite

Bonjour !
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Reprenons le fil de notre periple apres plus de 3 semaines d'absence ou de mauvaise connexion.
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19/11/2008 : nous quittons Castro et l'ile de Chiloe par le bus de 8h, armes psychologiquement pour un voyage de 26h sur des routes pas toujours goudronnes, avec deux passages de frontieres. Nous remontons 200 km au nord jusqu'au Parc National de Puehue, ou nous basculons en Argentine dans la region de Bariloche, superbe avec ses nombreux et immenses lacs glaciaires. Nous repartons ensuite pour le sud par la route 40. Nous apprecions la pause diner, les enfants etant de plus en plus difficiles a calmer.
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20/11/2008 : nous sommes reveilles par le jour vers 6h du matin, sur une piste caillouteuse, perdus au milieu de nul part, en pleine pampa patagonne... Nous croisons quelques troupeaux de moutons et flamands roses a la lumiere du soleil levant. Rien que pour cela, cela valait le coup de prendre le bus, alors que l'avion couvrait la meme distance pour le meme prix... Un peu retardes a la frontiere par une greve des douaniers argentins, nous arrivons a Coyaique, principale ville de la Patagonie chilienne nord (region de Aysen) vers 10h du matin. Nous trouvons une chambre chez l'habitant pour le moins spartiate mais pas cher. La famille est tres sympa, avec une jeune maman aux commandes, deux jeunes enfants que Noa et Mathis ne lacherons qu'a notre depart, un homme en recherche d'emploi et des oncles et tantes souvent de passage. Comme a Castro, nous nous faisons a manger dans leur cuisine, en essayant d'etre le plus discret, et en se faisant goutter nos plats.
En visitant la ville, nous passons dans le QG des opposants au projet de barrages hydroelectriques prevus sur le cours du Rio Baker et de quelques uns de ses affluents. C'est la grosse actualite de la region d'Aysen en ce moment. L'Etat a privatise l'eau et l'electricite et l'entreprise Hydroaysen, qui possede 98 pourcents du Rio Baker, la plus grosse riviere du pays, veux exploiter cette energie dite propre, en pretextant que l'electricite sera moins chere et plus fiable pour les patagons. En realite l'essentiel sera vendu a l'Argentine et au nord Chili, avec des lignes a haute tension traversant les vallees parmis les plus belles et les plus preservees du Chili. Les patagons sont pour l'essentiel farouchement opposes au projet, souhaitant preserver leur mode de vie et leur environnement, meme si la construction de la dizaine de barrages peut apporter une certaine croissance (temporaire ?) a cette region un peu oubliee. Des manifestations sont regulierement organisees par les eleveurs et protecteurs de la nature, les etudes preliminaires sont en cours, rien n'est joue mais c'est un peu David contre Goliat, sachant que le gouvernement y est favorable (il investit beaucoup pour favoriser la vie et les emplois des patagons, et ainsi les motiver a rester dans ces vallees reculees, si proches de l'Argentine (...), et souhaite maintenant un retour d'ascenseur, c'est a dire une possibilite d'exploiter la seule grande ressource du sud du pays, que n'a pas le nord, a savoir l'eau.)
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21/11/2008 : en parlant d'eau, nous nous reveillons sous la pluie qui va durer toute la journee, particulierement sur la cote Pacifique ou nous allons faire un tour (Puerto Aysen). Il tombe ici de 3500 a 5000 mm d'eau par an, avec un effet tres marque du relief, puisque 100 km a l'interieur des terres, a la frontiere argentine, il ne tombe plus que 300 mm (pampa). La journee est un peu morne, nous ne decouvrons rien de bien interessant et nous refugions dans un resto glacial et cher en attendant le bus du retour...
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22/11/2008 : nous sommes enfin au point pour nos multiples correspondances de bus sur la carretera australe et partons pour Puerto Bertrand, un minuscule village situe au bord d'un lac au bleu profond, a la source du Rio Baker et au pied des glaciers du Hielo norte. La route est tres longue, avec un ciel couvert et des averses de neige jusqu'a 800 m (courant en fin de printemps parait-il) et exceptes 2 ou 3 petits villages de pionniers, il n'y a aucune presence humaine (densite de 0,08 habitant au km2 dans cette region!). En revanche, l'homme a laisse une trace omnipresente en brulant quasi systematiquement toutes les forets primitives pour se frayer des acces et pour permettre le paturage. C'etait dans les annees 50 mais avec le froid et le paturage, la foret ne parvient pas a se reconstituer. Ainsi, on traverse des versants entiers nus, avec les troncs au sol.
A Puerto Bertrand, nous avons la chance de retomber sur une famille d'accueil adorable, avec la mamie qui nous fait la cuisine (repas tres copieux et pas chers servis dans son salon, avec le lecteur de DVD allume pour les enfants) et 3 generations qui gravitent autour, dans une paisible ambiance familiale. Dehors il pleut fort et il fait froid.
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23/11/2008 : ce matin une heureuse surprise nous attend : le ciel se degage rapidement et il a abondamment neige vers 1000 m, rendant les paysages glaciaires encore plus beaux. Sur les conseils d'un gars du coin, nous partons sur le seul sentier des environs, qui se transforme rapidement en sente a sangliers au milieu des epineux. Nos courageux enfants nous suivent sans broncher jusqu'a un point de vue sur le lac Bertrand. Nous sommes vraiment perdus dans la nature, sans un seul touriste a la ronde, avec le sentiment d'etre de petits explorateurs. Nous rentrons en chantant (ce qui explique que la pluie soit revenue le soir) et retrouvons un repas tout pret servi par notre mamie d'adoption (cf la photo).
L'apres midi, nous attendons le seul bus de la journee sur le bord de la route australe, mais le bus est plein et ne veut pas nous prendre... Nous tentons le stop, cela marche au bout d'une demi heure mais seulement pour 6 km. Nous voila encore en train d'attendre, a 17h, un dimanche apres-midi, avec quasiement plus de vehicules sur cette piste. Le proprietaire de la ferme en face s'inquiete et nous propose de nous emmener a Cochrane pour 50 euros. Nous preferons nous mettre en chemin en tirant nos valises et, oh miracle, un minibus imprevu nous prend pour 13 euros jusqu'a Cochrane.
Cochrane fait vraiment village de pionniers agriculeurs, avec ses petites baraques en bois au milieu de nul part, et ses 1 ou 2 petits restos ou viennent se rechauffer les travailleurs du coin. Ici on ne sent vraiment pas la pression touristique.
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24/11/2008 : nous prenons un nouveau bus a 10h pour Caleta Tortel, un village d'une cinquantaine d'annees, classe au patrimoine mondiale de l'architecture pour ses 10km de passerelles en bois reliant les differents groupes de maisons sur les rives d'un fjord du Pacifique, et les maisons entre elles, le sol etant gorge d'eau (immense zone humide entretenue par les 3500 mm d'eau annuels). Le voyage en minibus est superbe, avec le retour du soleil et une nouvelle couche de neige fraiche vers 1000 m. Nous sommes seuls avec le chauffeur que nous invitons a boire un coup dans le restaurant de Tortel, ou nous resterons finalement dormir 2 nuits. La encore, nous tombons sur un couple tres attentionne, avec qui nous discutons de la vie sur Tortel, qui n'etait accessible qu'en bateau ou petit avion avant l'ouverture de la route il y a 10 ans.
Nous prenons un magnifique sentier panoramique au dessus du village et de l'estuaire du Rio Baker, d'abord sur passerelles puis les pieds dans les marais sur la deuxieme moitie. La flore est remarquable.
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25/11/2008 : nous avions pense prendre un bateau pour approcher le glacier Montt qui descend du Hielo sud jusqu'au Pacifique mais il n'y a aucun touriste et la location du bateau coute 400 euros... Nous visitons donc Tortel au soleil, picniquons sur les pontons, faisons bosser les enfants et allons a une conference tres interessante sur la diversite de la faune sousmarine de Tortel, sur les effets nefastes de l'elevage du saumon dans les fjords patagons et sur l'interet de proposer une autre forme de developpement a Tortel, l'une des dernieres zone protegee. C'est l'association Oceania qui federe se projet.
Sur le chemin du retour, Mathis se transforme en loup et se met en chasse de tous les enfants de Tortel qui se sauvent en poussant de grands cris, le sourire aux levres. Avec nos enfants, nous reveillons tout le village qui voit passer cette procession sur les pontons.
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La suite de nos aventures des que possible...
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La suite seulement ce 10 decembre, apres 5 jours dans le Parc Torres del Paine...
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26/11/2008 : Faute de bus et de circulation entre Tortel et Villa O'Higgins, nous sommes obliges de louer la voiture d'Iris, notre charmante restauratrice. Il nous en coute tout de meme 30 euros pour les 20 km qui nous separent de la caretera australe, ou nous recuperons le bus reliant Cochrane a Villa O'Higgins. Apres 5 minutes de route, nous voila de nouveau a attendre sur le bord de la route que le bus refroidisse... Nous faisons la connaissance d'un jeune lyonnais, Alexandre, qui voyage en solo pendant 10 mois. La route est superbe, agrementee de nombreux glaciers et d'une traversee de lac en ferry. Nous atteignons VOH et le terminus de la route australe apres 5h de voyage (120 km seulement).
Un peu comme Cochrane, ce village de bout du monde parait sorti de nul part et semble bien fragile au milieu de ces immenses territoires faconnes par les glaciers. Parmis les baraques en bois, vieilles de quelques dizaines d'annees tout au plus, surgissent pourtant de beaux et recents batiments publiques : une grande ecole avec environ 80 eleves, une biblioteque avec internet gratuit (mais tres lent), un gymnase, une creche, des aires de jeux... Tout est fait pour favoriser le naintient de ces quelques centaines d'habitants qui travaillent pour la plupart dans l'Administration.
La plupart des backpackers du bus se rendent au camping du village, ou nous plantons pour la 1ere fois notre tente 4 places. Nous nous retrouvons dans une salle de vie pour se faire a manger et faire connaissance avec d'autres voyageurs au long court : un couple de suisses de Luzerne acheve par exemple une traversee des Ameriques en tendem, d'Anchorage (Alaska) a Ushuaia (Argentine), en pres de 2 ans, et toujours avec enthousiasme... Il y a aussi 2 chiliens solitaires, amoureux de la nature et des glaciers, qui viennent se ressourcer en Patagonie.
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27/11/2008 : Nous avons 2 jours a passer ici avant le depart hebdomadaire du bateau vers l'Argentine. Pour l'heure, il pleut et nous en profitons pour faire des courses dans l'une des deux petites epiceries du village, aller a la biblioteque et visiter l'ecole. Nous sommes tres gentillement accueillis par la maitresse des 4-6 ans, qui invite les eleves a poser des questions a Noa et Mathis, et qui leur fait chanter quelques belles chansons en espagnol, au son de sa guitare. Sur le depart, elle nous confie avoir de gros problemes de discipline, meme avec les petits qui reproduisent la violence de leurs parents. Nous aurons d'ailleurs l'occasion de nous en rendre compte le soir meme, avec deux petites filles qui s'amuserent a envoyer d'abord des champignons, puis de grosses pierres sur notre tente, de l'autre cote de la cloture, alors que je couchais les enfants... Je n'ai jamais saute une haie de barbeles aussi vite, pour les rattraper et leur passer un sacre savon (si, si, j'en suis capable qu'en on m'enerve...)
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28/11/2008 : J'avais prevu avec Alexandre de partir a 8h pour faire l'ascension d'un sommet a proximite mais la pluie, le vent et le froid (+2 degres) nous font changer de programme. Avec une relative amelioration, nous partons finalement en fin de matinee en famille, pour une randonnee de 6h. Nous suivons un sentier bien amenage cette fois, pour finalement partir a travers lande, en direction d'un belvedere rocheux (c'est plus fort que nous). De la haut, la vue est imprenable sur les nombreux lacs de la valle, les forets primitives, les glaciers et les couples de condors qui planent autour de nous. Le vent y est froid et tempetueux, comme souvent en Patagonie, mais Marion, en vrai trappeur, parvient a nous rechauffer avec un petit feu de camp.
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29/11/2008 : Une journee attendue, longue, epuisante mais une belle aventure partagee avec nos enfants.
Reveil a 6h30. Nous rangeons a la hate les affaires de camping et plions la tente pendant que Mathis boit son lait chocolate dans la salle commune. Noa s'est mal reveillee et reste prostree dans un coin en chouinant. A 8h nous partons en minibus jusqu'a l'embarcadere, a 7 km. La, un catamaran nous attend pour la traversee de l'un des nombreux bras de l'immense lac O'Higgins, jusqu'a Candelario Mancilla, le poste frontiere chilien. Sur le bateau nous avons le temps de prendre notre petit dej et de contempler l'eau turquoise du lac pendant 3h de navigation. Le temps est peu nuageux et nous pouvons apercevoir le Campo de Hielo Sur a l'autre bout du lac.
A quai, nous laissons nos sacs dans une remorque de tracteur (ils passeront ensuite sur les chevaux) et montons sur de beaux etalons selles par les rares vachers patagons a habiter de cette rive du lac. Noa monte avec le guide et je prends Mathis. Nous partons pour une randonnee equestre de 5h (20 km), avec des chevaux qu'il faut en permanence secouer pour les faire avancer. C'est assez physique. Les sous-bois sauvages, les franchissements de torrents et l'allure boueuse et chaotique du sentier cote argentin plaisent a tout le monde. Notre guide, peu locace, vient nous dire a l'arrivee que nous nous sommes tres bien debrouilles et qu'il est impressionne par nos enfants. C'est la premiere fois qu'il en voit d'aussi jeunes depuis la mise en place de cette nouvelle liaison transfrontaliere il y a quelques annees...
Nous montons ensuite dans un nouveau petit bateau qui traverse le Lago del Deserto en passant au pied de magnifiques glaciers puis rebasculons dans un bus argentin qui nous mene, en 2h de piste inconfortable, jusqu'au village de Chalten, au pied du fameux Fitz Roy (3405 m).
Les enfants, qui avaient remarquablement resiste jusque la, s'effondrent de sommeil dans le bus. Nous arrivons a 22h, apres 14h de voyage et seulement 130 km parcourus dans l'un des territoires les plus recules du Chili.
Ce n'est pas encore fini puisqu'il faut nous creuser la tete une fois arrives pour trouver des pesos argentins, les pesos chiliens etant curieusement refuses dans cette ville frontiere. Tout s'arrange avec la gentillesse des argentins et nous terminons cette longue journee par un bon steack dans un endroit chaleureux.

lundi 17 novembre 2008

Les animaux du bord Pacifique

Au bord de la plage, nous avons rencontre de nouveaux animaux (voir legendes album 3).
Le goeland dominicain, la sterne Inca, l'huitrier d'Amerique et le pelican brun.
Les pelicans bruns sont decrits comme des especes vivant sur des ilots isoles le long de la cote ou sur des etangs peu frequentes mais il doit y en avoir des plus malins que d'autres qui aiment bien la vie facile. Ils se regroupent au bord de la plage, pres des pecheurs, et attendent patiemment les restes de poissons.
De la meme maniere, il est facile de voir des lions de mer (otaries a criniere) qui attendent patiemment que quelques morceaux echappent aux pelicans.
Sur les memes rochers, nous avons pu voir deux especes de pingouins.
Le pingouin de Humboldt vient du nord, sur la côte chilienne. On le reconnait car il n'a qu'un collier noir sous le cou et, comme il ne se lave pas avec Mir laine, il a des couleurs un peu delavees. Le noir est un peu gris et le blanc est un peu jaunie. Par contre le pingouin de Magellan, qui vient du sud, a deux colliers sous le cou et la plume soyeuse.
Les deux especes se sont donnees rendez vous a Pinihuil pour se raconter les aventures de l'hiver. Il faut dire que le coin est tres sympa.
Toujours au meme endroit, il y avait trois especes de cormorans. Le cormoran de Gaimard, tres elegant avec ses pates rouges, le cormoran de magellan et le cormoran vigua, plus commun.
Les cormorans peuvent plonger a plus de 20 metres de profondeur. Ils ne possedent pas de glandes qui rendent leurs ailes impermeables et l'eau peut ainsi s'infiltrer dans le plumage et le rendre plus lourd. L'inconveniant c'est qu'ils doivent se secher apres, c'est pouquoi on les voit souvent poses avec les ailes deployees.
Le brassemer cendre est un canard qui a des ailes atrophiees, il ne peut donc plus voler.
Nous avons aussi rencontre une loutre marine qui degustait tranquillement son crabe entre ses patites pattes, tout en faisant la planche.

La douceur chilote

¡Hola!
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Vous allez dire qu'on en fait trop mais decidement, ce voyage est un enchantement! On a une chance folle avec la meteo et les bons plans se succedent. Ca m'inquiete un peu pour la suite d'ailleurs. A-t-on epuise notre quota?
Toujours est-il que nous avons debute notre sejour sur l'ile de Chiloe par un vrai petit coin de paradis, ou nous etions quasiement seuls avec quelques chilotes adorables.
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13/11/2008 : nous quittons la region des lacs (Araucanie) pour Puerto Montt, la grande ville du coin, sans grand interet visuel, ou nous essayons d'organiser le caneva de nos trajets en Patagonie chilienne. D'amblee, nous comprenons que cela va devenir plus difficile. Tout d'abord les ferrys sont tres chers et la plupart ne fonctionne qu'a partir de janvier. Par ailleurs, mais nous etions prevenus, la route australe est interdite a toute circulation autour de Chaiten qui a ete totalement evacuee puis devaste par une eruption volcanique cette annee. Enfin, nous n'obtenons que des infos contradictoires sur les lignes de bus dont certaines ne fonctionnent qu'une fois par semaine... Finalement, nous sommes obliges de passer par l'Argentine pour revenir ensuite au Chili au sud de Chaiten, apres un voyage de 26h, cette fois sans fauteuil lit. Notre depart est reserve pour le 19/11. La suite reste encore un peu aleatoire mais on compte sur notre bonne etoile.
Nous prenons ensuite un bus pour Ancud, premiere ville au nord de l'ile de Chiloe, d'ou nous attrapons au vol un car de ramassage scolaire, dans l'idee d'aller dormir a Pinihuil, un petit hameau de pecheurs d'ou nous pouvons aller voir des pingouins sur des ilots cotiers. Le bus nous pose a 2km du hameau et nous donne l'occasion de tester les roulettes de notre enorme valise sur les chemins pierreux qui ne font que monter et decendre... Nous ne savons pas bien ou nous allons atterrir, ni meme s'il y a reellement des logements dans ce petit bout du monde, et c'etait le dernier bus. Notre situation nous fait sourire (les enfants aussi...). Et puis tout s'enchaine tres vite : des pecheurs nous prennent en stop et nous deposent devant des "cabanas" ou nous accueille une dame tres gentille. Nous tombons tout de suite sous le charme de ces petits bungalows dominant deux plages sauvages et des ilots rocheux magnifiques. Nous nous retrouvons avec un appartement grand confort et une vue inouie pour seulement 35 euros (on est au Chili tout de meme). C'est decide, nous y resterons 2 nuits. Nous descendons ensuite par un chemin bucolique jusqu'a la plage quasi deserte ou nous observons des pecheurs en train de nettoyer leurs filets (en fracassant les crabes accroches a coup de batons, soit dit en passant...).
A Pinihuil, il n'a que quelques baraques et un resto mais aucun commerce. Ce sera donc le resto pour ce soir, ou nous degustons les poissons du coin. La remontee a la cabana au soleil couchant nous laisse reveur. Nous terminons comme souvent par une histoire inventee que je raconte aux enfants, faute de livre, avec pour seule trame la couleur, l'objet, le personnage et le lieu qu'ils me donnent a tour de role.
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14/11/2008 : il fait beau et le lever de soleil depuis la salle a manger nous met en appetit. Ca tombe bien, notre hote nous apporte lepetit dej et des pains maison. Nous faisons ensuite un peu d'ecole avant de redesendre a la plage pour retrouver des pecheurs qui vont nous emmener observer les fameux pingouins (seul endroit au Chili ou l'on peut observer a la fois ceux de Magellan et ceux de Humbolt). Nous avons la chance de voir aussi une loutre de mer et bien d'autres oiseaux que Marion vous decrira mieux que moi.
Pour le dejeuner, nous avons pu nous organiser et nos hotes nous preparent un poisson et une salade livres a la cabana. Le luxe... L'apres midi, nous partons a l'aventure avec les enfants, jusqu'a trouver une sente qui nous mene a une plage secrete et meme une grotte, tandis que Marion explore une autre plage en courant. La lumiere est magnifique, sans un nuage.
Pour couronner cette belle journee, le proprietaire des lieux, tout aussi adorable que sa femme, nous invite a aller chercher oursins et coquillages a maree basse avec lui. Nous en degustons avec un peu de citron sur les rochers, en guise d'aperitif (tres peu pour les enfants).
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15/11/2008 : nous partons presque a regret de ce lieu. Le retour s'annonce pourtant beaucoup plus simple, puisque le proprietaire nous ramene jusqu'a Ancud en voiture.
Nous repartons directement sur Castro, la ville principale de Chiloe, reputee pour ses Palafitos (cabanes de bois peints sur pilotis). Le temps est toujours magnifique, ce qui est assez rare a Chiloe, et nous decouvrons la ville avec nonchalance.
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16/11/2008 : apres un footing-photo du cote des Palafitos au soleil levant, nous nous retrouvons pour le petit dejeuner puis traversons l'ile en direction de la cote sauvage et du Parc National, ou nous attend une plage immense, deserte... et imbaignable biensur!
Ce soir, c'est cuisine a la maison et permission de tele jusqu'a 10h pour les enfants (ils l'ont dans leur chambre...).
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Le journal des parents risque de s'espacer davantage dans les prochaines semaines, avec l'entree dans les coins les plus recules d'Amerique du sud, a savoir la Patagonie chilienne jusqu'a Villa O'Higgins, au terminus de la route australe. Nous allons tenter de rejoindre la Patagonie argentine et le massif du Fitz Roy comme prevu, c'est a dire en bateaux et a cheval, avec tous nos bagages. On verra bien.
On vous embrasse.

jeudi 13 novembre 2008

Ambiances lacustres en Araucanie

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¡Buenas!
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Quel changement radical de climat et d'ambiance en une nuit de bus, apres plus d'un mois entre deserts et landes arides! L'eau est ici omnipresente, tout comme la neige et la foret, et nous avons l'impression d'arriver dans l'ouest canadien.
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07/11/2008 : Nous decouvrons Pucon sous un ciel gris et menacant mais la journee est de toutes facons consacree aux reperages pour les trois jours suivants. Tout a change ici : on trouve de petites maisons en bois sombre, des indiens mapuche, de grands lacs aux eaux bleu sombre, des neves des 1300 m d'altitude, des vaches, des moutons, des pelouses bien vertes et de vastes forets tres riches en especes d'arbres (des sortes de hetres associes a des sortes de chenes verts, des buis, des boulots, des fougeres... et plus haut en altitude, de grands arbres degarnis avec de petits airs de baobabs et les fameux araucarias). Pas de doute, on s'approche de la Patagonie.
Nous trouvons tout de suite un tres bon logement a un prix tres raisonnable, un appartement avec salon et cuisine, ou nous passons une bonne partie de la journee, ponctuee de quelques virees pour faire les courses, se renseigner dans les agences de tourisme et se ballader au bord du lac de Villarica sous un vent violent.
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08/11/2008 : depuis hier soir, c'est le deluge... Il fait 10 degres, le vent souffle en rafales et toute tentative de sortie se termine par un retour en courant a l'appartement, en sautant les ruisseaux qui courent les rues, trempes jusqu'aux os. Heureusement, on a la TV et on en profite pour faire un peu d'ecole. Le soir, une accalmie nous permet d'aller faire de nouveau un tour aux jeux et au lac.
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09/11/2008 : ce matin, le ciel est encore couvert mais on devine enfin le volcan Villarica (2847 m) au soleil, par dessus la mer de nuage. Nous decidons alors de louer une voiture pour visiter les coins non desservis en bus, comme la cascade du Lion et le magnifique lac Caburgua ou nous faisons un tour en pedalos. Cette journee devient vite radieuse et nous decouvrons avec bonheur ces massifs sauvages qui nous font penser a la Colombie britannique. Le coucher de soleil sur le volcan Villarica depuis Pucon est splendide. Nous comprenons enfin ce qui fait le charme de cette station extremement touristique l'ete.
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10/11/2008 : nous prenons le bus a 8h30 pour aller randonner dans le Parc National de Huerquehue, a 1h de Pucon. Le temps est magnifique et les enfants vont nous epater en marchant 6h, avec 700 m de denivelee montee, et une redescente tous les quatre en courant, a tenter de se doubler dans les lacets du sentier. Nous sommes eblouis par ses paysages de foret primitive aux allures prehistoriques, avec les silouhettes d'araucarias dominant un reseau de lacs a 1300 m d'altitude. Nous revenons claques mais heureux.
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11/11/2008 : transfert en bus a Puerto Varas, 300 km plus au sud, au bord d'un immense lac ou se reflete le volcan Osorno (2660 m).
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12/11/2008 : encore une magnifique journee dans le Parc National Vicente Perez Rosales, avec kayak sur un lac sauvage et visite des cascades de Petrohue.

vendredi 7 novembre 2008

La cite des arts

Nous venons d'entamer la moitie sud de notre voyage, et par la meme occasion la deuxieme moitie de nos 3 mois de vacances. Le temps passe finalement assez vite, chaque jour apportant ses nouvelles decouvertes et rencontres. Nous voici donc arrives ce matin a Pucon, 800 km au sud de Santiago, dans un univers beaucoup plus humide et forestier, apres 4 jours delicieux a Valparaiso.
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05/11/2008 : nous souhaitions passer la journee a Quintay, un village niche au bord de l'ocean, avec sa plage encore preservee du beton, quelques dizaines de km au sud de Valparaiso. Mais en ce moment, nous ne parvenons a decoller de notre tres confortable logement qu'en fin de matinee, et nous apprenons que le bus part a 8h ! Ce sera donc peut-etre pour demain, si nous parvenons a nous motiver... Nous quittons alors la gare routiere pour monter a pieds dans les cerros les plus eloignees du centre (collines de Valparaiso ayant un petit air de favelas) et serrons les fesses (ou plutot sac et appareil photo) dans certaines ruelles desertes. Meme les gens du coin, tres causants au demeurant, nous conseillent de faire attention a nos affaires. Un francais logeant avec nous (salut Maximilien) fera malheureusement les frais de cette delinquence l'apres-midi meme, en etant frappe et depossede de son appareil photo par 3 jeunes a 2 pas de l'hotel. Cela ne nous empeche pas d'apprecier ces quartiers a la fois delabres et photogeniques, fourmillant de scenes insolites.
Partis pour acheter un picnic, nous nous laissons seduire par les soupes de fruits de mer et poissons du marche central. Un vrai regal et une ambiance tres populaire dans ce resto apparemment repute, qui a recu recemment la visite de la Presidente de la Republique, comme en temoigne une photo a cote de notre table. On se croirait en train de manger la bouillabaisse dans le Vieux Nice...
L'apres-midi et la soiree sont tres calmes, passees en grande partie dans le salon de notre hotel, a faire travailler les enfants, trainer sur l'ordi et bavarder avec les autres francais. On a la maison pour nous. On croise par hasard Rodrigo que nous avions appele la veille pour diner ensemble, sur les conseils de Bruno et Cedriane qui le connaissent bien (un ami d'enfance de Bruno). Il nous fait visiter son labo photo a 50 m de l'hotel (il realise des reportages de tres grande qualite pour la France et le Chili) et nous prevoyons de nous revoir avec sa famille le lendemain, avant de prendre notre bus de nuit pour Pucon.
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06/11/2008 : nous n'avons pas cherche a prendre le bus de 8h... Heureusement, nous partons finalement pour la plage de Laguna Verde (encore une), a priori tout aussi souvage mais plus pres et bien plus souvent desservie en bus. Nous avons la chance d'etre accueillis dans la cour d'une maison particuliere, a l'arriere d'une epicerie, pour manger notre picnic a l'abri d'un vent froid qui n'invite pas a la baignade. Les enfants peuvent meme jouer un moment avec la petite fille de la famille qui rentre de l'ecole.
De retour sur Valparaiso, Rodrigo vient nous chercher avec nos bagages a l'hotel et nous allons gouter chez lui, en compagnie de sa femme Anna Maria et de sa fille de 2,5 ans, Anastasia. Nous passons un tres bon moment et Rodrigo nous met l'eau a la bouche en nous parlant avec amphase de la Patagonie (un paradis pour photographes!). Nous joignons quelques photos d'eux, specialement pour Bruno et Cedriane que nous remercions beaucoup pour cette belle rencontre.
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A bientot pour le recit de nos aventures a Pucon, entre lacs, volcans enneiges, cascades et sources thermales...

mardi 4 novembre 2008

De l'Aconcagua a Valparaiso

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Bonjour a tous
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01/11/2008 : dans la foulee de notre dernier message, nous nous sommes retrouves en famille devant la glace de notre salle de bain, pour improviser a la hate des maquillages qui font peur (c'est reussi non, la photo fait peur ?) Nous avons ensuite rejoint la famille de Leandro (Leo pour les intimes) et Maryline et son copain (la prof de francais pour ceux qui n'ont pas suivi), pour une soiree festive mais aussi d'adieux, sachant que nous partions le lendemain matin. Encore un grand merci a toute la famille Farina, y compris les grands parents, pour leur accueil, leur disponibilite et leur gentillesse.
Changement de programme le lendemain, avec un depart en bus a 10h pour Puente del Inca, un hameau de montagne situe au pied de l'Aconcagua, a 2700 m, sur la route de Santiago. Petite inquietude avant de partir, nous n'avons plus assez de liquide pour rejoindre Santiago et le DAB du terminal de bus est en panne. Heureusement, nous retrouvons des pesos chiliens qui vont nous sauver la mise a la frontiere. Nous traversons la Precordilliere encore aride avant de nous enfoncer dans la haute chaine, avec l'apparition de neves, de pelouses et de hautes parois rocheuses. Apres toutes ces semaines desertiques et ces derniers jours a tourner en ville, j'eprouve un profond bien-etre a rejoindre ces ambiances alpines (desole, c'est plus fort que moi !) Nous traversons Penitente, une petite station de ski, avec ses batiments un peu tristes, ses quelques teleskis et telesieges et meme ses murs paravalanches. 6 km plus loin, le bus nous depose a Puente del Inca, sous un ciel radieux mais tres vente. Apres une heure de conciliabules pour l'achat des billets de bus du lendemain et le choix de l'hotel, avec paiements mixtes en pesos chiliens et argentins, nous nous lancons tambours battants dans une randonnee de 3h avec les enfants pour aller voir la face sud de l'Aconcagua, a l'entree du parc national du meme nom. Il est deja 16h et le vent de face nous empecherait presque d'avancer. Apres moultes charades et negociations, nous arrivons a la maison des gardes et au point de vue, pour constater que l'Aconcagua est perdu dans les nuages... Les autres sommets enneiges de 4000 a 5000 m se refletant dans de petits lacs valaient quand meme le deplacement. Et puis j'ai le plaisir de rencontrer trois scientifiques de l'Institut Argentin de Nivologie et de Glaciologie, avec qui nous discutons d'avalanches, de logiciels de simulation, de cartographie des risques, sans oublier d'echanger nos mails pour d'eventuels contacts professionnels a venir. La chance nous sourit encore lorsque nous tombons sur une famille d'argentins tres sympa qui nous redescend en 4x4 jusqu'a notre hotel, en nous posant plein de questions sur l'image que nous nous faisons des argentins. Rassures sur leur sort, les enfants s'endorment tous les deux dans la voiture...
La soiree est des plus calmes, comparee aux sorties mendoziennes, d'autant que nous sommes les seuls clients de l'hotel, perdus au milieu d'une immense salle de restaurant.
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02/11/2008 : comme convenu la veille, je me leve a 6h30 pour gravir quatre a quatre le raide versant qui domine le hameau, jusqu'a pouvoir contempler la face sud de l'Aconcagua dans les meilleures conditions. Motive comme je l'etais, je n'allais pas en rester a la version censuree de la veille... La version matinale depasse mes esperances, avec un temps splendide et un panorama a couper le souffle, a 3600 m. Le coeur leger, je redescends en courant ces pentes terreuses pour arriver juste a l'heure pour le petit dejeuner.
Nous avons ensuite tout le temps d'aller visiter l'etonnant pont de tufs souffres qui enjambe la riviere bouillonnante a deux pas de l'hotel, d'enchainer de folles parties de babyfoot avec les enfants puis de discuter avec un guide de haute montagne adorable qui tient le bar du coin, avant de prendre notre minibus pour Santiago, a 12h.
Le chauffeur nous met tout de suite la pression pour monter au plus vite et arriver a la frontiere chilienne avant les bus suivants, car chaque bus supplementaire represente 1/2 h d'attente a la douane. Passe cette epreuve finalement pas si terrible, notre chauffeur s'avere tres souriant, voire charmeur avec Marion qui a le privilege d'etre assise a l'avant. J'ai quand a moi la chance d'etre assis au fond du bus, entre les enfants et une charmante argentine de 26 ans, journaliste, avec qui je bavarde jusqu'a Santiago.
Nous retrouvons avec plaisir le quartier Brazil a Santiago, ou nous avions sejourne en septembre, et avons droit cette fois a une magnifique chambre avec lit double et mesanine pour les enfants, pour un prix de dortoir...
Et pour couronner cette magnifique journee, nous sommes a nouveau invites a diner chez Francois et Paola, mais cette fois dans leur appartement en ville. Nous faisons la connaissance de la maman de Paola de son conjoint, et passons de bons moments tres detendus, en parlant de leur ile de Paques que nous n'irons pas visiter (une faute de gout comme dit Francois...)
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03/11/2008 : aujourd'hui nous avons rendez-vous avec l'ocean ! Marion etait en train de se deshydrater serieusement et notre arrivee a Valparaiso en milieu de journee nous rejouit tous. Nous trouvons une charmante maison traditionnelle reconvertie en hotel sur le Cerro Conception, en plein coeur du Valparaiso typique, avec ses facades de bois ou toles muticolores et ses ruelles pentues et biscornues, dominant un vieux port de commerce. C'est deja chouette dans la brume matinale et devient carrement superbe avec la lumiere vive de fin d'apres-midi. Nous nous sommes laisses convaincre de monter sur un petit bateau pour touristes, pour faire le tour du port et voir des lions de mer. Nous avons finalement vu beaucoup plus d'animaux marins depuis la plage, face a la halle des pecheurs, attires par les restes de poissons.
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04/11/2008 : enfin une journee a la plage, douce et joyeuse du matin au soir. Nous repassons voir les pecheurs vers 11h, en pensant voir leurs poissons, mais nous sommes encore hors delais, puisqu'ils partent pecher a 3h et rentrent a 8h ! Par contre les pelicans, goelands, sternes inca et lions de mer sont bien au rendez-vous et forment un vrai balet sous, sur et au-dessus de notre ponton.
Les vraies plages se trouvant dans la ville voisine de Vina del Mar, nous suivons le littoral a pieds jusque la, ce qui nous prend quand meme pres de 2h. Nous nous installons sur une belle plage quasi deserte pour picniquer et tenter de nous baigner. Malheureusement, le froid courant de Humbolt nous repousse comme a Arica, et nous regagnons notre serviette les jambes rougies, en penant a nous rechauffer, meme en plein soleil, a cause d'une brise assez fraiche.
Vina del Mar est totalement differente de Valparaiso : c'est LE spot du tourisme balneaire chilien, avec ses immeubles en front de mer, ses palaces et hotels de luxe (Sheraton...), ses avenues bordees de palmiers et ses vieux chateaux Belle Epoque. On retrouve un petit quelque chose de Cannes et Theoule sur Mer.
L'apres-midi se termine a la table d'un cafe, en bord de mer et a cote d'une aire de jeux, pour faire plaisir aux enfants avant de les remettre au travail pendant une heure (en France les cours vont bientot recommencer).
Nous revenons diner dans le coin des pecheurs, pour deguster des poissons grilles (histoire de changer des viandes andines) et admirons le coucher de soleil d'une petite terrasse idealement placee.
Nous rentrons a l'hotel par un bus roulant a tombeau ouvert (comme la plupart des bus ici) et, valdingue de tous les cotes, je manque d'eborgner le chauffeur avec le tapis gonflant roule dans mon sac a dos. Cela fait bien rire Noa et Mathis qui sont fin excites (pourtant ce ne sont pas eux qui ont bu le blanc) et nous avons du mal a faire redescendre la pression avant de les coucher.
Je termine ce message en savourant l'avance importante d'Obama dans les depouillements de votes.
Nous pensons rester sur Valparaiso jusqu'au 7, pour ensuite descendre vers Pucon.
A bientot.

samedi 1 novembre 2008

Vins, barbecues et accueil argentin

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Bonjour a tous
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Nous terminons notre sejour a Mendoza, marque par l'accueil tres chaleureux de la famille Farina, apres une liaison en bus raccourcie depuis Cafayate.
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Du 26 au 28/10/2008 :
Le 26 nous nous rendons a Belen comme prevu, en deux etapes, avec pour finir un vieux bus tres typique, qui nous rappelle un peu les ambiances boliviennes. Belen est une toute petite ville au pied de la precordilliere, ou nous trouvons un hotel calme et tres economique, sur les conseils du directeur du service touristique municipal qui faisait le voyage a cote de nous... Le soir, nous cherchons pendant longtemps un resto ouvert le dimanche, pour nous rabattre finalement sur un petit snack, aux premieres loges pour assister au retour triomphale d'une equipe scolaire de volleyeurs recompenses d'une medaille d'argent au niveau national. De quoi mettre un peu d'ambiance sur la place centrale.
Le 27 nous visitons un peu Belen, sa vierge haute de 25 m dominant la ville, ses ateliers de tissage de ponchos et ses snacks, jusqu'au depart du bus pour La Rioja, cette fois encore avec une correspondance. La repetition des trajets est un peu lassante et lorsque, arrives a La Rioja dans l'apres-midi, nous nous apercevons que les hotels sont tous assez chers et eloignes, nous nous decidons a reprendre un bus de nuit longue distance, histoire d'economiser un hebergement et de profiter de nos futures journees. Dans l'immense gare routiere qui ressemble a un aeroport, nous apprenons qu'il n'y a pas de bus pour San Augustin et la Valle de la Luna (un parc naturel que nous voulions visiter) avant le 29. Un peu demotives par les paysages de desert, nous decidons de partir directement sur Mendoza, et gagner ainsi 2 jours sur le programme. Le bus, qui devait partir a 23h30, aura finalement plus d'une heure de retard, ce qui nous laisse largement le temps de retourner diner dans le centre et de nous endormir sur les quais deserts du terminal...
Le 28, nous prenons le petit dej au teminal de bus de Mendoza (on s'y sent chez nous maintenant) et appelons Leandro, le joueur de rugby argentin que nous avions rencontre a Chambery, et qui nous avait tres gentiment propose de nous recevoir chez lui a Mendoza. Il vient nous chercher avec sa fourgonnette qui lui sert maintenant a livrer du mobilier pour les mariages et les anniversaires, et nous conduit a l'hotel d'un de ses copains d'enfance, qui nous fait un super prix. Nous allons ensuite dejeuner ensemble dans le centre tres anime et moderne de Mendoza. C'est une ville couverte d'arbres et irriguee par la fonte des neiges andines, a l'aide de milliers de canaux, qui contraste avec les landes arides environnantes. Le niveau de vie de la plupart des gens dans le centre a l'air assez eleve, les magasins de luxe courent les rues, et les tres bons restaurants affichant une panoplie de bouteilles de vins impressionante sont pleins d'argentins midi et soir (vegetariens s'abstenir). Le metissage est discret et la plupart des habitants sont plutot blancs de peau. Le soir, nous faisons la connaissance de Carolina, la femme de Leandro, et de Augustina, Juan et Mili, leurs enfants de 10, 8 et 6 ans. Une fine equipe s'organise tout de suite, d'autant plus vite que les enfants de Leandro ont appris le francais pendant deux ans en France, lorsque Leandro jouait a Paris puis a Chambery.
Le 29, nous avons la chance de pouvoir emmener Noa et Mathis en cours de francais dans l'ecole privee bilingue des enfants Farina, ou Carolina enseigne. Nous restons un peu avec les eleves et leur maitresse francaise, Mariline, histoire de les faire parler francais et de leur montrer des photos de Chambery sur internet. Noa et Mathis ressortent ravis. Le soir nous avons droit a notre premier barbecue, une institution en argentine, et surtout un vrai regal. Nous sympathisons avec un couple de suisses qui se sont fait voler leur sac quelques heures auparavant en pleine ville, un flingue braque sur eux. Ca rassure...
Le 30, nous partons visiter les caves du vignoble de Mendoza, qui represente 70% des vins argentins, mais non sans mal, tant les lignes de bus sont nombreuses et compliquees, sans aucun plan. Nous en profitons pour circuler en velo au milieu des vignes et des oliviers. La visite est tres cadree et la degustation, payante, manque un peu de folklore. Il faut par contre reconnaitre qu'on trouve de tres bonnes bouteilles. Le soir, nous ressortons en ville avec les Farina, mais pas avant 23h, comme il se doit en Argentine. Nous rentrons a l'hotel a 2h30 et retrouvons les enfants sagement endormis, le portable a cote d'eux, avec notre numero en memoire au cas ou.
Le 31, nous cherchons des deguisements pour la fete d'Halloween mais quasiment rien dans l'immense Carrefour du centre ville. Nous mettons 1h30 en bus pour retourner chez les Farina ou un deuxieme excellent barbecue nous attend. Nous sommes vraiment recus comme la famille alors qu'ils ne nous connaissaient pas. C'est impressionnant. Nous sortons de table a 18h30 et retournerons feter Halloween avec toute la troupe vers 22h. Je crois que cette fois nous sommes bien dans le rythme...
Demain nous irons rendre visite a l'immense face sud de l'Aconcagua, le plus haut sommet du monde hors Asie, puis poursuivrons jusqu'a Santiago dimanche.

dimanche 26 octobre 2008

Premiers contacts avec l'Argentine

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23/10/2008 : nous sommes bien partis en bus comme prevu vers 9h pour Salta, en Argentine, et le sortilege qui nous liait a San Pedro s'est efface. Apres une montee spectaculaire (+ 2500 m de denivelee en 40 km, sans un virage...), nous avons retrouve les paysages lunaires d'il y a 4 jours, entre 4200 et 6000 m, avec quelques belles lagunes aussi cotes chiliens et argentins, puis une route en montagnes russes entre salar, canyons de catcus et vallees aux roches multicolores. Nous commencons a connaitre. La nouveaute fut l'apparition d'une strate herbeuse (si, si) et de boisements sur les collines environnant Salta, a 1200 m d'altitude, le tout sous une mer de nuages venant des plaines de l'est argentin.
Ebetes par les 10h30 de bus sans pause, nous posons nos sacs a l'hotel reserve et partons aussitot a la recherche d'un bon petit resto dans le centre. Salta est une assez grosse ville, tres animee, surtout la nuit, avec beaucoup de commerces et de beaux edifices coloniaux magnifiquement illumines.
Nous avons eu droit ce soir la a un service digne d'un resto gastronomique, avec un pave de boeuf argentin delicieux, pour seulement quelques euros par personne.
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24/10/2008 : nous ne voulons pas rester sur Salta et trouvons un bus pour Cafayate, 170 km au sud, avec un depart a 13h. En attendant, nous experimentons les croissants argentins a la confiture de lait et profitons d'un parc et de son plan d'eau pour le pic-nic.
Le voyage ne dure que 4h et nous apercevons a travers les vitres sales du bus de magnifiques rochers rouges et jaunes, ternis par de nombreux nuages. Peut-etre aurons nous l'occasion de revenir nous ballader demain dans ces canyons de la vallee de la Lerma.
A Cafayate, nous trouvons un hotel tres sympa, avec de multiples terrasses sur les toits dominant une belle place arboree, et une grande cuisine commune. Nous en profitons pour nous faire a manger et echanger quelques mots avec des anglais et des americains. Ce soir, il a un match de foot a la tele : Tucuman contre Buenos Aeres.
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25/10/2008 : contrairement a hier, il fait grand beau et nous decidons de profiter de Cafayate pendant une journee complete. Nous reservons donc nos places pour une apres-midi dans les canyons de la Lerma et nous faisons indiquer une chevrerie a 2 km du village, que l'on peut visiter. Faute de velo a la taille des enfants, nous y allons a pieds alors qu'il fait deja plus de 30 degres. Nous traversons des parcelles de vignes qui couvrent ici presque toute la vallee, a 1800 m d'altitude. Elles sont taillees pour atteindre plus de 2 m de haut et donnent de tres bons vins qui font vivre toute la region. La visite de la chevrerie est tres interressante et nous avons une pensee pour Seb et surtout pour Laurent. Il y a 400 chevres a traire, mais seulement une fois par jour, avec du materiel tres moderne. Le lait de chevre est de plus en plus vendu mais les produits phares sont les tommes au basilic, a l'ail et au persil ou au piment. Malheureusement, la pasteurisation leur donne un petit cote caoutchouteux. Nous en prenons deux que nous allons deguster avec un vin de la vallee sur la terrasse de l'hotel.
L'apres-midi est magnifique dans les canyons, encore plus hauts et multicolores qu'a Tupiza. La traversee d'une riviere pieds nus et l'escalade de "la gorge du Diable" ont l'avantage de remotiver Noa et Mathis qu'il fallait tirer comme des charrues dans les parties trop plates.
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Demain, nous esperons prendre le bus de 11h pour Santa Maria, avec une correspondance a 14h pour Belen. De la, il nous restera environ 3 jours pour arriver a Mendoza.
On vous salue bien bas.

mercredi 22 octobre 2008

Dessins de Noa et Mathis

Bonjour aux classes de GS et CE1

Vous pourrez decouvrir les derniers dessins de Noa et Mathis dans l'album 2.
A bientot.

San Pedro, la ville dont on ne sort pas !

 
Apres nos 5 jours dans le sud Lipez (cf notre recit ci-dessous), nous avons d'abord profite puis subi ce charmant village.
 
20/10/2008 : Nous pouvons enfin louer des VTT pour aller faire un tour dans les environs de san Pedro avec les enfants. Nous experimentons la troisieme roue avec Mathis, tandis que Noa pedale toute seule. Nous remontons une petite riviere jusqu'a nous retrouver dans une ambiance comparable aux canyons de Tupiza, avec en prime un passage de gue cette fois inonde.
L'apres-midi, nous nous joignons a une visite organisee pour decouvrir la vallee de la lune, des monticules de sables et cristaux de sel dans un environnement d'une aridite extreme, avec en toile de fond les volcans de 5000 a 6000 m que nous avons cotoye les jours precedents (cf les dernieres photos de l'album 2). Les enfants se regalent a devaler les dunes et escalader les ponts de sel, sous le regard amusee de notre jeune et sympathique  guide qui parle un peu le francais. Nous croisons pour la premiere fois une famille de touristes avec enfants, en camping car, qui vient cette fois encore de la Haute Savoie.
Nous rentrons apres le coucher du soleil et pouvons enfin tirer de l'argent, avant d'aller diner dans un bon petit resto tenu par une parisienne qui vend du tres bon vin chilien.
 
21/10/2008 : nous aurions aime partir aujourd'hui pour l'Argentine en bus, via Salta, mais il n'y a que 3 bus par semaine et plus de place avant le 24. Nous nous renseignons pour louer une voiture mais il faut payer 200 euros pour la seule autorisation de passer la frontiere avec une voiture de location, et ils ne la delivrent pas a San Pedro. Nous allons alors a pieds jusqu'a la douane pour se renseigner sur le stop. Cela semble jouable mais c'est trop tard pour aujourd'hui, les 10 h de route obligeant les camions a partir vers 8h.
Nous nous installons donc dans un hotel pres de la douane puis passons le temps, en allant sur internet, en faisant reviser Noa pour ses evaluations, en visitant un musee d'archeologie et en faisant quelques achats d'artisanat.
 
22/10/2008 : motives a bloc, nous quittons l'hotel a 7h30 pour nous poster au poste de douane, prets a intercepter tous les pickups et les camions en direction de l'Argentine. Apres deux heures d'effort, nous baissons les bras. Le trafic est d'ailleurs redevenu nul... Entre les chauffeurs de camions qui ne veulent pas prendre la responsabilite de passagers ou qui n'ont pas de place et les voitures bondees (ici il n'y a pas de probleme de covoiturage), ce n'est vraiment pas le paradis des autostoppeurs. Nous rentrons en ville, ou evidemment il n'y a plus de bus avant le 26. Nous en sommes finalement reduits a reserver un minibus prive pour le 23, deux fois plus cher que le bus (soit environ 250 euros). Si en Bolivie nous arrivions a tenir notre budget avec en moyenne 45 euros par jour a 4, ces 3 jours au Chili nous le fait exploser, avec 120 euros par jour...
Nous avons encore change d'hotel, pouvons rediger un guide sur les logements et restaurants de la ville, et esperons que le bus partira bien a l'heure, pour ne pas arriver trop tard a Salta.
 
A suivre dans quelques jours...
Et merci pour vos derniers messages auquels nous essayerons de repondre.

Sommes-nous encore sur Terre ?

 
Bonjour a tous !
 
Ces temps-ci, le temps me manque un peu pour tenir a jour notre carnet de route. Vous aurez pu deja deviner notre itineraire grace aux photos, jusqu'a San Pedro de Atacama, cote chilien, ou nous nous trouvons depuis 3 jours.
 
15/10/2008 : comme prevu avec l'agence de voyage que nous avions deja repere en France, "Tupiza Tours", nous partons vers 9h pour une traversee de 4 jours dans l'un des deserts les plus secs, les plus hauts et les plus beaux du monde, a savoir le sud Lipez, ou desert d'Atacama. Nous avons convenu que le chauffeur nous laisse a une auberge a cote de la Laguna Verde, pour que nous puissions gravir, si possible, le volcan Licancabur (5963 m) le 5eme jour au matin, pendant qu'une personne de l'auberge garde nos enfants. Nous faisons connaissance avec notre chauffeur de 4X4, Fredy, un bolivien d'environ 40 ans, fils d'agriculteur a Tupiza, qui ne parle pas le francais mais avec qui le contact passe tout de suite bien. Il est accompagne d'une cuisiniere, Marina, agee de 26 ans, un peu plus reservee mais que les enfants vont vite adopter.
Nous attaquons directement par 6h de piste dans les montagnes arides de la region d'Atocha (petite ville miniere ou nous nous arretons pour le dejeuner). Nous avons alors l'occasion de decouvrir les talents de cuisiniere de Marina, avec une specialite locale a base de brisures de mais envoloppee dans des feuilles de mais. Nous pouvons passer notre musique grace a une prise USB sur le poste de Fredy, et ainsi alterner les styles...
Nous traversons Uyuni sans y preter attention, tant cette ville nous parait morne par rapport a Tupiza, et atteignons finalement notre hotel de sel a Colchani, sur la bordure est du Salar d'Uyuni. C'est la que le Salar est le plus productif en sel, et donc le plus exploite, avec ses tas blancs comme neige devant les maisons en terre. Pour le coucher de soleil, Fredy nous emmene sur le Salar que nous n'avions encore qu'entre apercu. Et la c'est le choc de chez choc ! Une impression grandiose, de jamais vu, et le sentiment de se retrouver sur la banquise polaire... en Tshirt ! Nous profitons une heure des lumieres changeantes sous un ciel menacant. Fredy me dit qu'il ne pleuvra pas. (Il n'a pas plus depuis des mois ici). Je parie le contraire. Le vent se leve, les etoiles reaparaissent et Fredy savoure sa prochaine victoire. Apres un excellent repas seul dans notre salon en briques de sel et plancher en cristaux de sel, nous nous couchons sur des matelas... en mousse. Vers 2h30 du matin, nous sommes reveilles par de fortes averses de pluie !
 
16/10/2008 : debouts vers 7h, nous constatons avec soulagement que le ciel se degage peu a peu. Nous saluons un groupe de hauts savoyards que nous avions vu a La Paz et partons pour une traversee du Salar, avec une pause dejeuner sur l'ile du Pecheur, un gros tas de lave couvert de cactus en plein milieu de cette immensite blanche. C'est tellement beau que nous sommes tout excites, autant les enfants que les parents, et Marina s'en donne a coeur joie avec Noa et Mathis. Nous improvisons des courses en relais, parties de foot et jeux de boules avec des galets sur ce plus grand terrain du monde.
Fredy nous emmene ensuite a un deuxieme hotel de sel, plus recule, a l'autre bout du Salar. Apres une bonne biere avec notre equipe, Marion part explorer la colline pendant que je fais dessiner les enfants, qui ont trouve un petit copain de 4 ans, le fils du patron. Ils sont adorables et bien calmes tous les trois jusqu'au diner.
 
17/10/2008 : je me leve vers 5h pour aller a mon tour explorer le mirador sur le Salar au lever du soleil. Decidemment, le temps est assez nuageux et brumeux ces temps-ci, mais de rares instants m'inspirent quand meme. Nous chargeons les sacs et partons vers 7h30 pour les lagunes. Il s'agit de la journee la plus chargee mais aussi une des plus belles. Malheureusement, cet itineraire a succes est plein de touristes toute l'annee, et les jeeps se suivent en repectant le meme horaire. Du coup, c'est a qui passera devant l'autre, pour eviter la poussiere. A ce jeu la, Fredy est tres fort, en choisissant toujours les bonnes options lorsque les pistes se separent. Pour detendre l'atmosphere, je lui fais le coup de vouloir m'arreter prendre une photo au moment ou il est en train de griller un adversaire!
Apres plusieurs heures sur des pistes defoncees qu'ils appelent "toun toun", a cause du balancement prononce des corps dans les jeeps, nous arrivons a la premiere lagune, "Canapa", vers 4000 m. C'est deja tres beau mais nous sommes encore plus eblouis par la lagune Hedionda, avec ses eaux bleu laiteuses et ses grandes colonies de flamands roses. Nous dejeunons en plein vent et Noa n'est pas dans son assiette. Elle renverse plusieurs fois ses plats.
Deux autres lagunes se suivent puis nous prenons encore de l'altitude, pour arriver sur le plateau Agua de Perdiz, a pres de 5000 m, ou tout n'est que mineral, avec un nuancier irrel. Nous nous croyons reellement sur une autre planete. Le ciel est maintenant bleu fonce, sans un seul nuage, et nous comprenons que la pluie ne risque plus de nous surprendre pour un bout de temps.
Apres un arret au milieu d'un champ de rochers erratiques, dont le fameux "arbre de pierre", nous redescendons sur la facinante "Laguna Colorada". La encore, c'est un choc ! Les photos ne rendent pas l'intensite incroyable de ce joyau, que seules les colonies de flamands rattachent a quelque chose de connu.
Marina et les enfants sont desormais inseparables, a se demander qui s'amuse le plus des trois a l'arriere du 4x4. Marion et moi avons ainsi plus de disponibilite pour profiter du spectacle. Nous retournons encore un petit coup sur les bords de la lagune au coucher de soleil, en fuyant un groupe d'americains bryants, sales et turbinants au vin rouge depuis 4h de l'apres-midi.
 
18/10/2008 : encore une magnifique journee avec le lever de soleil sur la laguna Colorada, une approche de flamands roses concentres sur une source chaude, la decouverte des geysers "Sol de Manana" a 4850 m (une premiere encore pour nous) et surtout un bain divin dans la source chaude (35 degres) de Polques, au bord du Salar de Chalviri. Totalement relaxes, nous prenons un dernier bon repas prepare par Marina (toujours riche en legumes frais) puis atteignons la Laguna Verde, a 4300 m, sous le charismatique volcan Licancabur. Vers 16h, ses eaux chargees de carbonates de plomb, souffre et arsenic sont reellement d'un vert phosphorescent...
Noa est barbouillee, sans doute a cause de l'altitude, mais les feuilles de coca que nous avons achetees font rapidement effet. Fredy nous laisse a une auberge apres avoir questionne les gens du coin. Il n'y a pas de guide local pour l'ascension du volcan mais la cuisiniere de l'auberge veut bien garder nos enfants le lendemain matin. Faute de guide et de jeep pour l'approche, l'ascension du Licancabur represente plus de 10 h aller-retour. Ce n'est pas raisonnable et nous nous tournons plutot vers un volcan de 5500 m, de l'autre cote de la lagune, qui nous offrira une encore plus belle vue au lever de soleil. Apres des adieux emouvants a Fredy et Marina que nous avons vraiment beaucoup apprecies, nous nous retrouvons seuls dans cette auberge froide, au confort plus que sommaire, a manger pour unique diner une soupe de mais, quasiment dans le noir. Mais dehors la vue est superbe et ... il n'y a pas les americains !
 
19/10/2008 : apres une nuit un peu agitee, les enfants etant un peu angoisses a l'idee de nous voir partir quelques heures, Marion et moi nous levons a 3h30 pour commencer l'ascension du volcan inconnu. La nuit est magnifiquement etoilee mais il fait tres tres tres froid, et apres une heure de marche rapide, nous ne sommes toujours pas rechauffes. Il doit faire entre -15 et -20 degres et la lagune a entierement gele. Marion, en basquets, a l'onglee. Mais le spectacle en vaut quand meme la peine, avec cette lumiere chaude qui vient embrasser le viril Licancabur.
Nous surveillons l'heure pour ne pas rater l'unique  bus de 10h pour le Chili et ne pas faire trop attendre les enfants. Nous n'avons donc pas le temps d'aller au sommet mais la vue est optimale. Le retour nous parait interminable, une vraie traversee du desert, mais nous sommes a l'heure, retrouvons les enfants sans signe tengible de traumatisme et attrapons le bus comme prevu.
La longue descente sur San Pedro de Atacama, de l'autre cote du Licancabur, est assez penible, serres comme des sardines et assomes de sommeil. 2500 m plus bas, le Chili nous accueille sous une bonne chaleur, avec une ambience et des gens tres differents. J'ai un peu de mal a aterrir et a quitter la Bolivie, finalement tres attachante.
Suivent quelques heures un peu penibles, avec les fouilles a la douane, la recherche d'une chambre a un prix raisonnable (bienvenu au Chili), les douches et la gestion du linge.
San Pedro ressemble a un petit village de western dans un oasis perdu au creux de la vallee la plus aride du monde (en moyenne 27 mm d'eau par an, certaines annees 0!)

lundi 20 octobre 2008

Scenes de western a Tupiza

Bonjour a tous
Voila enfin des nouvelles apres 10 jours de silence radio, pour cause de tres mauvaise connexion puis de traversee du desert...
Du 12 au 14/10/2008 : Comme nous l'annoncions dans notre dernier message, nous sommes restes 3 jours complets a Tupiza (3000 m) pour nous reposer, profiter d'un site magnifique et faire bosser un peu les enfants au calme. La piscine de l'hotel Mitru etait assez froide mais les enfants en ont bien profite, de meme finalement que les parents le dernier jour, motives par une chaleur ecrasante l'apres-midi. Cette petite ville est bien sympathique. Nous y avons trouve un marche couvert pour l'achat de nos picnics, une belle place arboree ou les collegiens prennent l'air entre les cours, un resto avec de tres bonnes pizzas (normal a Tupiza) pour les repas du soir et surtout des environs a la Sergio Leone, que nous avons parcouru en courant a tour de role au lever du jour, mais aussi a pieds puis a cheval avec les enfants, pour remonter les quebradas environnantes (canyons de conglomerats de couleur orange ou bordeaux), jusqu'a se faufiler dans de petits defiles ombrages. Nous avons apprecie notre guide equestre, Simon, un jeune de 20 ans avec qui nous avons passe 5h a discuter en espagnol au milieu des cactus.

samedi 11 octobre 2008

De Sucre a Potosi (suite)


! Buen dia a todos ¡

Voila 4 jours que nous ne vous avons pas ecrit. Certains aurons ainsi eu le temps de faire autre chose le soir que de lire nos pages a ralonge...
Blague a part, ce sont encore 4 journees magnifiques mais parfois etonnantes, derangeantes et toujours assez fatiguantes que nous venons de vivre.

07/10/2008 : notre bus pour Sucre est un bus de nuit, qui ne part qu'a 19h. Nous avons donc le temps aujourd'hui de nous occuper de notre linge, de faire des achats de vetements traditionnels aymaras et d'instruments de musique dans la rue de l'artisanat, de flaner dans le quartier du Mercado negro et de faire les courses pour le repas du midi. Pour eviter les intermediaires, je pars acheter nos billets directement au terminal de bus. En chemin, je tombe sur une manifestation qui descend les grands boulevards, en soutien au maire d'une commune voisine de La Paz. Tout le monde defile en silence. C'est assez impressionnant.
Vers midi, une pluie froide nous pousse jusqu'a notre auberge ou Mathis se lance dans un combat acharne avec les dames de l'accueil, qui le titillaient deja depuis plusieurs jours. Et Mathis, il ne faut pas le chercher longtemps... Noa s'est rapidement jointe a la melee mais en est aussi rapidement sortie, apres avoir recue quelques chaussures perdues.
Nous partons comme prevu a 19h dans un grand bus confortable, avec des sieges inclinables pour la nuit. Le bus est plein, essentiellement de boliviens, et des passagers supplementaires viennent encore gonfler le couloir central, avec force bagages et bebe. Petit detail, les toilettes ne fonctionnent pas... Nous quittons La Paz avec des averses de neige fondue, qui se transforme en vraie neige pendant les longues heures de route. Nous devinons la pampa blanchie mais heureusement cela ne tient pas sur la route. En pleine nuit, je me reveille en sursaut, apres un soubresaut un peu plus marque que les autres, et sent le bus foncer en pleine tempete de neige, avec brouillard et virages surprise. J'essaye de me convaincre que le chauffeur n'a pas bu, qu'il ne somnole pas et qu'il connait bien la route, mais je n'arrete pas de visualiser une sortie de route en tentant de me rendormir. Je me reveille rassure vers 6h du matin, en constatant qu'il n'y a plus de neige et que tout le monde dort tranquillement.

08/10/2008 : nous arrivons a Sucre, a 2700 m, sous un froid ciel gris. Le taxi nous depose a l'hotel que nous avions repere dans le Lonely planet. Nous nous y installons, avec l'impression de payer assez cher une chambre qui n'en vaut vraiment pas le prix. Une fois en ville, nous sommes attire par un magnifique patio d'hotel. Nous y jettons un coup d'oeil et, admiratifs, nous demandons pour info le prix d'une chambre quadruple. Elle est moins chere que la notre, et en plus bien plus belle. Un peu genes, nous retournons aussi sec chercher nos affaires pour changer d'hotel. Nous allons ensuite faire un tour dans le centre, la ville blanche comme on dit ici.
Cette ville rassemble sans doute la plus grande collection de batiments coloniaux, ouvrages, blanchis a la chaux et magnifiquement entretenus. Il s'agit de la capitale institutionnelle de la Bolivie, le lieu sacre ou l'independance a ete signee, et ou l'on trouve le plus grand nombre de hauts fonctionnaires. Les rues sont propres, il y a peu de circulation, on sent que les habitants ont plus de moyens qu'a La Paz, meme si les sdf sont aussi plus nombreux, et l'ambiance generale parait moins chaleureuse et moins solidaire qu'ailleurs. C'est apparemment un peu la reputation de Sucre.
Nous n'avons guere de chance, les eglises (apparemment magnifiques) sont toutes fermees et le musee de l'ecologie adapte aux enfants est en travaux. Nous prenons tout de meme un sympathique cafe dans un jardin panoramique au dessus de la ville et rentrons faire travailler les enfants a l'hotel.

09/10/2008 : Nous nous levons sous un ciel bleu magnifique et la ville nous apparait sous un autre jour. Les facades sont d'un blanc eclatant et le marche couvert ou nous prenons un jus de fruit frais met tous nos sens en eveil. Nous retournons a la centrale des bus pour partir vers Potosi a 13h. Ici le bus ne coute vraiment rien : 1,5 euros pour plus de 3h de voyage.
Nous remontons sur les hauts plateaux et l'arrivee sur Potosi, a 4000 m, sous le Cerro Rico, la montagne gruyere aux 40 mines d'argent, est vraiment impressionnante. L'ambiance parait tout de suite differente de Sucre : de ville blanche nous passons a une ville brune, beaucoup plus vivante, dense et ouvriere.
Nous trouvons une chambre assez bon marche mais froide et humide. Seule la mine sympathique de la petite mamie qui tient les lieux nous donne envie de rester, en attendant de trouver mieux le lendemain. Marion a vu dans notre guide que l'on pouvait visiter une mine d'argent en activite et a l'air bien motivee. Apres avoir lu les commentaires sur les conditions que nous allions rencontrer avec les enfants, j'ai quelques inquietudes mais me dis que cela doit etre une experience inoubliable. Nous reservons donc une visite de 4h pour le lendemain apres-midi avec un guide local, un ancien mineur.

10/10/2008 : le temps est toujours d'une limpidite exceptionnelle a cette altitude et la ville nous parait vite attachante, avec ses petites rues pietonnes, ses 80 eglises et ses places animees. Nous trouvons une auberge du style de celle de La Paz ou nous prenons un bon petit dej et posons nos sacs. Marion fait travailler les enfants pendant que je vais faire un tour en ville et dans le palais de la monnaie, ou les espagnols frappaient les pieces d'argent, du temps de l'age d'or des mines de Potosi. Nous allons ensuite tous ensemble faire les courses du dejeuner et decouvrir, sur la place centrale, les stands tenus par les enfants des ecoles de la ville sur l'importance d'economiser l'eau et de la garder propre. La ressource en eau est en effet un vrai probleme pour cette ville qui en consomme d'enormes quantites pour le traitement du minerai d'argent, avec des produits toxiques comme l'arsenic et le chlorure d'ammonium.
Apres un plat de pates sur la terrasse panoramique de l'hotel, pour fuire la poussiere des travaux dans le hall d'accueil, nous retrouvons notre guide a 13h30. Nous allons en minibus au pied du Cerro Rico, pour enfiler la tenue des mineurs. Les mineurs presents se mettent tout de suite a jouer avec nos enfants et surnomment Mathis "Pastis". Il faut dire qu'il a un sacre look avec son casque. Nous allons visiter d'abord un "ingenio", usine artisanale de decantation de l'argent, du plomb et du manganese qui sont envoyes ensuite dans les pays voisins sous forme de sacs de 50kg. Notre guide nous emmene ensuite au magasin des mineurs, ou nous sommes invites a acheter des bouteilles de fanta, un sac de feuilles de coca ou un lot d'explosifs (dynamite et ammo-nitrate + detonateur), pour faire plaisir aux mineurs que nous rencontrerons. Nous entrons ensuite dans l'une des galeries du Cerro Rico appartenant a l'une des 40 cooperatives minieres de Potosi. Elles n'ont de cooperative que le nom : elles donnent le droit d'exploiter un coin de galerie mais chaque mineur doit se debrouiller pour acheter son materiel, payer ses allocations retraite et recoit un salaire fonction de son rendement, sans protection sante ni sociale. La retraite des mineurs est toujours a 65 ans, alors que leur esperance de vie n'excede pas 45 ans, et ceux qui tombent malades a vie (silicose) avant d'avoir paye toute leur retraite ne touchent que 30 euros par mois, au lieu des 200 pour une retraite normale. Evo Morales, president de gauche pourtant tres aime du peuple, n'a rien change a cette loi apres 2,5 ans de mandat.
Nous entrons dans une longue galerie, croisons des mineurs qui viennent de finir leur semaine puis faisons un arret devant une representation du diable, venere dans la mine pour les proteger des accidents. Pachamama, la Terre mere, est l'epouse du diable dans la mine. Toute femme venant travailler ou visiter la mine peut donc la rendre jalouse et faire courrir un risque aux mineurs. Voila pourquoi il n'y a aucune femme mineur. Noa est un peu impressionnee par cette histoire mais nous continuons a nous enfoncer sous terre, puis a descendre dans un mince boyeau, tandis que la temperature monte et que les poussieres de plomb nous brulent le nez et la gorge. Mathis reste super a l'aise et court dans les boyaux, faisant l'admiration de nos guides Reinaldo et Oscar. Nous atteignons le doyen des mieurs qui reste concentre sur ses caillous, peu satisfait de la recolte de sa semaine. Il effectue en moyenne 6 tirs a l'explosif par jour, en se reculant seulement de 15 m, et ramene environ 40 kg de minerai impur a l'usine.
Nous remontons en rampant, la voie cassee par cet air viscie, et profondemment troubles par ces conditions de travail qui n'ont pas change depuis 4 siecles. Les mineurs sont pourtant fiers de leur metier, une facon de faire vivre confortablement leur famille, et apprecient de nous faire connaitre leur quotidien. Nous sympathisons avec l'equipe et trinquons ensemble avant de revenir, un peu etourdis, a l'hotel.
Le soir, Marion nous fait des crepes avec les ingredients locaux. Malgre ses efforts, ce n'est pas une reussite, sans doute a cause de l'huile ranse...

11/10/2008 : nous attrapons au vol le bus pour Tupiza, a 8h, en prenant les toutes dernieres places. Le voyage est long et eprouvant, avec une courroie de transmission qui lache en pleine montagne, des pistes non goudronnees qui nous obligent a fermer toutes les fenetres a cause d'une epaisse poussiere, faisant monter la temperature a 40 dans le bus, et pour conclure, des travaux qui nous bloquent 2 heures a seulement 15 km de l'arrivee...
Nous arrivons a Tupiza a 19h, moulus, mais heureux de trouver un bon hotel, ou nous reservons tout de suite notre periple de 5 jours dans le sud Lipez, avec Tupiza Tour, avec un depart prevu pour le 15 octobre. En attendant, nous allons profiter de la piscine de l'hotel, de cette charmante bourgade et des canyons voisins que nous pourrons decouvrir a pied, en VTT et a cheval.

Les photos sont dans le deuxieme lien. Il en manque quelques unes, faute de debit de telechargement.