mercredi 22 octobre 2008

Sommes-nous encore sur Terre ?

 
Bonjour a tous !
 
Ces temps-ci, le temps me manque un peu pour tenir a jour notre carnet de route. Vous aurez pu deja deviner notre itineraire grace aux photos, jusqu'a San Pedro de Atacama, cote chilien, ou nous nous trouvons depuis 3 jours.
 
15/10/2008 : comme prevu avec l'agence de voyage que nous avions deja repere en France, "Tupiza Tours", nous partons vers 9h pour une traversee de 4 jours dans l'un des deserts les plus secs, les plus hauts et les plus beaux du monde, a savoir le sud Lipez, ou desert d'Atacama. Nous avons convenu que le chauffeur nous laisse a une auberge a cote de la Laguna Verde, pour que nous puissions gravir, si possible, le volcan Licancabur (5963 m) le 5eme jour au matin, pendant qu'une personne de l'auberge garde nos enfants. Nous faisons connaissance avec notre chauffeur de 4X4, Fredy, un bolivien d'environ 40 ans, fils d'agriculteur a Tupiza, qui ne parle pas le francais mais avec qui le contact passe tout de suite bien. Il est accompagne d'une cuisiniere, Marina, agee de 26 ans, un peu plus reservee mais que les enfants vont vite adopter.
Nous attaquons directement par 6h de piste dans les montagnes arides de la region d'Atocha (petite ville miniere ou nous nous arretons pour le dejeuner). Nous avons alors l'occasion de decouvrir les talents de cuisiniere de Marina, avec une specialite locale a base de brisures de mais envoloppee dans des feuilles de mais. Nous pouvons passer notre musique grace a une prise USB sur le poste de Fredy, et ainsi alterner les styles...
Nous traversons Uyuni sans y preter attention, tant cette ville nous parait morne par rapport a Tupiza, et atteignons finalement notre hotel de sel a Colchani, sur la bordure est du Salar d'Uyuni. C'est la que le Salar est le plus productif en sel, et donc le plus exploite, avec ses tas blancs comme neige devant les maisons en terre. Pour le coucher de soleil, Fredy nous emmene sur le Salar que nous n'avions encore qu'entre apercu. Et la c'est le choc de chez choc ! Une impression grandiose, de jamais vu, et le sentiment de se retrouver sur la banquise polaire... en Tshirt ! Nous profitons une heure des lumieres changeantes sous un ciel menacant. Fredy me dit qu'il ne pleuvra pas. (Il n'a pas plus depuis des mois ici). Je parie le contraire. Le vent se leve, les etoiles reaparaissent et Fredy savoure sa prochaine victoire. Apres un excellent repas seul dans notre salon en briques de sel et plancher en cristaux de sel, nous nous couchons sur des matelas... en mousse. Vers 2h30 du matin, nous sommes reveilles par de fortes averses de pluie !
 
16/10/2008 : debouts vers 7h, nous constatons avec soulagement que le ciel se degage peu a peu. Nous saluons un groupe de hauts savoyards que nous avions vu a La Paz et partons pour une traversee du Salar, avec une pause dejeuner sur l'ile du Pecheur, un gros tas de lave couvert de cactus en plein milieu de cette immensite blanche. C'est tellement beau que nous sommes tout excites, autant les enfants que les parents, et Marina s'en donne a coeur joie avec Noa et Mathis. Nous improvisons des courses en relais, parties de foot et jeux de boules avec des galets sur ce plus grand terrain du monde.
Fredy nous emmene ensuite a un deuxieme hotel de sel, plus recule, a l'autre bout du Salar. Apres une bonne biere avec notre equipe, Marion part explorer la colline pendant que je fais dessiner les enfants, qui ont trouve un petit copain de 4 ans, le fils du patron. Ils sont adorables et bien calmes tous les trois jusqu'au diner.
 
17/10/2008 : je me leve vers 5h pour aller a mon tour explorer le mirador sur le Salar au lever du soleil. Decidemment, le temps est assez nuageux et brumeux ces temps-ci, mais de rares instants m'inspirent quand meme. Nous chargeons les sacs et partons vers 7h30 pour les lagunes. Il s'agit de la journee la plus chargee mais aussi une des plus belles. Malheureusement, cet itineraire a succes est plein de touristes toute l'annee, et les jeeps se suivent en repectant le meme horaire. Du coup, c'est a qui passera devant l'autre, pour eviter la poussiere. A ce jeu la, Fredy est tres fort, en choisissant toujours les bonnes options lorsque les pistes se separent. Pour detendre l'atmosphere, je lui fais le coup de vouloir m'arreter prendre une photo au moment ou il est en train de griller un adversaire!
Apres plusieurs heures sur des pistes defoncees qu'ils appelent "toun toun", a cause du balancement prononce des corps dans les jeeps, nous arrivons a la premiere lagune, "Canapa", vers 4000 m. C'est deja tres beau mais nous sommes encore plus eblouis par la lagune Hedionda, avec ses eaux bleu laiteuses et ses grandes colonies de flamands roses. Nous dejeunons en plein vent et Noa n'est pas dans son assiette. Elle renverse plusieurs fois ses plats.
Deux autres lagunes se suivent puis nous prenons encore de l'altitude, pour arriver sur le plateau Agua de Perdiz, a pres de 5000 m, ou tout n'est que mineral, avec un nuancier irrel. Nous nous croyons reellement sur une autre planete. Le ciel est maintenant bleu fonce, sans un seul nuage, et nous comprenons que la pluie ne risque plus de nous surprendre pour un bout de temps.
Apres un arret au milieu d'un champ de rochers erratiques, dont le fameux "arbre de pierre", nous redescendons sur la facinante "Laguna Colorada". La encore, c'est un choc ! Les photos ne rendent pas l'intensite incroyable de ce joyau, que seules les colonies de flamands rattachent a quelque chose de connu.
Marina et les enfants sont desormais inseparables, a se demander qui s'amuse le plus des trois a l'arriere du 4x4. Marion et moi avons ainsi plus de disponibilite pour profiter du spectacle. Nous retournons encore un petit coup sur les bords de la lagune au coucher de soleil, en fuyant un groupe d'americains bryants, sales et turbinants au vin rouge depuis 4h de l'apres-midi.
 
18/10/2008 : encore une magnifique journee avec le lever de soleil sur la laguna Colorada, une approche de flamands roses concentres sur une source chaude, la decouverte des geysers "Sol de Manana" a 4850 m (une premiere encore pour nous) et surtout un bain divin dans la source chaude (35 degres) de Polques, au bord du Salar de Chalviri. Totalement relaxes, nous prenons un dernier bon repas prepare par Marina (toujours riche en legumes frais) puis atteignons la Laguna Verde, a 4300 m, sous le charismatique volcan Licancabur. Vers 16h, ses eaux chargees de carbonates de plomb, souffre et arsenic sont reellement d'un vert phosphorescent...
Noa est barbouillee, sans doute a cause de l'altitude, mais les feuilles de coca que nous avons achetees font rapidement effet. Fredy nous laisse a une auberge apres avoir questionne les gens du coin. Il n'y a pas de guide local pour l'ascension du volcan mais la cuisiniere de l'auberge veut bien garder nos enfants le lendemain matin. Faute de guide et de jeep pour l'approche, l'ascension du Licancabur represente plus de 10 h aller-retour. Ce n'est pas raisonnable et nous nous tournons plutot vers un volcan de 5500 m, de l'autre cote de la lagune, qui nous offrira une encore plus belle vue au lever de soleil. Apres des adieux emouvants a Fredy et Marina que nous avons vraiment beaucoup apprecies, nous nous retrouvons seuls dans cette auberge froide, au confort plus que sommaire, a manger pour unique diner une soupe de mais, quasiment dans le noir. Mais dehors la vue est superbe et ... il n'y a pas les americains !
 
19/10/2008 : apres une nuit un peu agitee, les enfants etant un peu angoisses a l'idee de nous voir partir quelques heures, Marion et moi nous levons a 3h30 pour commencer l'ascension du volcan inconnu. La nuit est magnifiquement etoilee mais il fait tres tres tres froid, et apres une heure de marche rapide, nous ne sommes toujours pas rechauffes. Il doit faire entre -15 et -20 degres et la lagune a entierement gele. Marion, en basquets, a l'onglee. Mais le spectacle en vaut quand meme la peine, avec cette lumiere chaude qui vient embrasser le viril Licancabur.
Nous surveillons l'heure pour ne pas rater l'unique  bus de 10h pour le Chili et ne pas faire trop attendre les enfants. Nous n'avons donc pas le temps d'aller au sommet mais la vue est optimale. Le retour nous parait interminable, une vraie traversee du desert, mais nous sommes a l'heure, retrouvons les enfants sans signe tengible de traumatisme et attrapons le bus comme prevu.
La longue descente sur San Pedro de Atacama, de l'autre cote du Licancabur, est assez penible, serres comme des sardines et assomes de sommeil. 2500 m plus bas, le Chili nous accueille sous une bonne chaleur, avec une ambience et des gens tres differents. J'ai un peu de mal a aterrir et a quitter la Bolivie, finalement tres attachante.
Suivent quelques heures un peu penibles, avec les fouilles a la douane, la recherche d'une chambre a un prix raisonnable (bienvenu au Chili), les douches et la gestion du linge.
San Pedro ressemble a un petit village de western dans un oasis perdu au creux de la vallee la plus aride du monde (en moyenne 27 mm d'eau par an, certaines annees 0!)

2 commentaires:

Marc a dit…

Merci pour ce récit magnifique, que j'ai lu au tél. à nos grands-parents. Les mots nous ont transporté en Bolivie sur le Salar, sur les pentes du volcan et dans le lac salé, c'était un vrai moment d'émotion partagée. Bon courage pour la suite, on vous embrasse très fort
Marc

Les Roudni a dit…

Merci Marc pour ton message qui m'a fait tres plaisir. On se regale effectivement dans les Andes.
J'espere de ton cote que tu as passe de tres bons mois en Allemagne.
Nous t'embrassons tous les 4.
Steph