03/12/08 > Ce matin a Calafate, c'est grasse mat royale jusqu'a 8h30 (ce qui est deja pas mal dans une tente). Je m'accorde la matinee pour feuilleter quelques bouquins en ville et tenter de mettre mes photos en ligne. Helas, le bas debit ne me permet que d'en telecharger un tiers en plus de 2h. Ce n'est pas comme cela que je vais pouvoir resorber mon retard...
Apres un dejeuner dans le jardin de notre hote, sous un grand soleil encore bien chaud (25 degres), c'est au tour de Marion de prendre sa demi journee tandis que je m'occupe des enfants (volley, devoirs, gouter...).
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04/12/08 > Nous partons des 8h en taxi au Perito Moreno (c'est moins cher que le bus qui est une vrai arnaque) et ne restons que 2h sur place, le chauffeur n'attendant jamais plus. En fait, c'est suffisant pour parcourir toutes les passerelles, voir et entendre quelques blocs de glace s'effondrer dans le le lac, et prendre la (de)mesure de ce glacier que l'on a l'impression de deja connaitre en arrivant, tant il existe de photos dans le monde entier.
A noter que c'est l'un des rares glaciers au monde a avoir sensiblement avance au debut du XXeme siecle (+ 800m en 50 ans) et a rester stable depuis 20 ans. Il vient encore se bloquer contre une peninsule de l'autre cote du lac, faisant monter le niveau du bras sud (jusqu'a + 30m en 1966). L'eau exerce alors une pression sur la glace, jusqu'au creusement naturel d'un tunnel par lequel les niveaux se reequilibrent. Ce phenomene a lieu quasiement tous les 4 ans et se termine par l'effondrement spectaculaire du tunnel, devant les yeux ebahis des touristes venus en masse photographier l'immense gerbe d'eau. Le dernier s'est produit il y a 8 mois (rate !)
Nous sommes rentres a Calafate pour 13h, dejeunons rapidement et faisons courses et bagages pour prendre le bus de Puerto Natales a 16h, et ainsi pouvoir repartir des demain matin pour le Parc des Torres del Paine. Petit detail auquel nous n'avons pas pense, Puerto Natales est au Chili et les douaniers ne tolerent aucune entree de produits d'origine animale ou vegetale. Dommage, nous venons d'acheter 5 jours de vivres... Apres moulte discussion et pour rassurer Noa, nous decidons de declarer nos produits a la frontiere (de toutes facons la fouille des sacs ne nous laissait aucune chance). Nous nous en sortons finalement assez bien avec seulement une confiscation des fruits et legumes et d'une pochette de jambon cru. Du coup, il nous faudra rester a Puerto Natales jusqu'au bus de 14h, le temps de refaire des courses. L'abandon du depart matinal nous soulage en definitive, vue l'heure tardive d'arrivee en ville (22h).
Ici, la saison touristique est bien lancee et peu d'hotels ont encore de la place. Nous en trouvons finalement chez un sympathique eleveur de moutons recycle en hotelier, avec une bouille emblematique du gaucho patagon.
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05/12/08 > La matinee ne sera pas de trop finalement pour regler tous les derniers details de notre trek dans les Torres del Paine.
Le vent s'est enfin leve et nous decouvrons les fameuses Cuernos du Parc dans l'ombre de gros nuages. Nous entamons le classique circuit du W d'ouest en est, contrairement a la plupart, avec pour commencer une traversee du lac Pehoe en catamaran. Quelques rayons de soleil permettent d'aprecier les eaux si turquoises de ce lac, avec en toile de fond les tres esthetiques Cuernos, taillees dans un beau granite blanc et coiffees de gneiss bruns.
Nous debarquons au campement de Paine Grande, impressionnant pour ses infrastructures et le nombre de tentes en place.
Apres diner, nous allons faire un tour sur une colline dominant le lac et assistons a un crepuscule de toute beaute, grace aux nuages lenticulaires si typiques de la region.
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06/12/08 > Premiere etape du W, la montee au glacier Grey le long du lac du meme nom. Nous nous mettons en marche a 9h, apres avoir laisse nos gros sacs dans un local securise du camping, et montons tranquillement en nous racontant nos films preferes. Apres 2h30 de marche, nous arrivons a un belvedere ou le vent est si fort que l'on ne tient plus debout. Je m'installe avec les enfants dans un abri pour picniquer, pendant que Marion part courir en direction du glacier. A son retour, je prends le relais et cours pres de 3h jusqu'a rattraper la famille sur le chemin du retour. J'arrive au camping un peu cuit et les 3h de marche supplementaires jusqu'au camping suivant, avec nos sacs enormes, m'achevent.
Le soleil est bien present et les lacs environnants toujours aussi beaux, notamment lorsque de violentes bourrasques y soulevent des panaches d'ecumes.
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07/12/08 > Ce matin il fait bien froid, toujours avec du vent de NW. Le sommet de Paine Grande (3050 m) qui domine notre campement est deja pris dans les nuages ou des averses de neige sont possibles des 1300 m. Les nuages restent toutefois bloques contre les versants au vent des plus hauts sommets, laissant les versants abrites au soleil. Le Campo de Hielo Sur est ainsi presque toujours pris dans la crasse, ce qui le protege des chaleurs estivales.
Comme la veille, nous laissons nos affaires au campement et montons dans la Valle Frances pendant quelques heures, le long d'un petit glacier et sous d'impressionnantes barres de seracs qui lachent quelques blocs de glace de temps a autres. Cela me donne l'occasion de faire un petit cours de glaciologie aux enfants (il etait temps !)
Le pic nic est inconfortable, blottis derriere un rocher avec toutes nos couches pour nous proteger du vent. En redescendant, nous croisons une famille que nous avions rencontre il y a plus de 2 mois, a 4000 km de la. On s'en souvient bien, vu qu'elles sont extremement rares. Ce n'est pas le cas en revanche des randonneurs du monde entier qui se pressent sur les sentiers et dans les refuges du Parc.
Apres un bon cafe et une petite sieste dans notre tente, nous repartons cette fois encore avec tout notre barda pour 3h de marche jusqu'au campement suivant. Pour motiver les enfants, nous avons recourt a des jeux (chercher l'intrus dans une liste de 4 mots par exemple), evitons de les laisser derriere nous, leur lancons de petits defis et leur garantissons un bonbon apres chaque etape reussie. Et ca marche...
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08/12/08 > Je quitte la tente a 5h30 pour photographier le lever de soleil sur les Cuernos au pied desquelles nous dormons. L'embrasement dure quelques minutes puis la scene s'obscurcit rapidement avec l'arrivee de nuages. Tout le monde petit dejeune dans la tente des 7h car aujourd'hui la plus grosse etape du trek nous attend. 9h de marche prevues !
Le sentier en traversee est un peu monotone mais les enfants marchent bien. Ce serait presque nous qui peinons le plus avec nos gros sacs et nos muscles endoloris. A voir nos deux petits bout'choux gambader sur ces sentiers eloignes, la plupart des randonneurs tire de grands yeux admiratifs suivis d'un large sourire a leur attention. Arrives au camp des Torres avec 1h d'avance sur l'horaire et apres 22 km de sentiers de montagne parcourus dans la journee, nous sommes aussi assez fiers de nos enfants... D'ici demain, ils auront marches 65 km en 3,5 jours, comme la majorite des adultes qui realisent le W.
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09/12/08 > Encore un lever tres matinal, cette fois pour le lever de soleil sur les Torres del Paine, l'une des images emblematiques du Parc. Je quitte la tente a 4h30 et arrive au belvedere vers 5h. La, une trentaine de personnes est deja en train de s'installer, duvet et appareil photo en main, comme pour assister a un concert en plein air. Comme a notre habitude maintenant, je passe le relais a Marion vers 6h30 qui monte a son tour et decouvre les tours inondees de soleil.
A son retour, nous redescendons directement au parking de fin de circuit. Sans doute grace a l'entrainement, les enfants devalent la montagne et nous explosons l'horaire. Mathis se prend meme a courir comme un fou dans les grandes descentes (je me demande bien de qui il tient ca) et crane un peu a l'arrivee.
Le ciel est d'une limpidite parfaite, comme dans le Fitz Roy, mais nous ne pouvons terminer par le plus beau point de vue du Parc, faute de navette. Finalement, nous en avons peut etre assez vu comme ca, et nous attendons patiemment jusqu'a 14h30 le bus du retour sur Puerto Natales.
L'arrivee en ville, la douche, le resto, un vrai lit pour une longue nuit, tout nous parait si delicieux apres ces 4 jours d'inconfort.
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10/12/08 > Nous passons une matinee tranquille en ville et a notre hotel ou Mathis se decouvre une vocation, guitariste. Il passe en effet de longs moments a gratouiller les guitares exposees dans le hall. Du coup, le patron lui joue un morceau traditionnel, en chantant magnifiquement bien.
Nous prenons le bus de 15h pour Punta Arenas ou nous arrivons a 18h. Nous nous gardons la journee de demain pour savoir ce que nous voulons faire de notre derniere semaine de voyage (Terre de Feu, Ushuaia, oui, non, comment), avant notre retour en avion sur Santiago puis Paris. Le retour est maintenant bien present a notre esprit.
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Merci pour votre courage d'avoir (presque) tout lu. On vous embrasse.