dimanche 26 octobre 2008

Premiers contacts avec l'Argentine

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23/10/2008 : nous sommes bien partis en bus comme prevu vers 9h pour Salta, en Argentine, et le sortilege qui nous liait a San Pedro s'est efface. Apres une montee spectaculaire (+ 2500 m de denivelee en 40 km, sans un virage...), nous avons retrouve les paysages lunaires d'il y a 4 jours, entre 4200 et 6000 m, avec quelques belles lagunes aussi cotes chiliens et argentins, puis une route en montagnes russes entre salar, canyons de catcus et vallees aux roches multicolores. Nous commencons a connaitre. La nouveaute fut l'apparition d'une strate herbeuse (si, si) et de boisements sur les collines environnant Salta, a 1200 m d'altitude, le tout sous une mer de nuages venant des plaines de l'est argentin.
Ebetes par les 10h30 de bus sans pause, nous posons nos sacs a l'hotel reserve et partons aussitot a la recherche d'un bon petit resto dans le centre. Salta est une assez grosse ville, tres animee, surtout la nuit, avec beaucoup de commerces et de beaux edifices coloniaux magnifiquement illumines.
Nous avons eu droit ce soir la a un service digne d'un resto gastronomique, avec un pave de boeuf argentin delicieux, pour seulement quelques euros par personne.
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24/10/2008 : nous ne voulons pas rester sur Salta et trouvons un bus pour Cafayate, 170 km au sud, avec un depart a 13h. En attendant, nous experimentons les croissants argentins a la confiture de lait et profitons d'un parc et de son plan d'eau pour le pic-nic.
Le voyage ne dure que 4h et nous apercevons a travers les vitres sales du bus de magnifiques rochers rouges et jaunes, ternis par de nombreux nuages. Peut-etre aurons nous l'occasion de revenir nous ballader demain dans ces canyons de la vallee de la Lerma.
A Cafayate, nous trouvons un hotel tres sympa, avec de multiples terrasses sur les toits dominant une belle place arboree, et une grande cuisine commune. Nous en profitons pour nous faire a manger et echanger quelques mots avec des anglais et des americains. Ce soir, il a un match de foot a la tele : Tucuman contre Buenos Aeres.
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25/10/2008 : contrairement a hier, il fait grand beau et nous decidons de profiter de Cafayate pendant une journee complete. Nous reservons donc nos places pour une apres-midi dans les canyons de la Lerma et nous faisons indiquer une chevrerie a 2 km du village, que l'on peut visiter. Faute de velo a la taille des enfants, nous y allons a pieds alors qu'il fait deja plus de 30 degres. Nous traversons des parcelles de vignes qui couvrent ici presque toute la vallee, a 1800 m d'altitude. Elles sont taillees pour atteindre plus de 2 m de haut et donnent de tres bons vins qui font vivre toute la region. La visite de la chevrerie est tres interressante et nous avons une pensee pour Seb et surtout pour Laurent. Il y a 400 chevres a traire, mais seulement une fois par jour, avec du materiel tres moderne. Le lait de chevre est de plus en plus vendu mais les produits phares sont les tommes au basilic, a l'ail et au persil ou au piment. Malheureusement, la pasteurisation leur donne un petit cote caoutchouteux. Nous en prenons deux que nous allons deguster avec un vin de la vallee sur la terrasse de l'hotel.
L'apres-midi est magnifique dans les canyons, encore plus hauts et multicolores qu'a Tupiza. La traversee d'une riviere pieds nus et l'escalade de "la gorge du Diable" ont l'avantage de remotiver Noa et Mathis qu'il fallait tirer comme des charrues dans les parties trop plates.
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Demain, nous esperons prendre le bus de 11h pour Santa Maria, avec une correspondance a 14h pour Belen. De la, il nous restera environ 3 jours pour arriver a Mendoza.
On vous salue bien bas.

mercredi 22 octobre 2008

Dessins de Noa et Mathis

Bonjour aux classes de GS et CE1

Vous pourrez decouvrir les derniers dessins de Noa et Mathis dans l'album 2.
A bientot.

San Pedro, la ville dont on ne sort pas !

 
Apres nos 5 jours dans le sud Lipez (cf notre recit ci-dessous), nous avons d'abord profite puis subi ce charmant village.
 
20/10/2008 : Nous pouvons enfin louer des VTT pour aller faire un tour dans les environs de san Pedro avec les enfants. Nous experimentons la troisieme roue avec Mathis, tandis que Noa pedale toute seule. Nous remontons une petite riviere jusqu'a nous retrouver dans une ambiance comparable aux canyons de Tupiza, avec en prime un passage de gue cette fois inonde.
L'apres-midi, nous nous joignons a une visite organisee pour decouvrir la vallee de la lune, des monticules de sables et cristaux de sel dans un environnement d'une aridite extreme, avec en toile de fond les volcans de 5000 a 6000 m que nous avons cotoye les jours precedents (cf les dernieres photos de l'album 2). Les enfants se regalent a devaler les dunes et escalader les ponts de sel, sous le regard amusee de notre jeune et sympathique  guide qui parle un peu le francais. Nous croisons pour la premiere fois une famille de touristes avec enfants, en camping car, qui vient cette fois encore de la Haute Savoie.
Nous rentrons apres le coucher du soleil et pouvons enfin tirer de l'argent, avant d'aller diner dans un bon petit resto tenu par une parisienne qui vend du tres bon vin chilien.
 
21/10/2008 : nous aurions aime partir aujourd'hui pour l'Argentine en bus, via Salta, mais il n'y a que 3 bus par semaine et plus de place avant le 24. Nous nous renseignons pour louer une voiture mais il faut payer 200 euros pour la seule autorisation de passer la frontiere avec une voiture de location, et ils ne la delivrent pas a San Pedro. Nous allons alors a pieds jusqu'a la douane pour se renseigner sur le stop. Cela semble jouable mais c'est trop tard pour aujourd'hui, les 10 h de route obligeant les camions a partir vers 8h.
Nous nous installons donc dans un hotel pres de la douane puis passons le temps, en allant sur internet, en faisant reviser Noa pour ses evaluations, en visitant un musee d'archeologie et en faisant quelques achats d'artisanat.
 
22/10/2008 : motives a bloc, nous quittons l'hotel a 7h30 pour nous poster au poste de douane, prets a intercepter tous les pickups et les camions en direction de l'Argentine. Apres deux heures d'effort, nous baissons les bras. Le trafic est d'ailleurs redevenu nul... Entre les chauffeurs de camions qui ne veulent pas prendre la responsabilite de passagers ou qui n'ont pas de place et les voitures bondees (ici il n'y a pas de probleme de covoiturage), ce n'est vraiment pas le paradis des autostoppeurs. Nous rentrons en ville, ou evidemment il n'y a plus de bus avant le 26. Nous en sommes finalement reduits a reserver un minibus prive pour le 23, deux fois plus cher que le bus (soit environ 250 euros). Si en Bolivie nous arrivions a tenir notre budget avec en moyenne 45 euros par jour a 4, ces 3 jours au Chili nous le fait exploser, avec 120 euros par jour...
Nous avons encore change d'hotel, pouvons rediger un guide sur les logements et restaurants de la ville, et esperons que le bus partira bien a l'heure, pour ne pas arriver trop tard a Salta.
 
A suivre dans quelques jours...
Et merci pour vos derniers messages auquels nous essayerons de repondre.

Sommes-nous encore sur Terre ?

 
Bonjour a tous !
 
Ces temps-ci, le temps me manque un peu pour tenir a jour notre carnet de route. Vous aurez pu deja deviner notre itineraire grace aux photos, jusqu'a San Pedro de Atacama, cote chilien, ou nous nous trouvons depuis 3 jours.
 
15/10/2008 : comme prevu avec l'agence de voyage que nous avions deja repere en France, "Tupiza Tours", nous partons vers 9h pour une traversee de 4 jours dans l'un des deserts les plus secs, les plus hauts et les plus beaux du monde, a savoir le sud Lipez, ou desert d'Atacama. Nous avons convenu que le chauffeur nous laisse a une auberge a cote de la Laguna Verde, pour que nous puissions gravir, si possible, le volcan Licancabur (5963 m) le 5eme jour au matin, pendant qu'une personne de l'auberge garde nos enfants. Nous faisons connaissance avec notre chauffeur de 4X4, Fredy, un bolivien d'environ 40 ans, fils d'agriculteur a Tupiza, qui ne parle pas le francais mais avec qui le contact passe tout de suite bien. Il est accompagne d'une cuisiniere, Marina, agee de 26 ans, un peu plus reservee mais que les enfants vont vite adopter.
Nous attaquons directement par 6h de piste dans les montagnes arides de la region d'Atocha (petite ville miniere ou nous nous arretons pour le dejeuner). Nous avons alors l'occasion de decouvrir les talents de cuisiniere de Marina, avec une specialite locale a base de brisures de mais envoloppee dans des feuilles de mais. Nous pouvons passer notre musique grace a une prise USB sur le poste de Fredy, et ainsi alterner les styles...
Nous traversons Uyuni sans y preter attention, tant cette ville nous parait morne par rapport a Tupiza, et atteignons finalement notre hotel de sel a Colchani, sur la bordure est du Salar d'Uyuni. C'est la que le Salar est le plus productif en sel, et donc le plus exploite, avec ses tas blancs comme neige devant les maisons en terre. Pour le coucher de soleil, Fredy nous emmene sur le Salar que nous n'avions encore qu'entre apercu. Et la c'est le choc de chez choc ! Une impression grandiose, de jamais vu, et le sentiment de se retrouver sur la banquise polaire... en Tshirt ! Nous profitons une heure des lumieres changeantes sous un ciel menacant. Fredy me dit qu'il ne pleuvra pas. (Il n'a pas plus depuis des mois ici). Je parie le contraire. Le vent se leve, les etoiles reaparaissent et Fredy savoure sa prochaine victoire. Apres un excellent repas seul dans notre salon en briques de sel et plancher en cristaux de sel, nous nous couchons sur des matelas... en mousse. Vers 2h30 du matin, nous sommes reveilles par de fortes averses de pluie !
 
16/10/2008 : debouts vers 7h, nous constatons avec soulagement que le ciel se degage peu a peu. Nous saluons un groupe de hauts savoyards que nous avions vu a La Paz et partons pour une traversee du Salar, avec une pause dejeuner sur l'ile du Pecheur, un gros tas de lave couvert de cactus en plein milieu de cette immensite blanche. C'est tellement beau que nous sommes tout excites, autant les enfants que les parents, et Marina s'en donne a coeur joie avec Noa et Mathis. Nous improvisons des courses en relais, parties de foot et jeux de boules avec des galets sur ce plus grand terrain du monde.
Fredy nous emmene ensuite a un deuxieme hotel de sel, plus recule, a l'autre bout du Salar. Apres une bonne biere avec notre equipe, Marion part explorer la colline pendant que je fais dessiner les enfants, qui ont trouve un petit copain de 4 ans, le fils du patron. Ils sont adorables et bien calmes tous les trois jusqu'au diner.
 
17/10/2008 : je me leve vers 5h pour aller a mon tour explorer le mirador sur le Salar au lever du soleil. Decidemment, le temps est assez nuageux et brumeux ces temps-ci, mais de rares instants m'inspirent quand meme. Nous chargeons les sacs et partons vers 7h30 pour les lagunes. Il s'agit de la journee la plus chargee mais aussi une des plus belles. Malheureusement, cet itineraire a succes est plein de touristes toute l'annee, et les jeeps se suivent en repectant le meme horaire. Du coup, c'est a qui passera devant l'autre, pour eviter la poussiere. A ce jeu la, Fredy est tres fort, en choisissant toujours les bonnes options lorsque les pistes se separent. Pour detendre l'atmosphere, je lui fais le coup de vouloir m'arreter prendre une photo au moment ou il est en train de griller un adversaire!
Apres plusieurs heures sur des pistes defoncees qu'ils appelent "toun toun", a cause du balancement prononce des corps dans les jeeps, nous arrivons a la premiere lagune, "Canapa", vers 4000 m. C'est deja tres beau mais nous sommes encore plus eblouis par la lagune Hedionda, avec ses eaux bleu laiteuses et ses grandes colonies de flamands roses. Nous dejeunons en plein vent et Noa n'est pas dans son assiette. Elle renverse plusieurs fois ses plats.
Deux autres lagunes se suivent puis nous prenons encore de l'altitude, pour arriver sur le plateau Agua de Perdiz, a pres de 5000 m, ou tout n'est que mineral, avec un nuancier irrel. Nous nous croyons reellement sur une autre planete. Le ciel est maintenant bleu fonce, sans un seul nuage, et nous comprenons que la pluie ne risque plus de nous surprendre pour un bout de temps.
Apres un arret au milieu d'un champ de rochers erratiques, dont le fameux "arbre de pierre", nous redescendons sur la facinante "Laguna Colorada". La encore, c'est un choc ! Les photos ne rendent pas l'intensite incroyable de ce joyau, que seules les colonies de flamands rattachent a quelque chose de connu.
Marina et les enfants sont desormais inseparables, a se demander qui s'amuse le plus des trois a l'arriere du 4x4. Marion et moi avons ainsi plus de disponibilite pour profiter du spectacle. Nous retournons encore un petit coup sur les bords de la lagune au coucher de soleil, en fuyant un groupe d'americains bryants, sales et turbinants au vin rouge depuis 4h de l'apres-midi.
 
18/10/2008 : encore une magnifique journee avec le lever de soleil sur la laguna Colorada, une approche de flamands roses concentres sur une source chaude, la decouverte des geysers "Sol de Manana" a 4850 m (une premiere encore pour nous) et surtout un bain divin dans la source chaude (35 degres) de Polques, au bord du Salar de Chalviri. Totalement relaxes, nous prenons un dernier bon repas prepare par Marina (toujours riche en legumes frais) puis atteignons la Laguna Verde, a 4300 m, sous le charismatique volcan Licancabur. Vers 16h, ses eaux chargees de carbonates de plomb, souffre et arsenic sont reellement d'un vert phosphorescent...
Noa est barbouillee, sans doute a cause de l'altitude, mais les feuilles de coca que nous avons achetees font rapidement effet. Fredy nous laisse a une auberge apres avoir questionne les gens du coin. Il n'y a pas de guide local pour l'ascension du volcan mais la cuisiniere de l'auberge veut bien garder nos enfants le lendemain matin. Faute de guide et de jeep pour l'approche, l'ascension du Licancabur represente plus de 10 h aller-retour. Ce n'est pas raisonnable et nous nous tournons plutot vers un volcan de 5500 m, de l'autre cote de la lagune, qui nous offrira une encore plus belle vue au lever de soleil. Apres des adieux emouvants a Fredy et Marina que nous avons vraiment beaucoup apprecies, nous nous retrouvons seuls dans cette auberge froide, au confort plus que sommaire, a manger pour unique diner une soupe de mais, quasiment dans le noir. Mais dehors la vue est superbe et ... il n'y a pas les americains !
 
19/10/2008 : apres une nuit un peu agitee, les enfants etant un peu angoisses a l'idee de nous voir partir quelques heures, Marion et moi nous levons a 3h30 pour commencer l'ascension du volcan inconnu. La nuit est magnifiquement etoilee mais il fait tres tres tres froid, et apres une heure de marche rapide, nous ne sommes toujours pas rechauffes. Il doit faire entre -15 et -20 degres et la lagune a entierement gele. Marion, en basquets, a l'onglee. Mais le spectacle en vaut quand meme la peine, avec cette lumiere chaude qui vient embrasser le viril Licancabur.
Nous surveillons l'heure pour ne pas rater l'unique  bus de 10h pour le Chili et ne pas faire trop attendre les enfants. Nous n'avons donc pas le temps d'aller au sommet mais la vue est optimale. Le retour nous parait interminable, une vraie traversee du desert, mais nous sommes a l'heure, retrouvons les enfants sans signe tengible de traumatisme et attrapons le bus comme prevu.
La longue descente sur San Pedro de Atacama, de l'autre cote du Licancabur, est assez penible, serres comme des sardines et assomes de sommeil. 2500 m plus bas, le Chili nous accueille sous une bonne chaleur, avec une ambience et des gens tres differents. J'ai un peu de mal a aterrir et a quitter la Bolivie, finalement tres attachante.
Suivent quelques heures un peu penibles, avec les fouilles a la douane, la recherche d'une chambre a un prix raisonnable (bienvenu au Chili), les douches et la gestion du linge.
San Pedro ressemble a un petit village de western dans un oasis perdu au creux de la vallee la plus aride du monde (en moyenne 27 mm d'eau par an, certaines annees 0!)

lundi 20 octobre 2008

Scenes de western a Tupiza

Bonjour a tous
Voila enfin des nouvelles apres 10 jours de silence radio, pour cause de tres mauvaise connexion puis de traversee du desert...
Du 12 au 14/10/2008 : Comme nous l'annoncions dans notre dernier message, nous sommes restes 3 jours complets a Tupiza (3000 m) pour nous reposer, profiter d'un site magnifique et faire bosser un peu les enfants au calme. La piscine de l'hotel Mitru etait assez froide mais les enfants en ont bien profite, de meme finalement que les parents le dernier jour, motives par une chaleur ecrasante l'apres-midi. Cette petite ville est bien sympathique. Nous y avons trouve un marche couvert pour l'achat de nos picnics, une belle place arboree ou les collegiens prennent l'air entre les cours, un resto avec de tres bonnes pizzas (normal a Tupiza) pour les repas du soir et surtout des environs a la Sergio Leone, que nous avons parcouru en courant a tour de role au lever du jour, mais aussi a pieds puis a cheval avec les enfants, pour remonter les quebradas environnantes (canyons de conglomerats de couleur orange ou bordeaux), jusqu'a se faufiler dans de petits defiles ombrages. Nous avons apprecie notre guide equestre, Simon, un jeune de 20 ans avec qui nous avons passe 5h a discuter en espagnol au milieu des cactus.

samedi 11 octobre 2008

De Sucre a Potosi (suite)


! Buen dia a todos ¡

Voila 4 jours que nous ne vous avons pas ecrit. Certains aurons ainsi eu le temps de faire autre chose le soir que de lire nos pages a ralonge...
Blague a part, ce sont encore 4 journees magnifiques mais parfois etonnantes, derangeantes et toujours assez fatiguantes que nous venons de vivre.

07/10/2008 : notre bus pour Sucre est un bus de nuit, qui ne part qu'a 19h. Nous avons donc le temps aujourd'hui de nous occuper de notre linge, de faire des achats de vetements traditionnels aymaras et d'instruments de musique dans la rue de l'artisanat, de flaner dans le quartier du Mercado negro et de faire les courses pour le repas du midi. Pour eviter les intermediaires, je pars acheter nos billets directement au terminal de bus. En chemin, je tombe sur une manifestation qui descend les grands boulevards, en soutien au maire d'une commune voisine de La Paz. Tout le monde defile en silence. C'est assez impressionnant.
Vers midi, une pluie froide nous pousse jusqu'a notre auberge ou Mathis se lance dans un combat acharne avec les dames de l'accueil, qui le titillaient deja depuis plusieurs jours. Et Mathis, il ne faut pas le chercher longtemps... Noa s'est rapidement jointe a la melee mais en est aussi rapidement sortie, apres avoir recue quelques chaussures perdues.
Nous partons comme prevu a 19h dans un grand bus confortable, avec des sieges inclinables pour la nuit. Le bus est plein, essentiellement de boliviens, et des passagers supplementaires viennent encore gonfler le couloir central, avec force bagages et bebe. Petit detail, les toilettes ne fonctionnent pas... Nous quittons La Paz avec des averses de neige fondue, qui se transforme en vraie neige pendant les longues heures de route. Nous devinons la pampa blanchie mais heureusement cela ne tient pas sur la route. En pleine nuit, je me reveille en sursaut, apres un soubresaut un peu plus marque que les autres, et sent le bus foncer en pleine tempete de neige, avec brouillard et virages surprise. J'essaye de me convaincre que le chauffeur n'a pas bu, qu'il ne somnole pas et qu'il connait bien la route, mais je n'arrete pas de visualiser une sortie de route en tentant de me rendormir. Je me reveille rassure vers 6h du matin, en constatant qu'il n'y a plus de neige et que tout le monde dort tranquillement.

08/10/2008 : nous arrivons a Sucre, a 2700 m, sous un froid ciel gris. Le taxi nous depose a l'hotel que nous avions repere dans le Lonely planet. Nous nous y installons, avec l'impression de payer assez cher une chambre qui n'en vaut vraiment pas le prix. Une fois en ville, nous sommes attire par un magnifique patio d'hotel. Nous y jettons un coup d'oeil et, admiratifs, nous demandons pour info le prix d'une chambre quadruple. Elle est moins chere que la notre, et en plus bien plus belle. Un peu genes, nous retournons aussi sec chercher nos affaires pour changer d'hotel. Nous allons ensuite faire un tour dans le centre, la ville blanche comme on dit ici.
Cette ville rassemble sans doute la plus grande collection de batiments coloniaux, ouvrages, blanchis a la chaux et magnifiquement entretenus. Il s'agit de la capitale institutionnelle de la Bolivie, le lieu sacre ou l'independance a ete signee, et ou l'on trouve le plus grand nombre de hauts fonctionnaires. Les rues sont propres, il y a peu de circulation, on sent que les habitants ont plus de moyens qu'a La Paz, meme si les sdf sont aussi plus nombreux, et l'ambiance generale parait moins chaleureuse et moins solidaire qu'ailleurs. C'est apparemment un peu la reputation de Sucre.
Nous n'avons guere de chance, les eglises (apparemment magnifiques) sont toutes fermees et le musee de l'ecologie adapte aux enfants est en travaux. Nous prenons tout de meme un sympathique cafe dans un jardin panoramique au dessus de la ville et rentrons faire travailler les enfants a l'hotel.

09/10/2008 : Nous nous levons sous un ciel bleu magnifique et la ville nous apparait sous un autre jour. Les facades sont d'un blanc eclatant et le marche couvert ou nous prenons un jus de fruit frais met tous nos sens en eveil. Nous retournons a la centrale des bus pour partir vers Potosi a 13h. Ici le bus ne coute vraiment rien : 1,5 euros pour plus de 3h de voyage.
Nous remontons sur les hauts plateaux et l'arrivee sur Potosi, a 4000 m, sous le Cerro Rico, la montagne gruyere aux 40 mines d'argent, est vraiment impressionnante. L'ambiance parait tout de suite differente de Sucre : de ville blanche nous passons a une ville brune, beaucoup plus vivante, dense et ouvriere.
Nous trouvons une chambre assez bon marche mais froide et humide. Seule la mine sympathique de la petite mamie qui tient les lieux nous donne envie de rester, en attendant de trouver mieux le lendemain. Marion a vu dans notre guide que l'on pouvait visiter une mine d'argent en activite et a l'air bien motivee. Apres avoir lu les commentaires sur les conditions que nous allions rencontrer avec les enfants, j'ai quelques inquietudes mais me dis que cela doit etre une experience inoubliable. Nous reservons donc une visite de 4h pour le lendemain apres-midi avec un guide local, un ancien mineur.

10/10/2008 : le temps est toujours d'une limpidite exceptionnelle a cette altitude et la ville nous parait vite attachante, avec ses petites rues pietonnes, ses 80 eglises et ses places animees. Nous trouvons une auberge du style de celle de La Paz ou nous prenons un bon petit dej et posons nos sacs. Marion fait travailler les enfants pendant que je vais faire un tour en ville et dans le palais de la monnaie, ou les espagnols frappaient les pieces d'argent, du temps de l'age d'or des mines de Potosi. Nous allons ensuite tous ensemble faire les courses du dejeuner et decouvrir, sur la place centrale, les stands tenus par les enfants des ecoles de la ville sur l'importance d'economiser l'eau et de la garder propre. La ressource en eau est en effet un vrai probleme pour cette ville qui en consomme d'enormes quantites pour le traitement du minerai d'argent, avec des produits toxiques comme l'arsenic et le chlorure d'ammonium.
Apres un plat de pates sur la terrasse panoramique de l'hotel, pour fuire la poussiere des travaux dans le hall d'accueil, nous retrouvons notre guide a 13h30. Nous allons en minibus au pied du Cerro Rico, pour enfiler la tenue des mineurs. Les mineurs presents se mettent tout de suite a jouer avec nos enfants et surnomment Mathis "Pastis". Il faut dire qu'il a un sacre look avec son casque. Nous allons visiter d'abord un "ingenio", usine artisanale de decantation de l'argent, du plomb et du manganese qui sont envoyes ensuite dans les pays voisins sous forme de sacs de 50kg. Notre guide nous emmene ensuite au magasin des mineurs, ou nous sommes invites a acheter des bouteilles de fanta, un sac de feuilles de coca ou un lot d'explosifs (dynamite et ammo-nitrate + detonateur), pour faire plaisir aux mineurs que nous rencontrerons. Nous entrons ensuite dans l'une des galeries du Cerro Rico appartenant a l'une des 40 cooperatives minieres de Potosi. Elles n'ont de cooperative que le nom : elles donnent le droit d'exploiter un coin de galerie mais chaque mineur doit se debrouiller pour acheter son materiel, payer ses allocations retraite et recoit un salaire fonction de son rendement, sans protection sante ni sociale. La retraite des mineurs est toujours a 65 ans, alors que leur esperance de vie n'excede pas 45 ans, et ceux qui tombent malades a vie (silicose) avant d'avoir paye toute leur retraite ne touchent que 30 euros par mois, au lieu des 200 pour une retraite normale. Evo Morales, president de gauche pourtant tres aime du peuple, n'a rien change a cette loi apres 2,5 ans de mandat.
Nous entrons dans une longue galerie, croisons des mineurs qui viennent de finir leur semaine puis faisons un arret devant une representation du diable, venere dans la mine pour les proteger des accidents. Pachamama, la Terre mere, est l'epouse du diable dans la mine. Toute femme venant travailler ou visiter la mine peut donc la rendre jalouse et faire courrir un risque aux mineurs. Voila pourquoi il n'y a aucune femme mineur. Noa est un peu impressionnee par cette histoire mais nous continuons a nous enfoncer sous terre, puis a descendre dans un mince boyeau, tandis que la temperature monte et que les poussieres de plomb nous brulent le nez et la gorge. Mathis reste super a l'aise et court dans les boyaux, faisant l'admiration de nos guides Reinaldo et Oscar. Nous atteignons le doyen des mieurs qui reste concentre sur ses caillous, peu satisfait de la recolte de sa semaine. Il effectue en moyenne 6 tirs a l'explosif par jour, en se reculant seulement de 15 m, et ramene environ 40 kg de minerai impur a l'usine.
Nous remontons en rampant, la voie cassee par cet air viscie, et profondemment troubles par ces conditions de travail qui n'ont pas change depuis 4 siecles. Les mineurs sont pourtant fiers de leur metier, une facon de faire vivre confortablement leur famille, et apprecient de nous faire connaitre leur quotidien. Nous sympathisons avec l'equipe et trinquons ensemble avant de revenir, un peu etourdis, a l'hotel.
Le soir, Marion nous fait des crepes avec les ingredients locaux. Malgre ses efforts, ce n'est pas une reussite, sans doute a cause de l'huile ranse...

11/10/2008 : nous attrapons au vol le bus pour Tupiza, a 8h, en prenant les toutes dernieres places. Le voyage est long et eprouvant, avec une courroie de transmission qui lache en pleine montagne, des pistes non goudronnees qui nous obligent a fermer toutes les fenetres a cause d'une epaisse poussiere, faisant monter la temperature a 40 dans le bus, et pour conclure, des travaux qui nous bloquent 2 heures a seulement 15 km de l'arrivee...
Nous arrivons a Tupiza a 19h, moulus, mais heureux de trouver un bon hotel, ou nous reservons tout de suite notre periple de 5 jours dans le sud Lipez, avec Tupiza Tour, avec un depart prevu pour le 15 octobre. En attendant, nous allons profiter de la piscine de l'hotel, de cette charmante bourgade et des canyons voisins que nous pourrons decouvrir a pied, en VTT et a cheval.

Les photos sont dans le deuxieme lien. Il en manque quelques unes, faute de debit de telechargement.



mardi 7 octobre 2008

Titicaca y tourista ...

¡ Hola, como estan !
Bon, j'ai fait le fier dans notre dernier message mais resultat, le lendemain Marion etait en pleine forme et moi au fond du ... lit pendant 2 jours. Heureusement, les enfants ne semblent pas prendre le relais.
04/10/2008 : 9h30, nous prenons un micros (les minibus que vous voyez sur les photos, que tous les boliviens prennent, avec un mineur qui ouvre la portiere a chaque carrefour pour annoncer ses destinations...). Il nous mene au cimetiere, en face duquel trois ou quatre types se battent pour nous faire monter dans leur bus. Nous choisissons le plus pourri car il part tout de suite, et commencent 4h de soubresauts jusqu'a Copacabana (au secours mon ventre !) Nous longeons pendant plusieurs heures les magnifiques rives du lac, que dis-je, de la mer Titicaca, avec un passage en bac assez pittoresque (le bus sur une barge, les passagers en bateau...le bus perd toujours).
A Copacabana, on nous a conseille l'hotel Sonia. Nous y filons et je m'effondre sur mon lit pendant que Marion et les enfants vont dejeuner en ville. On dirait un village et pourtant, il y a presque autant d'habitants qu'a Chambery ! Nous avons la chance de tomber un WE : nous assistons ainsi au bapteme de dizaines de belles voitures et camions devant l'eglise, bichonnes pour l'occasion, fleuris, enfumes d'encens et ... a nouveau salis a grands jets de cidre bon marche. En effet, en Bolivie, mieux vaut une bonne benediction pour eviter les accidents...
L'apres-midi est consacree comme d'hab aux devoirs, cette fois sur la terrasse panoramique de l'hotel, mais les enfants ont du mal a se concentrer, et moi aussi... Je tente une sortie pour diner dans la rue branchee de cette station touristique. Au passage, nous assistons pendant quelques minutes a un spectacle sons et lumieres joue par les eleves du village dans l'eglise pleine a craquer. Au resto, le serveur semble m'en vouloir. Il met une eternite a nous servir et, totalement gele et abattu, je fini par abaondonner lachement ma petite famille a peine servie pour courrir jusqu'a ma couette. Quelle charmante journee !
05/10/2008 : Quel charmant matin ! Il fait gris, le tonnerre gronde, mon ventre insomniaque aussi, et nous devons en principe decoller a 8h pour une rando sur l'ile du soleil, avec un sac a dos de 20 kg. Heureusement, personne ne prend l'initiative de se lever et l'heure du bateau passe... Nous avons ensuite tout le temps de prendre un excellent petit dej prepare avec amour par Sonia, avec toutes sortes de fruits frais, tandis que le temps se degage rapidement. Nous prendrons donc le bateau de 13h et marcherons deux fois plus vite pour traverser l'ile jusqu'a l'hotel avant la nuit. En attendant le bateau, Marion emmene les enfants en pedalo puis nous jouons au babyfoot sur la plage, au milieu des boliviens en WE.
La traversee dure 1h30 et c'est magnifique. Malheureusement, Noa rate une marche, se fait un gros bleu sur la cuisse et perd un petshup sous le plancher du bateau. Je n'ai pas l'autorisation du capitaine de declouer le plancher mais Noa est forte.
Arrives au pueblo de Yumani, sur la partie sud de l'ile, nous montons directement le raide escalier de l'Inca ou je croule sous mon sac a dos, epuise. Que l'UTMB me parait loin... Nous poursuivons ensuite par un magnifique chemin en crete qui traverse toute l'ile. Vue l'heure avancee, nous ne croisons bientot plus que des bergers descendant leur troupeau, et encore moins de courageux enfants comme les notres. Quel privilege d'arpenter seuls au soleil couchant une ile aussi belle et aussi touristique. D'un cote le reflet du soleil sur les baies noires, de l'autre les glaciers de la Cordilliere Royale blanchis par l'orage de la nuit. Lorsque nous decouvrons enfin notre hameau la nuit, il est deja 18h30, le soleil vient de se coucher et un vent glacial s'est leve. Faute de sentier sur la fin, nous descendons a travers murets, champs et buissons, pour atteindre l'hotel a la nuit. Il etait temps. Acceuil tres sympa, Mathis se fait vite des copains (il avait deja eu droit a un "que bonito" suivi d'un baiser d'une charmante petite fille a Copacabana). Nous dinons dans un tout petit resto sur la plage, seuls avec metisse de San Fransisco tres porte sur la spiritualite, puis tombons a 21h.
06/10/2008 : Youpi, je suis gueri ! Le leve de soleil est tout aussi beau. Il n'y a vraiment pas beaucoup de touristes a cette saison, mais pas beaucoup de bateaux non plus. Pour rattraper notre retard et etre rentre a La Paz ce soir, nous negocions un bateau prive pour nous ramener au sud de l'ile, d'ou nous repartons vers 10h30 pour Copacabana. Cette derniere traversee est une epreuve : charge comme une outre, le petit bateau se traine pendant des heures et son moteur refoule dans la cabine etanche, d'ou nous ne pouvons nous echapper...
Arrives a Copacabana, nous avons juste le temps d'avaler une brochette avant de sauter dans le bus pour La Paz, ou nous arrivons vers 17h. On retrouve notre auberge et le reste de nos bagages et nous filons a la douche (le fameux systeme decrit par Jean-Pierre). Resultat, il fait froid, l'eau est tiede, je prends deux fois le jus sous la douche et les enfants se mettent a crier de peur. Heureusement, le choix du resto etait excellent ce soir. Nous finissons nos plats, comme d'habitude, avec nos couvertures chevelues sur les genous...
Demain, nous partons en bus pour Sucre, la plus belle ville du pays parait-il.
On vous embrasse.

samedi 4 octobre 2008

Mathis et Noa vous ont mis leurs derniers dessins et recits de voyage dans notre album photo.

3 jours a La Paz

Nous venons de passer 3 jours a La Paz, le temps de se sentir un peu a l'aise dans cette ville hors norme et d'avoir arpente la plupart des rues du centre. C'etait bien, il y a beaucoup de choses a voir, et nous avions envie de poser nos sacs quelques jours, pour reprendre un rythme reposant et studieux pour les enfants, mais la pollution est vraiment etouffante et nous avons maintenant hate de partir, des demain, vers les eaux pures du lac Titicaca.

Nous avons coupe nos journees en deux : le matin, jusqu'en debut d'apres midi, nous etions en ville, pour decouvrir les quartiers, visiter des musees qui ont plus a tout le monde (instruments de musique traditionnels, masques Tiahuanaco en or, figurines et tableaux racontant l'histoire tourmentee de La Paz et de la Bolivie...) mais aussi pour defouler les enfants dans un grand parc avec plein de jeux, dont un immense tobogan qui plaisait autant aux ados et adultes boliviens qu'a Noa et Mathis qui ont du le faire 10 fois. L'apres midi, c'etait sieste ou repos avant d'attaquer une seance de plus de 2 heures de devoirs dans la cour interieure de l'auberge de jeunesse. Pour se recompenser des efforts des enfants (mais aussi des parents), on s'est offert 2 bons restos le soir. Cela dit, cela reste 5 a 10 fois moins cher qu'en France. Un midi, nous avons pris un menu dans un snack, avec 4 plats, pour 60 centimes d'euros !

Seules les mamies portent le fameux chapeau melon qui a toujours l'air trop petit. Les jeunes sont habilles plutot a l'occidental, souvent en sombre, et les ecoliers sont tous en uniforme, comme au Chili. De nombreux petits emplois amusent, comme les policiers payes pour faire passer le feu du rouge au vert, ou attristent, comme les cireurs de chaussures qui travaillent en polaire, gants et cagoule par 30 degres, pour etre reconnus mais pour eviter la honte aussi, parait-il. On voit de grandes pharmacies tres regulierement mais c'est tres complique de trouver la moindre superette. J'ai du faire la moitie de la ville ce soir pour acheter de quoi faire a manger. Pas de resto ce soir, Marion est malade depuis ce midi et a passe son apres-midi et soiree au lit, sans rien pouvoir avaler. Du coup j'ai dine avec les enfants dans un couloir pres de la cuisine, devant les feux de l'amour qui rendaient Noa melancolique...
Esperons que les beautes de Copacabana remettrons Marion sur pieds.

A bientot.

vendredi 3 octobre 2008

Les animaux de l'Altiplano

Sur les hauts plateaux au nord du chili, nous avons pu voir des animaux que nous n'avions encore jamais vu. Ils vivent sur de grandes etendues humides qu'ils appellent Bufedal, recouvertes de touffes d'herbes, la paja brava, tres dures ou nous ne pouvons pas faire la sieste! Il y a aussi des "patates" de mousses tres denses et tres dures , d'un vert tres vif, que les paysans font secher un an pour s'en servir de combustible pour le chauffage.
Nous avons pu voir des Lamas et des Alpagas, qui sont domestiques pour leur laine et leur viande. Le lama est plus grand que l'alpagas qui est assez court sur pate et plus touffu. Par contre le lama se satisfait de la vegetation assez rude de la pampa alors que l'alpagas est plus delicat car il lui faut un peu de verdure. C'est peut etre grace a ca qu'il donne une laine beaucoup plus douce .
Nous avons vu aussi des vigognes qui sont plus fines avec un cou de girafe et une tete tres fine. Elles sont totalement sauvages.
Dans les rochers il y a des viscachas, qui sont a mi chemin entre la marmote et le chinchila.
Sur les etendues d'eau, comme les lagunes, il y a des goelands qui ressemblent a des mouettes rieuses, des foulques geants, des flamants roses de James et des canards indetermines! Il y a aussi une algue comestible, la "yahita", tres riche en sels mineraux et vitamines, qui est servie en accompagnement dans les plats.

jeudi 2 octobre 2008

Premiers pas en haute altitude

Bonjour a tous

Nous vous ecrivons seulement maintenant car nous venons de passer 3 jours en haute montagne, dans de petits villages a la frontiere avec la Bolivie, puis une journee a La Paz, ou j'ai bataille pendant pas mal d'heures pour telecharger et mettre nos photos sur le web, a cause du bas debit et des antivirus. Cote informatique (et pas seulement de ce cote la d'ailleurs), la Bolivie est moins developpee que le Chili. Mais ca a son charme aussi...

28/09/08 : un taxi commande la veille vient nous chercher a 6h30 pour nous emmener a l'autre bout d'Arica, prendre le bus La Paloma qui part une fois par jour pour Putre. On joue au Solo avec les enfants tout en montant continuellement par une belle route vers des plateaux toujours aussi desertiques. Vers 3000 m d'altitude apparaissent quelques cactus candelabres puis des petits buissons. Ici, les zones les plus arides sont au bord de mer, malgre une brume quotidienne, alors qu'en altitude regne un bleu profond. Nous arrivons dans le joli village de Putre, a 3500 m, apres 3h de bus (rien a cote des 28h d'avant!) et nous installons dans une auberge conviviale (Pachamama) pour nous acclimater. Nous achetons de quoi cuisiner dans la cuisine commune (bien pratique), faisons travailler Noa sur son journal de bord puis apres un bon repas et cafe au soleil, nous mettons les enfants a la sieste. Marion va se ballader sur les hauteurs, vers un volcan encoe un peu enneige, a 5800 m. Une fois les enfants reveilles, nous allons tous nous promener dans le village, et surtout aux jeux pour enfants tres frequente a cette heure par les familles locales. Les enfants aymaras (ethnie indienne locale) ne sont pas timides, contrairement aux notres qui ont du mal a leur dire quelques mots d'espagnol que nous leur avons appris. Mais tout le monde s'amuse bien. Nous trouvons un guide local avec qui nous organisons notre transfert vers le Parc Lauca que nous voulions vraiment visiter. Il n'y a pas de bus depuis Putre pour cette direction. Le soir, nous rencontrons enfin des touristes, 3 francaises parties 3 mois comme nous jusqu'en Patagonie, que nous retrouverons plusieurs fois les jours suivants. Nous avons un peu mal a la tete et prenons paracetamol et Diamox.

29/09/08 : apres un petit dej en compagnie de Sebastian, le chat de l'auberge qui plait beaucoup aux enfants, le guide vient nous chercher en minibus et nous montons rapidement a 4500 m. Des arrets nous permettent d'observer la riche faune de Lauca, grace a de nombreuses zone humides et a des sources chaudes (38 degres, ideal pour le bain, malheureusement nous n'avons pas notre maillot...) On voit des vigognes, des lamas, des alpagas, des sortes de rongeurs croises entre lievres et marmottes, des flamands roses et d'autres nombreux oiseaux. C'est magnifique, avec les volcans a 6300 m en toile de fond. Comme convenu, le guide nous depose d'abord au lac Chungara, au local des gardes du parc, pour y deposer nos gros sacs et repartir plus legers vers le tout petit village de Pinacota, ou nous avons prevu de dormir pour revenir au lac a pieds le lendemain, en 6h tranquille. Malheureusement, les gardes ne sont pas la. Nous cachons nos sacs dans un abri a cote, derriere une planche, puis repartons a Parinacota. La bas, pas de gardes non plus. On apprendra plus tard qu'ils font la fete jusqu'au lendemain soir a Putre... Nous negocions une chambre avec trois lits acoles dans le seul gite du village, tenu par Leonel, tres sympa, qui tient aussi une echoppe de vetements aymaras. Il nous autorise a utiliser sa cuisine perso (qu'il va d'abord un peu nettoyer car il est celibataire comme il me dit...) pour faire chauffer de l'eau pour nos pates. Ce coin est magique, les rares habitants (4 familles) sont tres souriants et complimentent nos enfants. La petite eglise contient une petite table de bois qui a ete attachee, car avant elle se balladait dans le village et annoncait un deces dans la maison ou elle s'arretait. Cette histoire a impressionne Noa qui en parlait tout le temps apres ! Notre guide nous a laisse en nous disant d'aller voir si les gardes reviennent, pour leur dire de rentrer nos bagages dans le refuge. Mais leur habitation sur Parinacota reste desesperemment vide. Temps pis, nos sacs dormirons dehors. Apres une suberbe ballade a cote du village dans les zones humides, au milieu des alpagas et des oiseaux, pendant que Noa fait la sieste, cassee par l'altitude, nous faisons une partie de petits chevaux dehors puis je vais courrir au soleil couchant pour reconnaitre la ballade du lendemain. Difficile d'accelerer a 4700 m d'altitude sans chopper un mal de crane instantanne ! Le soir nous mangons chez Leonel et proposons a une jeune chilienne venue seule pour rencontrer les indiens aymaras dans le cadre de ses etudes de partager nos pates. On discute en espagnol et francais qu'elle a appris a l'ecole.
La nuit est terrible, d'abord parce qu'il fait froid (-5 dehors au moins, et guere plus de 5 degres dans la chambre non chauffee), et ensuite parce qu'on est tous un peu malade avec l'altitude (4400 m), surtout Noa qui va vomir toutes les heures jusqu'au matin.

30/09/08 : vu l'etat des troupes au reveil, surtout des filles, nous changeons de strategie. Nous demandons a Leonel si un vehicule ne part ce matin pour le lac Chungara, pour recuperer nos affaires, se ballader un peu autour et prendre au passage le bus pour La Paz vers 12h, histoire de redescendre au plus vite sous les 4000 m. Et puis la perspective d'une deuxieme nuit a 4500 m, cette fois sous la tente, nous ravit pas vraiment. Nous avons beaucoup de chance, une eleveuse d'alpagas vient deposer des affaires a l'ecole de Parinacota avnt de rentrer chez elle, a 500 m de nos affaires... En attendant, je discute en espagnol avec Leonel qui me dit que le Chili, grace a son commerce de l'or et du cuivre, resiste bien a la crise mondiale et que ce pays pourrait faire parti des plus riches en 2015. Il me parle aussi de la vie des aymaras qui ne connaissent pas la misere dans les montagnes, grace a l'autosubsistance. Ils recoivent aussi des aides de l'Etat, notamment des bourses pour les ecoliers et internet par satellite dans les ecoles les plus reculees. Marion et Noa sont toujours nauseeuses et ne mangent rien. Mathis est en pleine forme par contre et nous gravissons tous les deux un petit sommet un fois arrives au lac Chungara, ou nous retrouvons avec soulagement toutes nos affaires. Les paysages sont toujours envoutants, et nous ne regrettons pas ces deux jours, malgre la rudesse du lieu. Nous prenons le bus a 13h. C'est un peu le basard et la panique pour Noa aux deux postes frontieres, avec ces camions, les paperasses a remplir et le bus qui fait mine de me pas nous attendre. Dans le bus je discute pres de 2 h avec un jeune bolivien qui s'interesse beaucoup a moi, mais pas du tout au reste de la famille qui endure avec peine une odeur persistante de vomi au fond du bus. .. Je comprends mieux apres qu'il m'ait dit qu'il est gay et qu'il aime les blancs... Cela dit j'apprends plein de choses. Nous arrivons a La Paz en supportant un film d'horreur mis dans le bus, que Mathis essaie de voir par tous les moyens... La Paz est vraiment impressionnante quand on arrive. C'est tentaculaire, totalement le bazard (on va plus vite a pied qu'en voiture) et hyper pollue, avec les bus qui crachent dans les rues toujours en cote. On trouve d'abord un hotel assez cher et peu accueillant mais nous voulons surtout dormir au plus vite pour recuperer.

01/10/08 : bien reposes, nous faisons travailler les enfants pour rattraper le petit retard et Marion part chercher un meilleur hotel. Elle trouve une auberge avec chambre a 4 lits 3 fois moins chere, et poutant aussi confortable, avec cuisine commune, internet libre et agence de voyage... On pense y rester 3 nuits. On part ensuite visiter la ville. Les photos parlent d'elles memes. Plusieurs boliviens nous abordent pendant que nous pic niquons sur la place centrale, pour nous demander d'ou on vient, complimenter nos enfants et nous souhaiter la bienvenue. Malgre une pauvrete tres presente, on se sent en confiance. Nous aimons bien cette ville. Le soir nous nous offrons un bon petit resto libanais, avec un vin bolivien. Ici c'est beaucoup moins cher qu'au Chili. En revenant par la rue des artisants, on s'arrete devant une echoppe ou un concert improvise d'instruments locaux fascine les enfants. Les enfants ne semblent pas impressionnes par la ville et on l'air d'aimer se promener avec nous.

A dans quelques jours, sans doute apres notre passage au lac Titicaca.
On vous embrasse et merci pour vos messages.