jeudi 2 octobre 2008

Premiers pas en haute altitude

Bonjour a tous

Nous vous ecrivons seulement maintenant car nous venons de passer 3 jours en haute montagne, dans de petits villages a la frontiere avec la Bolivie, puis une journee a La Paz, ou j'ai bataille pendant pas mal d'heures pour telecharger et mettre nos photos sur le web, a cause du bas debit et des antivirus. Cote informatique (et pas seulement de ce cote la d'ailleurs), la Bolivie est moins developpee que le Chili. Mais ca a son charme aussi...

28/09/08 : un taxi commande la veille vient nous chercher a 6h30 pour nous emmener a l'autre bout d'Arica, prendre le bus La Paloma qui part une fois par jour pour Putre. On joue au Solo avec les enfants tout en montant continuellement par une belle route vers des plateaux toujours aussi desertiques. Vers 3000 m d'altitude apparaissent quelques cactus candelabres puis des petits buissons. Ici, les zones les plus arides sont au bord de mer, malgre une brume quotidienne, alors qu'en altitude regne un bleu profond. Nous arrivons dans le joli village de Putre, a 3500 m, apres 3h de bus (rien a cote des 28h d'avant!) et nous installons dans une auberge conviviale (Pachamama) pour nous acclimater. Nous achetons de quoi cuisiner dans la cuisine commune (bien pratique), faisons travailler Noa sur son journal de bord puis apres un bon repas et cafe au soleil, nous mettons les enfants a la sieste. Marion va se ballader sur les hauteurs, vers un volcan encoe un peu enneige, a 5800 m. Une fois les enfants reveilles, nous allons tous nous promener dans le village, et surtout aux jeux pour enfants tres frequente a cette heure par les familles locales. Les enfants aymaras (ethnie indienne locale) ne sont pas timides, contrairement aux notres qui ont du mal a leur dire quelques mots d'espagnol que nous leur avons appris. Mais tout le monde s'amuse bien. Nous trouvons un guide local avec qui nous organisons notre transfert vers le Parc Lauca que nous voulions vraiment visiter. Il n'y a pas de bus depuis Putre pour cette direction. Le soir, nous rencontrons enfin des touristes, 3 francaises parties 3 mois comme nous jusqu'en Patagonie, que nous retrouverons plusieurs fois les jours suivants. Nous avons un peu mal a la tete et prenons paracetamol et Diamox.

29/09/08 : apres un petit dej en compagnie de Sebastian, le chat de l'auberge qui plait beaucoup aux enfants, le guide vient nous chercher en minibus et nous montons rapidement a 4500 m. Des arrets nous permettent d'observer la riche faune de Lauca, grace a de nombreuses zone humides et a des sources chaudes (38 degres, ideal pour le bain, malheureusement nous n'avons pas notre maillot...) On voit des vigognes, des lamas, des alpagas, des sortes de rongeurs croises entre lievres et marmottes, des flamands roses et d'autres nombreux oiseaux. C'est magnifique, avec les volcans a 6300 m en toile de fond. Comme convenu, le guide nous depose d'abord au lac Chungara, au local des gardes du parc, pour y deposer nos gros sacs et repartir plus legers vers le tout petit village de Pinacota, ou nous avons prevu de dormir pour revenir au lac a pieds le lendemain, en 6h tranquille. Malheureusement, les gardes ne sont pas la. Nous cachons nos sacs dans un abri a cote, derriere une planche, puis repartons a Parinacota. La bas, pas de gardes non plus. On apprendra plus tard qu'ils font la fete jusqu'au lendemain soir a Putre... Nous negocions une chambre avec trois lits acoles dans le seul gite du village, tenu par Leonel, tres sympa, qui tient aussi une echoppe de vetements aymaras. Il nous autorise a utiliser sa cuisine perso (qu'il va d'abord un peu nettoyer car il est celibataire comme il me dit...) pour faire chauffer de l'eau pour nos pates. Ce coin est magique, les rares habitants (4 familles) sont tres souriants et complimentent nos enfants. La petite eglise contient une petite table de bois qui a ete attachee, car avant elle se balladait dans le village et annoncait un deces dans la maison ou elle s'arretait. Cette histoire a impressionne Noa qui en parlait tout le temps apres ! Notre guide nous a laisse en nous disant d'aller voir si les gardes reviennent, pour leur dire de rentrer nos bagages dans le refuge. Mais leur habitation sur Parinacota reste desesperemment vide. Temps pis, nos sacs dormirons dehors. Apres une suberbe ballade a cote du village dans les zones humides, au milieu des alpagas et des oiseaux, pendant que Noa fait la sieste, cassee par l'altitude, nous faisons une partie de petits chevaux dehors puis je vais courrir au soleil couchant pour reconnaitre la ballade du lendemain. Difficile d'accelerer a 4700 m d'altitude sans chopper un mal de crane instantanne ! Le soir nous mangons chez Leonel et proposons a une jeune chilienne venue seule pour rencontrer les indiens aymaras dans le cadre de ses etudes de partager nos pates. On discute en espagnol et francais qu'elle a appris a l'ecole.
La nuit est terrible, d'abord parce qu'il fait froid (-5 dehors au moins, et guere plus de 5 degres dans la chambre non chauffee), et ensuite parce qu'on est tous un peu malade avec l'altitude (4400 m), surtout Noa qui va vomir toutes les heures jusqu'au matin.

30/09/08 : vu l'etat des troupes au reveil, surtout des filles, nous changeons de strategie. Nous demandons a Leonel si un vehicule ne part ce matin pour le lac Chungara, pour recuperer nos affaires, se ballader un peu autour et prendre au passage le bus pour La Paz vers 12h, histoire de redescendre au plus vite sous les 4000 m. Et puis la perspective d'une deuxieme nuit a 4500 m, cette fois sous la tente, nous ravit pas vraiment. Nous avons beaucoup de chance, une eleveuse d'alpagas vient deposer des affaires a l'ecole de Parinacota avnt de rentrer chez elle, a 500 m de nos affaires... En attendant, je discute en espagnol avec Leonel qui me dit que le Chili, grace a son commerce de l'or et du cuivre, resiste bien a la crise mondiale et que ce pays pourrait faire parti des plus riches en 2015. Il me parle aussi de la vie des aymaras qui ne connaissent pas la misere dans les montagnes, grace a l'autosubsistance. Ils recoivent aussi des aides de l'Etat, notamment des bourses pour les ecoliers et internet par satellite dans les ecoles les plus reculees. Marion et Noa sont toujours nauseeuses et ne mangent rien. Mathis est en pleine forme par contre et nous gravissons tous les deux un petit sommet un fois arrives au lac Chungara, ou nous retrouvons avec soulagement toutes nos affaires. Les paysages sont toujours envoutants, et nous ne regrettons pas ces deux jours, malgre la rudesse du lieu. Nous prenons le bus a 13h. C'est un peu le basard et la panique pour Noa aux deux postes frontieres, avec ces camions, les paperasses a remplir et le bus qui fait mine de me pas nous attendre. Dans le bus je discute pres de 2 h avec un jeune bolivien qui s'interesse beaucoup a moi, mais pas du tout au reste de la famille qui endure avec peine une odeur persistante de vomi au fond du bus. .. Je comprends mieux apres qu'il m'ait dit qu'il est gay et qu'il aime les blancs... Cela dit j'apprends plein de choses. Nous arrivons a La Paz en supportant un film d'horreur mis dans le bus, que Mathis essaie de voir par tous les moyens... La Paz est vraiment impressionnante quand on arrive. C'est tentaculaire, totalement le bazard (on va plus vite a pied qu'en voiture) et hyper pollue, avec les bus qui crachent dans les rues toujours en cote. On trouve d'abord un hotel assez cher et peu accueillant mais nous voulons surtout dormir au plus vite pour recuperer.

01/10/08 : bien reposes, nous faisons travailler les enfants pour rattraper le petit retard et Marion part chercher un meilleur hotel. Elle trouve une auberge avec chambre a 4 lits 3 fois moins chere, et poutant aussi confortable, avec cuisine commune, internet libre et agence de voyage... On pense y rester 3 nuits. On part ensuite visiter la ville. Les photos parlent d'elles memes. Plusieurs boliviens nous abordent pendant que nous pic niquons sur la place centrale, pour nous demander d'ou on vient, complimenter nos enfants et nous souhaiter la bienvenue. Malgre une pauvrete tres presente, on se sent en confiance. Nous aimons bien cette ville. Le soir nous nous offrons un bon petit resto libanais, avec un vin bolivien. Ici c'est beaucoup moins cher qu'au Chili. En revenant par la rue des artisants, on s'arrete devant une echoppe ou un concert improvise d'instruments locaux fascine les enfants. Les enfants ne semblent pas impressionnes par la ville et on l'air d'aimer se promener avec nous.

A dans quelques jours, sans doute apres notre passage au lac Titicaca.
On vous embrasse et merci pour vos messages.